‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 54 sur 58 · NOUVELLES DÉMARCHES · texte numérisé non relu

NOUVELLES DÉMARCHES

J'avais annoncé mon départ de Nantes et om crut, un moment, à l'Evêché et à la Cathédrale, que j'étais effectivement parti; mais, à la nouvelle qu’on atténdait à Nantes douze prélats étrangers pour le couronnement de Notre-Dame de Toutes-Aides, j'avais différé mon départ, décidé à faire, auprès d’eux, une dernière démarche ; et c’est à cette circonstance, ayant acheté la Semaine religieuse pour savoir le nom de ces Messieurs, que je tombai sur une lettre de Mgr Lecoq qui était, je le vis clairement, publiée à mon intention. Le bon évêque qui, . pendant tout le temps de mon séjour, avait gardé. un silence prudent, me sachant parti, le croyant du. moins, éprouvait le besoin d'expliquer au Sub son étrange conduite ; mais j'étais encore là, toujours prêt à répondre et je répondis immédiate.

Ma réponse à Mgr. Lecoq

; Voici la lettre adressée par Mgr. l’Evêque de Nantes au Père Pouplard, lettre qu'il publie évidemment à mon intention et à laquelle il. est de mon devoir de répondre sur le champ. |

Nantes, le 10 juin 1883. .

Mon Révérend Père,

Je viens de lire votre ouvrage iñtitulé : Un mot sur les Visions, Révélations, Prophéties, etc. |Ce travai, très-sérieux et très-substantiel,?d’üne doctrine

et on le, que > qu’on pour le -Aides, auprès tte cir- Se pour \bai sur s claireque qui, it gardé.

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Un mot

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Il'féra comprendre à tous de quelle extrême réserve

puisée aux ‘alu utes sources, sera, pour me prêtres. comme pour les fidèles, un guide sage et éclairé. |

on doit user en présence de certains phénomènes plus où moins extraordinaires, et aussi combien il : importe de se tenir en garde contre les piéges'et les illusions de ce faux mysticisme, fruit de Yorgueil ou d’une imagination exaltée, qu’on a vu trop souvent se produire dans notre siècle, à la grande joie de celui que l’Écriture nomme le Père du men- | songe et au détriment de la religion elle-même.

Agréez, Mon Rév. Père, avec mes félicitations, : l'assurance de mon affectueux dévouement.

+ JULES, £véque de Nantes. | Monseigneur,

J'ai tenu jusqu'ici à vous laisser hors du débat: Car je voulais, avant tout, que vous prissiez le temps de réfléchir, et je craignais, en m'adressant directement à vous, de compromettre la vérité que je suis chargé de défendre et d’en rendre ensuite: la démonstration à peu près impossible. Je com-. prends même très-bien, après ce qui est arrivé à Mgr : Fournier, que vous ne soyez pas pressé de vous prononcer sur le fond de la question, et, quoi: que placé par cette extrême réserve dans une posi: tion terrible, jai toujours rejeté, sur d’autres que vous, la responsabilité de votre abstention ; mais la, lettre qui vient de paraître sur la Semasne religieuse, ‘et, par laquelle, il est évident que vous me mettez en cause, ne me permet plus de garder, à votre égard, la même attitude.

Du moment que vous entrez, comme évêque, sur lé ral de bataille, la lutte, entre vous et mei,

"après m'avoir refusé justice, se déclarera contre la vérité, contre cette vérité que j'ai solidement établie. | C'est très-facile à vous, Monseigneur, en trois LL. ou quatre lignes qui ne prouvent rien, de par- ler. de certains phénomènes plus ou moins extraor- … dinaires ; de dire au peuple qu'il doit se défier

* faux mysticisme, fruit de l’orgueil ou d’une imagination exaltée, et, pour conclure, d’en appeler au - diable. Quand on ne peut pas nier un fait, qu’il est véritablement extraordinaire et reconnu comme tel, même par les prêtres, rien n’est plus simple que de

‘Aides Pharisiens en face du Christ, celle de l'évêque Cauchon en face de Jeanne d’Arc. Vous faites des prodiges, disaient les Pharisiens à Notre-Sei: gneur, c’est vrai; mais c'est par la puissance du

démon. Il y a toujours moyen de se tirer d'affaire

quand on ne veut pas faire son devoir; c’est de dire à un homme qu'il est-fou ou bien qu'il est

” possédé du diable. J'ai la chance, moi, d’être, en

même temps, et fou et possédé du diable, de sorte que me voilà drôlement embarqué.

vous dites que je suis fou. N'est-ce pas ? Or, de deux choses l'une : ou je suis fou ou je ne le suis.pas. Car : enfin, il ne suffit pas de dire à un homme qu'il est fou pour qu lle soit .réellément, et, en toute hypo thèse, c’est aux médecins seuls qu'il app

devient inévitable, et je suis parfaitement décidé à . vous combattre comme je combattrai quiconque,

de ces phénomènes, ‘se tenir en garde contre le

Je mettre au compte du démon. C'était la tactique |

Au réste, à la première objection, je réponds ceci : .

Ff

tre-Seiice du ’affaire est de

ril est :

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Is ceci :

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is. Car :

est fou hypo

de résoudre cette question. Eh bien, je vous offre

de faire constater par douze médecins, à votre choix,

que je ne suis pas fou, que j’ai le libre exércice de toutes mes facultés, que je ne déraisonne suraucun point. On peut contester la vérité que je soutiens ; mais comme elle s’appuie sur des faits certains, indéniables, que vous admettez vous-même être

extraordinaires, pour'avoir le droit de le faire, il. faut agir avec honnêteté, c’est-à-dire ne pas refuser: l'examen et la discussion que je demande, Bail-: lonner les gens, c'est un mauvais argument. Si je:

suis fou, comment se fait-il que mes écrits soient si:

raisonnables, que déjà, en beaucoup de choses,

tout le'monde m'approuve? La lettre que je vous écris, Monseigneur, à elle seule, suffirait pour montrer que j'ai tout mon bon sens.

Où voyez-vous, d’ailleurs, Monseigneur, puisque

la chose est vraie, la moindre exaltation pour moi à dire que, pendant deux ans, j'ai tout fait pour empêcher la nomination et le sacre de Mgr Domi-

nique Racine, J'avais tort ou raison de le dire;

mais, en tout cas, on ne pouvait pas .le savoir sans. un examen sérieux, et c’est là l'opinion de M. Sotin,

curé de Vertou. Mgr Conroy, légat du pape, refusant l'examen, il ne faisait pas son devoir, car l’examen est nécessaire pour savoir si, dans un cas donné, Dieu a manifesté sa volonté ou non, et sa mort

arrivant inopinément le jour même du-.sacre, cette mort n’est pas un fait accidentel ; c’est ‘un jugement de Dieu et il faut que vous.soyez: bien aveugle pour ne pas le voir. Ce n'est pas, comme vous le dites, un phénomène plus ou moins extraordinaire, c’est un phénomène tout-à-fait extra-

ordinaire ; ; en un ‘hot, c'est un \ miracle : ; mais cé miracle étant la condamnation de sept évêques et vous obligeant, vous, de m’obéir à moi, vous ne voulez: pas du miracle; et c’est la véritable raison. pour laquelle vous refusez l'examen public que je demande. Les incrédules de tous les temps, Monseigneur, n'ont pas agi autrement que vous, agissez, mais, en agissant ainsi, on tue son autorité et on attire sur sa tête la colère de Dieu qui veut, avant tout, que l’on agisse avec droiture et que

!. l'on reconnaisse la vérité partout où elle se trouve.

Le pape lui-même que l’on a trompé, n’a qu'une chose à faire dans le cas présent : obéir aux ordres de Dieu et ordonner à Mgr Racine de descendre de son siège. C’est au père Arnauld seul qu 'appartient le siège de Chicoutimi.

A la seconde objection, ma réponse ne sera pas | moins catégorique. Vous dites, Monseigneur, que le Père du mensonge s’efforce, à notre époque, de tromper les âmes par de faux prestiges et qu'il en- résulte toujours un nouveau dommage pour l'Eglise. D'abord, je vous ferai remarquer que les prêtres de Nantes, à eux seuls, en y joignant même ceux du Canada, ne sont pas l'Église, que, par conséquent, je puis avoir raison contre eux tous, en admettant qu'ils soient tous contre moi; et,d’ailleurs, je n’attaque aucun dogme, aucun principe ;.je ne refuse nullement d’obéir à l'autorité religieuse ; mais je ne reconnais pas à un homme au monde, fût-il évêque, le droit, quand Dieu a parlé, de m'empêcher de soutenir la vérité, : Pour ce qui est d'attribuer au démon des miracles dont la preuve. est faite, vous avouerez, Monseigneur, qué si le

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ment d'établir, d'uné manière péremptoiré, la vérité. de ces mystères, c’est qu’il ne sait plus du ‘tout ce qu'il fait, et comment alors, dit le Christ,. son empire pourra-t-il subsister ? Quomodo ergo stabit regnum ejus ? Ceci me paraît être de votre part, Monseigneur, une assertion purement gratuite et la réponse à cette objection, mais elle est dans

l'Evangile et je n'a garde d'aller ailleurs chercher

des arguments.

D'un autré. côté, Monseigneur, je tiens À me défendre de l'accusation d’orgueil que vous portez contre moi, attendu que ma conduite a été, ce qu elle devait être dans les circonstances difficiles où je me trouvais placé. Ainsi était-ce un acte d’orgueil, croyant avoir raison et craignant de me tromper, de demander à Dieu qu'il voulût bien se prononcer entre ces Messieurs du Canada

et moi ?—Etait-ce un acte d’orgueil, pour obtenir

cette réponse, de faire dire quatre cents messes dans cette intention ?—Dieu ayant parlé, avais-je tort ou raison d'offrir au clergé canadien d’en faire publiquement la preuve, et l'acte d’orgueil est-il à célui qui demande l’examen ou à celui qui le refuse ? Mgr Conroy étant mort, puisque, par cette mort, Dieu a de nouveau manifesté sa volonté et qu l en a donné bien d’autres signes, dis-je soutenir la vérité où faut-il trahir ? Est-ce une marque d’orgueil, quand on est sur le champ de bataille, de se battre courageusement ? Mais, au reste, vols êtes tous inconséquents. Ainsi, dans le numéro

| ile de la Semaine religieuse où vous m 'attaquez, vous signalez comme un acte de la vengeance de Dieu l’accident arrivé à trois jeunes gens, chose. extraordinaire sans doute, mais qui n’est rien auprès de l'argumentation si précise par laquelle j’établis que Ja mort de Monseigneur Conroy est une punition de Dieu. Il n’y a pas, dans toute la géométrie, un seul théorème qui soit plus. clairement démontré,

Monseigneur, le moment est venu, pour vous, de dégager votre responsabilité et les circonstances se prêtent à la chose. Ne soyez pas incrédule comme ce pauvre Mgr Conroy, et faites votre devoir : accordez l’examen. C'est le seul moyen que le pape ait de connaître immédiatement la vérité. Quelie position terrible pour vous, Monseigneur, si, éclairé par un autre que vous, il venait, un jour, à me donner raison, et il est impossible qu’il en soit autrement, la preuve étant faite et le livre où cette preuve est faite devant être tiré à un grand nombre d'exemplaires.

J'ai l’honneur d’être, Monseigneur, votre très humble serviteur. :

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