‹ La clef de la case l'Oncle TomChapitre 68 sur 82 · L. B. Sanders, geôlier · texte numérisé non relu

L. B. Sanders, geôlier

Extrait de /'American Baptist, 20 décembre 1852.

20 dollars pour UiN PRÉDICATEUR.

Nous lisons dans un récent numéro du New -Orléans Picayune:

Enfui de la plantation du soussigné, le nègre Tiieodorik, prédicateur; taille, cinq pieds neuf pouces, âgé d'environ quarante ans, mais n'en paraissant pas

plus de vingt-trois , portant sur la 'poitrine la marque N. E. On lui a retranché les deux petits orteils. Il est de couleur très-noire; ses yeux sont petits, mais brillants, et sa physionomie d'une rare insolence.

Ce prédicateur, marqué d'un fer rouge , à qui on a retranché les deux orteils, et qui conserve « une physionomie insolente, » nous paraît un spécimen assez curieux de l'apostolat noir.

Extrait de /'Alexandria Gazette, 29 novembre 1852.

En tète de ce journal est l'image de la Liberté foulant aux pieds un tyran, — et au-dessous la devise suivante : Sic semper tyrannis. Immédiatement audessous, nous Hsons :

25 dollars de récompense.

Echappé, mardi dernier, de chez le soussigné, qui réside dans le comté de Rappahannock, Daniel, beau mulâtre, d'environ cinq pieds huit pouces et trente-cinq ans d'âge, très-intelligent... Il se donne à lui-même le nom de Daniel Turner. Ses cheveux bouclent, mais sans indices de laine ou de sang noir; il a une cicatrice sur unejoiie^ et la main gauche a été sérieusement endommagée par un coup de pistolet...

A. M. WiLLIS.

Nous serions curieux de savoir quel était le père de ce mulâtre si intelligent , et dont les cheveux attestaient une origine si peu noire.

Extrait du New-Orleans Daily Crescent.

amenés a u prison de police du premier district :

Charles Hall, noir, environ treize ans, cinq pieds six pouces; il dit quil est libre, mais on le suppose esclave.

PiiiLOMONiA, mulâtresse, environ dix ans, quatre pieds trois pouces; elle dit qu'elle est libre, mais on la croit esclave.

GoLUMBUS, griiïe, vingt et un ans, cinq pieds cinq pouces trois qmvis ; il dit qu'il est libre, on le croit esclave.

Seymour, noir, environ vingt et un ans, cinq pieds un pouce trois quarts; il dit qu'il est libre, on le croit esclave.

Les propriétaires voudront bien se conformer aux dispositions de la loi.

J. WoRRAL, gardien delà prison.

Nouvelle-Orléans, 14 décembre 1852.

Quelle chance ont pu avoir ces pauvres gens « affirmant qu'ils étaient libres? •

Nous passons sur quelques portraits moins frappants : par exemple, sur celui d'une jeune mulâtresse foncée ^ d'environ dix-huit ans, dont son maître dit qu'elle a une physionomie agréable, qu'elle parle vite, qu'elle cause assez bien, et qu'elle sait lire; — et sur celui d'une autre fugitive un peu plus âgée (vingt-trois ans), qui « a de longs cheveux noirs, fort lisses et parfaitement tenus. Elle se met très-proprement, elle lit les lettres moulées; elle a des bagues à ses doigts; elle est très-intelligente eicausebien. » Nous allions oublier de mentionner qu'elle est de couleur très-claire^ et de petite taille. Le lecteur l'a maintenant sous les yeux, et pourrait juger au besoin si elle vaut les 50 dollars promis par le Southern Standard (\Q octobre 1852) à celui qui la ramènera chez son maître, M. A. Mac-Allister.

LYDiA,dit un autre maître, — M. G. T. Scaife (Charleston Mercury, 29 octobre 1852), — Lydia est une mulâtresse de vingt-cinq ans, ayant à peu près quatre pieds onze pouces, avec des cheveux noirs lisses qui tendent à boucler. «Ses dents de devant ont été plombées avec de l'or qui se voit quand elle parle. Elle a la figure ronde, une cicatrice sous le menton, et à lune de ses mains deux doigts dont la première jointure ne joue plus. » — Nous aimerions à savoir pourquoi.

La négresse Mariàh, échappée de Phœnix-House, le 15 octobre 1852, a près de quarante-cinq ans; sa taille est de cinq pieds quatre pouces; elle est fortement bâtie, et parle le français comme l'anglais.

Seabourn, mulâtre de couleur claire, âgé de vingt ans, haut de cinq pieds quatre pouces, est robuste, bien fait et remarquablement actif. Il a quelque chose d'un écuyer du cirque , ce qui peut aider à le découvrir, attendu qu'il fait volontiers étalage de son habileté gymnastique...

Severin (vingt-cinq ans, cinq pieds six pouces) a les lettres G. V. marquées sur les deux bras avec de l'encre indienne. // parle également bien le français, F anglais et l'espagnol.

Stepiien, fugitif récidiviste, est un mulâtre de nuance très-claire, avec des yeux bleus et des cheveux tii^aîit sur le brun : il a les épaules un peu voûtées et le regard triste. Il ne dira volontiers ni son nom, ni celui de son propriétaire, mais on pourrait le reconnaître à un coup de feu qu'il a reçu à la cheville, en essayant de s'échapper des prisons de Bâton-Rouge.

Saraii, dont on ne nous fait pas connaître la nuance exacte, a cinq pieds de haut, vingt-huit ans d'âge, une figure bienveillante et de belles dents; elle parle le français et l'anglais.

Dans plusieurs de ces affiches, outre les renseignements ci-dessus, on prend soin d'indiquer que l'esclave fugitif a une femme résidant chez tel ou tel maître, et que , très-probablement , c'est de ce côté qu'on pourra le chercher avec les meilleures chances de succès.

Voici deux esclaves, homme et femme, qui sont partis ensemble. L'homme s'appelle Miles : il est âgé de vingt-cinq ans ; il a sur la tète une grande cicatrice, causée^ en apparence, par une brûlure. La jeune fille se nomme JuLiA : ehe est brune claire, petite, ramassée dans sa taille, d'une phijsioîiomie agréable; elle a aussi, sur le front, une cicatrice. Juha ne parait pas avoir plus de seize ans.

John W. LoYD (du comté Shelby, Kentucky) est reconnaissable à trois cicatrices sur sa jambe gauche, lesquelles résultent de morsures de chien. Ce môme John, suivant le geôlier du comté, déclare néanmoins qu'il est libre. En même temps que lui , on a consigné dans la prison un nègre d'une trentaine d'années , nommé Patrick. La figure de celui-ci est horriblement cicatrisée, ce qu'il attribue à ce qu'on Tc^/ai^ sa/ii'er( expression locale pour dire qu'on a eu le scorbut, et qu'on a fait les remèdes voulus pour cette maladie).

Allen , nègre d'environ vingt-trois ans , que le Natche.z free Trader ( Missouri) recommande aux chasseurs d'esclaves, sait lire, connaît les éléments du calcul, et peut même écrire quelques mots; il a la repartie prompte, les allures vives , et sourit volontiers en causant; on ne lui connaît qu'une seule marque résultant de la morsure d'un chien.

Le Grcensboro Patriot (Caroline du Nord), du 6 novembre 1852, nous apprend l'évasion d'Edward Winslow, de petite taille, métis de race indienne, et violon de premier ordre.

Nous lisons dans le True Delta de la Nouvelle-Orléans, du 11 janvier 1853, l'article suivant :

DE L'ONCLE TOi\L 319

Page 1