‹ La clef de la science, our les phénomènes de tous les joursChapitre 99 sur 217 · SECTION I. — NUAGES · texte numérisé non relu

SECTION I. — NUAGES

920. Que sont les nuages? — Dans l'hypothèse généralement admise, les nuages sont des amas de vapeur vésiculaire ; et Ton entend par vapeur vésiculaire de petits globules d'eau remplis d'air, des sortes de petits ballons d'air dont Tenveloppe esl une couche mince d'eau. L'hypothèse des vapeurs vésiculaires est complètement inadmissible, et elle doit être désormais bannie de la science ; on ne peut comprendre ni comment ces petits ballons peuvent prendre naissance dans l'air, ni comment ils pourraient s*y maintenir, ni comment ils se condenseraient en pluie. Les nuages sont simplement un amas de molécules d'eau à Tétat liquide ou solide, mais excessivement divisées ou petites.

92 i . Comment les nuages se forment-î/s ? — Si, lorsque la vapeur répandue dans une certaine masse d'air est arrivée au plus haut degré de saturation ou de tension qu'elle peut avoir à la température actuelle, cette température vient à baisser, les molécules de vapeur d'eau passent à Tétat de globules d'eau liquide infiniment petits ; elles passeraient même à l'état de globules solides si le refroidissement était assez considérable. Cet amas de globules d'eau ou de glace nageant dans la masse d'air primitive est ce qu'on appelle un nuage.

922. Comment expliquez-vom que les nuages furt- TENT DANS L Ain suns tomber? — On répond commune-

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ment : Parce qu'ils sont formés de vapeur vésiculaire ou de petits ballons, et qu'on peut, par conséquent, les comparer à luie vaste montgolfière ou à une collection de bulles de savon. Mais la vapeur vésiculaire n'est pas une montgolfière,puisquelegazqu'ellerenfermeestrair,et non un gaz plus léger que Tair, et qu'elle reste toujours plus lourde que l'air. Pour que son poids différât trèspeu de celui d'un globule égal d'air, il faudrait donner à la couche d'eau extérieure une minceur qui la rendrait complètement invisible ainsi que le nuage qui, de fait, n'existerait plus. L'explication commune n'explique donc rien. Les nuages flottent dans l'atmosphère, ou descendent si lentement, qu'on peut les considérer comme immobiles, parce que l'étatde division extrême des globules d'eau ou de glace mêlés à la masse d'air donneà leur ensemble une surface relativement énorme qui oppose à leur chute une résistance très-considérable. Un calcul très-simple prouve que, si on divise une goutte d'eau en mille parties, sa surface devient mille fois plus grande, tandis que son poids est resté le même; la goutte, divisée, opposera donc mille fois plus de résistance à la chute dans l'air. Si la goutte d'eau avait été divisée en un million de gouttes, sa résistance à la chute serait devenue un million de fois plus grande. Si donc les molécules d'eau qui forment le nuage sont d'une petitesse excessive, et c'est ce qui a lieu certainement, la tendance du nuage à la chute sera elle-même excessivement petite ; il restera à peu près suspendu à l'air et semblera ne pas tomber. On trouve dans la nature une foule d'exemples de corps solides, extrêmement divisés, auxquels le milieu fluide

oppose une résistance si grande, qu'ils flottent presque

indéfiniment. Il faut des heures entières pour que la poussière d'un appartement fermé s'abatte complètement, et le rayon de lumière qui pénètre dans Tappartement rend visibles les atomes solides qui nagent dans Pair ; il faut des heures, de longs jours quelquefois, pour qu'un liquide troublé se clarifie, etc., etc. Rien n'empêche d'admettre que les courants d'air chaud qui s élèvent de la terre, la chaleur solaire absorbée par les nuages et leur état électrique, etc., contribuent dans une proportion plus ou moins considérable au phénomène si remarquable de la suspension des nuages. En réalité, les nuages tombent lentement, et, à mesure qu'ils tombent, leur partie inférieure se dissipe dans les couches plus chaudes qu'elle traverse, tandis que leur partie supérieure s'accroit sans cesse par l'addition de nouvelles vapeurs condensées; c'est ce qui explique leur immobilité apparente.

923. Quelles sont les principales causes qui donnent NAISSANCE atix HUttges? — La cause immédiate de la formation d'un nuage est le refroidissement, qui condense en petites gouttes d'eau ou en pelits globules de glace les molécules de vapeur de la masse d'air changée en nuage ; ce refroidissement, à son tour, peut être déterminé par diverses causes secondaires : la radiation vers les espaces célestes, les vents, le contact des flancs froids d'une montagne, etc.

924. Indiquez quelques-unes des circonstances dans lesquelles les vents peuvent ou faire naître des nuages ou les faire disparaître. — l"" Si un courant d'air froid souHIe tout à coup sur un pays, il condense la vapeur invisible de l'air en nuages; — 2° si un vent chaud

chargé de vapeur d'eau rencontre un vent froid^ il se formera aussi un nuage ; — 3^ si, au contraire, un courant d'air chaud passe sur la surface des nuages, il les disperse en absorbant leur yapeur.

925. Pourquoi les nuages se forment-ils très-souvent à Ventour des montagnes? — Parce que les vapeurs de Tatmosphère humide des vallons ou des vents chauds se condensent très-facilement et très-énergiquement au contact froid des flancs des montagnes.

926. Bans quelles contrées le ciel est-il fins far semé de NUAGES? — Dans les contrées où la température et la direction des vents sont le plus variables.

927. Dans quelles contrées, au contraire^ les nuages sont-ils rares ? — Dans les contrées où la température varie peu, et où les vents soufflent presque constamment dans la même direction, comme en Egypte, par exemple.

Quelle est la distance des nuages à la terre ? — Celte dislance est excessivement variable : quelques niïages rasent la terre, tandis que d'autres sont bien au-dessus du sommet des plus hautes montagnes ; en affirmant que la distance de certains nuages à la terre peut dépasser 50000 mètres, on n'exagérerait rien, alors même qu*il s'agirait de nuages électriques d'où part la foudre.

L'électricité peut-elle exercer quelque influence sur la distance des nuages à la terre? — Évidemment, s'ils sont électrisés positivement, ils sont attirés par la terre, qui est électrisée négativement, et s'en appro-

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chent alors très-près ; c'est le cas (ordinaire des nuages orageux donnant naissance à des charges électriques entre la terre et eux. Si les nuages sont électrisès négativement, ils sont repoussés par la terre et peuvent s'élcTcr à de plus grandes hauteurs.

930. QueUe est la grandeur des nuages? — Quel* ques nuages ont des dimensions énormes, de 30 kilomètres carrés et plus, de 1000 mètres d'épaisseur et au delà, tandis que d'autres n'ont que quelques mètres.

931 . 'Comment peut-on DÉTERMl^ER r épaisseur et les autres dimensions des nuages? — On peut, à la rigueur, déterminer les dimensions des nuages ainsi que leurs distances par des obsenrations simultanées et des opérations analogues aux triangulations topographiques.

932. Qu est-ce qui produit la grande tariété de formes dans les nuages ? — l"La cause même si variablequi leur donne naissance; — 2" leur condition électrique ; — 3* leur rapport avec les courants d'air.

933. Comment rÉLECTRiciTÉ peut -elle exercer de FinpLence sur la forme des nuages? — Par sa force mécanique, son pouvoir de condensât ion ou de vaporisation, les attractions et les répulsions qu'elle exerce, les rencontres et les fusions qu'elle détermine, etc., etc. Les nuages fortement électrisés sont dans un état de mobilité très-grande, et prennent souvent des formes fantastiques.

934. Quelles sont les couleurs générales des nuages f — Ils sont blancs et gris plus ou moins noir quand le soleil est au-dessus de l'horizon ; ronge orangé el jaunes au lever et au coucher du soleil.

935. Pourquoi les nuages sont4k^ en général^ bouges le soir ou le matin, lorsquils sont vus par transparence, éclairés par les rayons directs du soleil levant ou couchant? — Parce que les rayons autres que le rouge dont se compose la lumière solaire sont arrêtés par Topacité du nuage. C'est une propriété particulière aux rayons rouges, en raison de leurs vibrations plus courtes et plus nombreuses, d'être moins arrêtés par les masses de vapeurs ou de nuages qu'ils traversent. Après les rayons rouges, ce sofnt les rayons orangés et jaunes qui s'éteignent le moins, à épaisseur et à opacité égales du milieu traversé.

936. Pourquoi la couleur des nuages yAmE-t-elle ? — Parce que leur épaisseur, leur densité et leur position ô regard du soleil varient continuellement et modifient la couleur de la lumière transmise ou réfléchie.

937. A quoi doit'On attrWuer le mouvement et le dé* vhxcEMEm des nuages dans le ciel? — Aux vents, qui les poussent ou les entraînent; à rélectricité, qui fait qu'ils s'attirent ou se repoussent, qu*ils sont attirés ou repoussés par la terre, etc.

938. Quelles sont les principales formes ou variétés de nuages, et à quels caractères les reconnaît-on? qu annoncent-elles? — Les principales formes ou variétés de nuages sont les Cirrm, les Cumulus, les Stratus et les Nimbtis.

Les Cirrus, mot latin qui signifie touffe, frisure, sont de petits nuages blanchâtres offrant Taspect de filaments déliés assez semblables à des touffes de laine cardée. Ce sont les plus élevés de tous, et, en raison

de la température très*basse des régions qu'ils occupent, on peut croire qu'ils sont formés de particules glacées ; ils sont souvent orientés dans le ciel, c'est-àdire rangés parallèlement, suivant une direction en rapport avec le méridien magnétique. Ils ont certains rapports avec les aurores boréales; leur apparition précède et annonce un changement de temps, et, en général, rapproche du beau temps.

Les Cumulusj mot latin qui signifie amasy sont des nuages arrondis, souvent entassés les uns sur les autres, plus fréquents en été qu'en hiver. Us apparaissent ordinairement le matin, et se dissipent le soir. S'ils persistent après le coucher du soleil, et deviennent plus nombreux, avec des Cirrus situés au-dessus d'eux, on doit s'attendre à de la pluie ou à un orage.

Les Stratus, mot latin qui signifie couches, sont des couches nuageuses horizontales qui se forment au coucher du soleil, sous l'influence du refroidissement de la terre et de l'atmosphère ; ils disparaissent au lever du soleil. Ils sont* fréquents en automne et rares en été. Leur hauteur est beaucoup moindre que celle des Cumulus, et, à plus forte raison, des CiiTus.

Les Nimbus j mot latin qui signifie pluiCy n affectent aucune forme caractéristique ; ils sont larges, lourds, d'un gris uniforme plus ou moins foncé, passant quelquefois au noir ; leurs bords sont frangés. Ils sont quelquefois très-bas. Leur nom indique suffisamment qu'ils annoncent de la pluie ou même qu'ils donnent actuellement de la pluie.

En outre de ces quatre variétés principales, on a donné des noms particuliers à des nuages qui ont quelque chose de commun, par leur apparence et leurpo-

sition, avec deux des formes que nous venons de décrire, et qui sont comme le passage de lune à Tautre.

Les CirrO'Cumulus sont des nuages arrondis d'où partent quelquefois des traînées lumineuses semblables à une chevelure épaisse ; loi'squ'ilssont nombreux, on dit que le ciel est moutonné. Leur présence alors annonce un prochain changement de temps, suivant ces deux proverbes : Ciel moutonné n^ est pas de longue durée; Brebis qui paraissefit es deux font temps venteux et pluvieux.

Les GirrO'Stratus sont formés de bandes ou filaments plus compactes, plus épais que ceux des iCirrus, superposés en couches horizontales ; ils se dissipent promptement et pronostiquent le beau temps.

Les CumulO'Stratus sont des Cumulus entassés les uns sur les autres ; ils se montrent surtout à Thorizon ouest dans les beaux jours de Tété ; ils ont de grandes dimensions et prennent des formes fantastiques d^hommes, d'animaux, d'arbres, de montagnes, de tours, etc. S'ils se forment par un ciel couvert, ils annoncent le beau temps; s'ils naissent dans un ciel serein, ils annoncent la pluie.

939. Quel est le rôle providentiel des nuages dam la naturel -^ Ils tempèrent l'ardeur du soleil ; s'opposent au refroidissement par le rayonnement noclurne du sol ver» les espèces célestes ; ils sont les grands réservoirs de la pluie ; ils servent à découvrir la direction des vents supérieurs, qui plus tard deviendront des vents inférieurs. Leur élude attentive permet de /prévoir le temps avec une certitude presque absolue.

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