SCÈNE DIX -SEPTIÈME
LUCIEN
Oui.
JEANNE, inquiète.
Comme il y a une heure?...
LUCIEN
Non, plus bas... Rassurez-\'ous... Jeanne, ce qui est arrivé il y a une heure n'arrivera plus... J'ai froissé vos habitudes; je ne les connaissais pas. . . Je les connais maintenant ; je ne les froisserai plus.
JEANNE
Vous les connaissez ?
Oui; je me suis informé, et désormais je veillerai moi-même à ce qu'il n'y ait pas un pli de dérangé dans votre existence... Nous lirons, nous broderons, nous chiffonnerons ensemble... Lisons d'abord... (Tout bas.) Georges écoutait Pauline...
JEANNE
Vous dites ?
LUCIEN
Plaît-il ?
JEANNE
Vous dites ?
LUCIEN
Je dis : (Tout bas.) « Georges écoutait Pauline avec une sourde...
JEANNE
11 faut lire plus haut... je n'entends pas...
LUCIEN
Au lieu de lire plus haut^ si je me rapprochais un peu...
JEANNE
Vous rapprocher?...
LUCIEN
Mais oui; voyez donc... nous sommes à une lieue l'un de l'au-
tre... Que Gontran se tienne à une pareille distance... c'est fort bien... mais moi votre mari...
Rapprochez- VOUS si vous le voulez..
LUCIEN
Cela vaut mieux, (il se rapproche.) Maintenant, vous allez entendre... (Plus bas encore.) « Georges écoutait Pauline. »
JEANNE
Mais non, je n'entends pas davantage.
LUCIEN
Vous n'entendez pas, c'est que nous ne sommes pas encore assez près.
JEANNE
Ohl
LUCIEN
Je ne puis plus me rapprocher, moi... mais vous, il me semble...
JEANNE
Moi!...
LUCIEN
Est-ce que vous ne pouvez pas un peu... ?
JEANNE
Si fait, si cela est nécessaire... (Elle se rapproche.)
LUCIEN
Merci, Jeanne, merci... (il lui embrasse la main.) JEANNE.
Mais... que faites-vous?
Je vous remercie. (Même jeu.) Gontran serre un peu moins fort sans doute, il a raison, mais moi votre mari... Maintenant je crois que vous entendrez, (il va pour lire.)
JEANNE
Non, ne lisez pas.