LA MORT DE M: JAHAN
Dieu ne serait pas un être raisonnable si, donnant à remplir à un homme une mission importante et difficile, il ne lui donnait pas, en même temps, pour remplir cette mission, un secours qui fût en rapport avec la difficulté et l'importance de la tâche qu’il impose. Par conséquent, j'ai le droit de poser en principe, que, si j'ai véritablement reçu de lui, pour le transmettre à l'humanité, un ordre quelconque, et je crois lavoir ‘très-clairement démontré, 1l y a obligation, pour tout le monde, de recevoir cet ordre avec respect, et danger d’être puni pour quiconque ne le reçoit pas. Or c’est précisément ce que je me propose d'établir par un grand nombre d’exemples. Je montrerai que, jusqu'ici, tous ceux quise sont mis en travers de la vérité ou qui même, étant en mesure de m'aider, ne l’ont pas fait, ont éprouvé un grave dommage et que, généralement, une mort imprévue, étrange, est venue les atteindre dans leurs plus chères affections. La mort subite de Monsieur Jahan, à Saint- Stanislas, présente. ce caractère, et ilme suffira de raconter ce qui est arrivé ailleurs, partout où j'ai passé, pour qu'immédiatement on comprenne que
cette mort a été, sinon une punition, du moins un avertissement pour le clergé nantais.
Ce qu'il y a de certain, ce que personne ne con: testera, c'est que, dans le courant de décembre dernier, un homme, jeune encore, il n'avait que trente-neuf ans, professeur distingué qui savait
N l'anglais et qui pour cette cause, était plus difficile à remplacer qu’un autre; qui avait toujours joui
d’une bonne santé ; qui, la veille même, se portait comme un charme, a été, un beau matin, trouvé
don- mort dans sa chambre sans que rien eût pu faire m pOT- prévoir un dénouement aussi tragique, aussi inatmême tendu. Voilà le fait brutal qui s'impose, qu’on ne s qui peut nier, qui a mis en émoi tout Saint-Stanislas et > dela | péniblement impressionnétous les prêtres de Nantes. droit Le'coup a porté, et Dieu, dans ses desseins éternels, t reçu | en décidant que Monsieur Jahan mourrait ainsi, ordre subitement frappé, voulait évidemment, par cette nt dé- mort, appeler votre attention sur quelque chose. e, de Car :l n’est point d'effet sans cause et la raison d’être dernière de tout ce qui arrive, est en Dieu. Voyons Dr c’est maintenant s’il est possible d'établir quelle est la par un raison surnaturelle de ce coup terrible, de cette e, jus- mort effrayante et imprévue.
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’aider, Un argument géométrique
mage |
range, La géométrie est une science exacte dont s affec- les démonstrations sont toutes rigoureuses, de
Saint- telle sorte que si j'emprunte à la géométrie une
ra de de ses démonstrations, personne ne pourra dire ë où j'ai que mon argumentation n’est pas logique. Or
il y a en géométrie un théorème dans lequel,
pour prouver que ‘“/ côté de l'hexagone régulier
inscrit dans un cercle est égal au rayon de ce cercle,”
on suppose comme vrai précisément ce qui est à
prouver, et c'est de là qu’on .part pour arriver à
démontrer le théorème. J'ai donc le droit de poser
en principe, (ce qui d’ailleurs est déjà parfaitement
établi), que la prophétie de St-Malachie, pour ce qui
concerne le pape actuel, s’est réalisée au Canada
de 1876 à 1879 et que Son Exc. Mgr. Conroy est |
mort, le jour même du sacre de Mgr D. Racine, U
pour n'avoir pas mis opposition à la nomination et
au sacre de cet évêque. Ce principe étant admis,
(et vous êtes obligés de l’admettre puisque nous
sommes ici en pleine géométrie), il en ressort deux | , choses qui sont des conséquences forcées : la pre-
mière, c’est que la Providence a dû muluplier les | à
signes destinés à m'éclairer ; la seconde, c’est que,
le miracle ayant eu lieu, il doit être dangereux de
mettre obstacle au triomphe de la vérité. Or les
faits viennent à l'appui de cette argumentation, et,
à ma connaissance, sans parler de Mgr Con: roy, il
y à eu au Canada bien d’autres personnes, au moins
six, dont la mort étrange, imprévue, offre le même
caractère que la sienne, qui ont été frappées parce
que la volonté de Dieu a été méprisée, méconnue.
C’est ce que je vais essayer de prouver ; mais pour
cela, il faut remonter au principe de l'action providentielle,
Le danger de l'éducation classique
Le défaut capital que présente l'éducation classique, c’est que, si, pour une raison ou pour une
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autre, on est obligé de s’en tenir là, on se trouve
en réalité n'avoir pas de position sérieuse et placé,
quelquefois, dans une situation plus embarrassante
que le dernier des manœuvres. On ne peut guère vivre de l’éducation qu'en restant célibataire et en se condamnant à une existence pénible et fausse dont il est naturel que l’on cherche à sortir. Mis par ma santé, au sortir de la trappe, dans l’impossibilité matérielle de faire quoi que ce soit, si ce n’est peut-être de donner quelques leçons, je devais être fatalement amené, par mes souffrances mêmes, à réagir contre une éducation dont j'étais, mieux qu'un autre, en mesure Je comprendre l’absurdité ; et, une fois parti sur cette voie, logique et tenace à la fois, poussé d’ailleurs par la force des choses, j'étais entraîné, comme malgré moi, à ne rien ménager pour la battre en brèche, et j'avais le tort, humainement parlant, de sacrifier tous mes intérêts sans me préoccuper de l'avenir. Au reste, que m'importait à moi l'avenir, à moi dant l'existence était brisée, qui voyais compromise,peut-être perdue, la seule chose que j’eusse vraiment désirée. Mon objectif, avant même que je fusse éclairé, ne pouvait être que la revendication acharnée, violente, du droit qu'ont les enfants d’être élevés pour leur vocation et non pas pour une autre ; mais 1l faut vivre, et, dans notre vieille société française, Ja position d’un homme de lettres, si instruit qu’il soit, quand, sur l’éducation factice du collège, il n’a pas greffé la véritable éducation, celle qui donne du pain, sa position est bien difficile, de sorte que, pour échapper à cette situation fausse, n'ayant plus aucune affection pour me retenir en France, l’idée