L'UNITÉ DES ARCANES ET DES NOMBRES
Ces diverses écoles ont toutes raison. Car chacun des arcanes qu’elles préconisent spécialement offre des mérites spéciaux.
Ïl semble, pourtant, que l’on doive préconiser souverainement le Grand Arcane.
Pourquoi ? Parce qu’il régit le chœur des trois Séphiroth divines : Kéther, Chocmabh, Binah.
Dans ce chœur, la première place appartient à l'équilibre, la seconde à l'expansion, la troisième à l'attraction.
Et cetle ordonnance est en accord absolu avec la Trinité chrétienne, où le Père, équilibre générateur, précède le Verbe, expansion intellectuelle, et où le Verbe, le concept immense, précède, à son tour, l'Esprit Saint, réalisation de volonté, attraction d'amour.
Logiquement on existe avant de concevoir, et l’on existe et conçoit avant d'aimer.
Je dis logiquement car il est question de Dieu, en qui tout demeure coéternel. Il n’y a donc pas succession des Personnes divines dans le temps. Ce ne peut être que dans l’ordre logique, idéal que le Père précède le Verbe, et le Verbe, l'Esprit Saint, que Kéther précède Chocmah, et Chocmah, Binah.
Il faut aussi préférer le grand Arcane parce qu’il exprime l’état parfait de la Mystique, celui où l’âme a pour principe
un équilibre fusionné au Père, équilibre que manifestent une expansion fusionnée au Verbe, et une attraction fusionnée au Saint-Esprit (1).
Un autre motif de préférence est que le grand Arcane exprime encore l’état parfait de la psychologie humaine individuelle et du couple humain, l’état de sérénité où l’équilibre devient le principe des facultés expansives et attractives individuelles autant que de l’union entre l’homme expansif et la femme attractive.
En nous doit subsister un aquillibre fondamental où la volonté, le devoir se combinent à la passion sanctifiée mais vivace, où la raison se combine au sentiment. Et, dans cette volonté fondamentale elle-même, la volonté d’impulsion doit se combiner à la volonté d'arrêt ; dans cette passion fondamentale elle-même, la passion rayonnante doit se combiner à la passion attirante ; dans cette raison fondamentale elle-même, la raison de projet, d'initiative doit se combiner avec la raison d'arrêt, de contrôle ; enfin, dans ce sentiment fondamental lui-même, le sentiment généreux qui se répand vers les autres doit se combiner avec le sentiment humble qui accueille les autres. Car il peut se produire un égoïsme de dévouement, un égoïsme de générosité, une expansion de sentiment viril {trop envahissante qui annihile ceux qu’elle prétend sauver.
Et alors, cet équilibre fondamental étant maintenu comme principe, on doit, en certaines circonstances, donner plus d'activité aux facullés expansives, en certaines autres circonstances, aux facultés attractives.
Il s'établit de la sorte un jeu magnifique des puissances humaines, une variété de mouvements volontaires, passionnés, rationnels, sentimentaux, parfois plus expansifs, parfois plus attractifs mais respectant toujours l’équilibre profond et invariable.
L'état parfait de la Mystique et cet état parfait psychologique unis ensemble constituent la sérieuse [nitiation personnelle.
Il est vain et, trop souvent, périlleux de chercher les pou-
(1) Par fusionné je n’entends pas identifié mais pénétré et pénétrant au plus haut degré que permette Ja démarcation de nature entre le créé et l'Incréé, entre le fini et l'Infini.
voirs de magnétisme et de télépathie ou de s’adonner au psychisme si l’on ne travaille d’abord et surtout à fusionner son équilibre à l'équilibre du Père, son expansion à l'expansion du Verbe, son attraction à l'attraction de lEsprit-Saint et si l'on ne garde pour principe des facultés de son âme, l’équilibre invariable, de même que l'équilibre du Père forme logiquement le premier principe de la Trinité.
C’est ainsi que s’élabore, homme ou femme, l’Initié personnel.
Mais le grand Arcane exprime également, je l'annonçais tout à l'heure, l'état parfait du couple humain, l'équilibre devenu le principe d’union entre l’homme et la femme. Qu'il s'agisse du mariage alliant les corps autant que les âmes ou de ces mariages spirituels qui ont uni des saints à des saintes, il faut qu’une sorte d’être invisible, transcendant, équilibré, surgisse au-dessus de l’homme expansif et de la femme attractive et perpétue en Dieu le principe de leur amour.
Certes, dans le mariage fécond, les enfants sont un principe commun de durable concorde. Mais ils grandiront, ils évoluent pour leur propre compte ; et enfin, au terme de l’évolution, dans les régions paradisiaques, éternelles, la génération aura cessé. Il faudra que chacun des couples ait par lui-même son équilibre. Et, dès ce monde, on doit préparer cet avenir.
Les Paradis seront habités de couples qui auront pour Kéther : l'équilibre planant, l'unité androgyne tramés des mutuelles rayonnances des époux immortalisés ; pour Chocmah : l’homme ; et pour Binah : la femme.
Et non pas les individus isolés mais ces ternaires complexes. s’attesteront les cellules dont se composera la glorieuse Humanité.
Le Zohar dit que le nom d'homme ne s applique pasà l’homme isolé mais à l’homme et à la femme unis.
Il dit encore que la présence de Dieu ne se repose pleinement que sur le Couple.
Le Zohar enseigne cela de l'Humanité dès ce monde (ll ne
s’agit pas uniquement de mariage à relations corporelles puisque Moïse, isolé charnellement de sa femme pour se consa-
crer davantage à sa mission, n’en demeurait pas moins le hanté
et le favori des plénitudes de la présence divine). Mais n’est-ce pas surtout dans l’autre monde que la présence
divine reposera pleinement sur les hommes ? Donc la condition d’un tel repos sera, dans l’autre monde, encore davantage remplie.
Le Ciel éternel s’illuminera de couples pareils à des étoiles conjuguées, soleil mâle et soleil féminin, foyers d’une même infrangible ellipse de béatitude.
Et ces couples, réunis ‘entre eux, à leur tour, par la vision de Dieu et la solidarité, reformeront l’Adam-Eve universel, millions et milliards de nations failes d’astres humains, géantes, innombrables et fédérées Voies lactées d’âmes.
Un autre motif plus terrestre, plus immédiat de préférer, parmi les arcanes, le grand Arcane, &’est qu’il donne la formule normale de l'hypnotisme et du magnétisme.
En effet, l’hypnotiseur, dans ses suggestions, et le magnétiseur, dans son fluide, doivent avoir l’équilibre pour prineipe de leur action intellectuelle, verbale ou fluidique.
Ce n’est que si leur esprit et leurs effluves sont essentiellement, primordialement équilibrés que l’hypnotiseur et le magnéliseur déploieront une puissance durable, saine el sanifiante.
De cet équilibre partiront des expansions ou des attractions mais elles ne devront jamais le rompre ni se séparer de lui.
Les névropathes déséquilibrés jouissent parfois d’une puissance étrange et fébrile d'expansion ou d'attraction. Mais elle n’est pas solide. Elle ne saurait s'élever au pouvoir initiatique véritable. Pendant qu’autour d'eux, elle trouble les âmes et les choses, elle les laisse eux-mêmes accessibles, dans leur centre déséquilibré, aux plus dangereuses emprises de l’Au-Delà. Cette force désordonnée finit par se résoudre en esclavage.
Et l'équilibre essentiel, exigé de l’hypnotiseur et du magnétiseur initiés, il faut qu’ils cherchent à le rétablirchez ceux qu'ils soignent. Ils auraient beau les guérir de maladies particulières. Ils ne les auront pas réellement guéris tant qu’ils ne les auront pas reconstilués, pour ainsi dire, selon la formule du grand Arcane, tant qu’ils n'auront pas réinstallé comme principe mental et moral de ces âmes et comme principe fluidique de ces corps, un équilibre essentiel que les expansions el les
attractions varient sans l’altérer.
Là encore s’impose donc le grand Arcane kabbalistique, les mystères transcendants du Zohar descendus jusque dans la thérapeutique la plus positive. Chez le thérapeute comme chez le malade il faut qu’arrivent à régner les Séphiroth Kéther, Chocmah, Binah.
Le grand Arcane donne également la formule normale du psychisme. Ce n’est point par une extériorisation irréfléchie et prématurée de la pensée et des fluides ou par une attraction passive qui s'ouvre imprudemment et servilement à l’'Au-Delà qu’on peut se meltre en rapport initiatique avec les êtres spirituels invisibles
C’est au contraire en maintenant son propre équilibre essentiel et de pensée et de ftuide, en ne s’extériorisaut pas et en n’atlirant pas non plus l’invisible à soi sans demeurer maître de cette expansion ou de celte attraction et sans les garder unies à l'équilibre central, inviolable. Toujours Kéther comme principe, et Chocmah et Binah comme émanations du principe.
D'ailleurs l’hypnotisme, le magnétisme et le psychisme doivent ne point s’isoler des états parfaits mystique et psychologique régis eux aussi par le grand Arcane et dont je disais plus haut qu’ils constituent la sérieuse Initiation personnelle,
Je pourrais signaler beaucoup d’autres exemples, scientifiques, esthétiques, sociaux de la supériorité du ternaire Kéther, Chocmah, Binah. J’en relaterai quelques-uns aux chapitres suivants. Mais ceux que j'ai étudiés légitiment déjà le rang supérieur assigné au grand Arcane.
La science des nombres et des arcanes, malgré ses multiples et variables subtilités, se trouve donc avoir cette unité, que l'un de ses arcanes émerge au-dessus de tous et les domine. ;
C’est le chef des formules mystérieuses, des armées de calculs et de symboles.
C'est le Pontife-Empereur de la hiérarchie des nombres.
Mais la science numérale et arcanique offre une unité encore.
Celle-ci que les plus différents ternaires se ramènent aux trois termes : Equilibre, Expansion, Attraction.
Prenez l’un quelconque des ternaires séphirotiques et lisez-
le en commençant par n’importe lequel de ses trois termes, vous verrez que ce ternaire contient : Equilibre, Expansion, Attraction.
L'équilibre sera soit au commencement, soit à la fin, soit au milieu, et de même l'expansion et l'attraction. Mais ils y seront tous les trois, toujours.
Prenez les ternaires formés de trois expansions, de trois équilibres ou de deux expansions et un équilibre, etc. vous les raménerez à la formule générale : Equilibre, expansion, attraction, en ce sens qu'ils contiendront un ou deux de ces termes. Ils ne les contiendront pas tous les trois,et ils en répéteront un deux ou trois fois. Mais ils dériveront quand même de la formule générale, ù
La science numérale occulte s’unifie, en dernier lieu, à cet égard que les arcanes et les nombres qui ne sont pas ternaires dérivent de la formule ternaire générale.
Le binaire et ses multiples, les quinaires et les septénaires et leurs multiples, enfin n’importe quelle division ésotérique imaginable ne se constituent que des éléments du ternaire (Le binaire : Masculin, Féminin, c'est le ternaire moins un élément ; le binaire : Masculin, Masculin, c'est la répétition d’un élément du ternaire, etc...).
Ainsi il y a une forme du ternaire qui domine tous les arcanes, c’est le grand Arcane.
Et, de plus, quelle que soit la forme et la composition des ternaires ou des autres arcanes numériques, il y a trois éléments généraux, d'où procèdent tous les arcanes et tous les nombres.
Forme divine : grand Arcane.
Formule générale : ternaire d'éléments.
Retour, à ces éléments, des nombres même non tlernaires.
Telle est la triple unité de la science des nombres et des arcanes.
La réduction, par Newton, de tous les mouvements célestes à une seule loi, hypothétique dans sa cause, à mérité l'admiration fidèle du Genre Humain.
N'admirera-t-on pas davantage la Kabbale et l'Esotérisme d’avoir ramené à la triple Unité des arcanes, toutes les lois — et toutes les causes — de l'univers ?
Les correspondances consistent dans les rapports wocculles des réalités multiples que régit un même arcane, ou élément d’arcane.
Voici deux réalités : l’homme et la terre. L’areane ternaire du type Chésed, Tiphéreth, Géburah les régit toutes deux puisque la droite de l’homme et le pôle Sud de la terre sont influencés par Chésed, la ligne médiane de l’homme et l’équateur par Tiphéreth, la gauche de l’homme et le pôle Nord par Géburah.
Donc l’hommeet la terre sont en correspondance ternaire du type Chésed, Tiphéreth, Géburah.
Ils le sont aussi du type Kéther, Tiphéreth, Iésod, ainsi que je l’ai montré plus haut. Car deux où plusieurs réalités que régissent plusieurs arcanes sont en correspondance distincte selon chacun de ces arcanes.
Cela c’est la correspondance d’arcane.
Mais la droite de l’homme et le pôle Sud de la terre se référent tous deux à Chésed. Ils se trouvent donc en correspondance, comme régis par un même terme séphirothique. C'est la correspondance d'élément d’arcane.
Pour dresser la liste des principales correspondances, il faut établir des séries de quatre termes. Le premier terme de chaque série est un élément équilibré originel, le deuxième un élémentexpansif, le troisième un élément attractif, le quatrième un élément équilibré, mais résultant.
On a ainsi, dans chaque série, le type du grand Arcane et le type du ternaire fécond.
Exemple : 4° (erme, Equilibre originel : le primitif androgyne ; — 2° Terme, Expansion : l’homme, — 3° Terme, Attracüon : la femme ; — 4° Terme, Equilibré : l'union des sexes et l'enfant.
Avant les quatre lermes proprement dits de la série, il est bon de marquer la ou les réalités générales à qui appartiennent les quatre termes.
Ce serait ici : La famille humaine
Si l’on veut obtenir le ternaire du type Chésed, Tiphéreth, Géburah il n’y a qu’achanger mentalement l’ordre des derniers termes, à aller du 2° au 4°et du 4*au 3°. De la sorte on aurait, je suppose : l’homme, par l’union et l'enfant, concilié avec la femme, aimant surtout la mère dans la femme ; alors que Chésed, Géburah, Tiphéreth expriment l’union et l'enfant cherchés surtout à cause de l'attrait de la femme.
(Tiphéreth pourrait demeurer seulement idéale, n’être qu’une union d’âmes).
En intervertissant mentalement l’ordre des termes, on aurait encore d’autres ternaires séphirothiques.
Pour les ternaires non séphirothiques, où il y a répétition d'un même terme, on peut les obtenir, au moyen de la liste, en répélant mentalement ce terme, et en éliminant, par la pensée, le ou les termes qui manquent aux {ernaires de ce genre.
On obtiendrait les binaires par des procédés analogues d'’éliminalion et de répétition mentales :
Le binaire : Masculin, Féminin, par élimination mentale des termes Equilibré originel ou Equilibré résultant'; le binaire : Masculin, Masculin par répétition mentale du terme Expansif et par élimination mentale des termes Equilibré originel, Equilibré résultant, et Attractif; le binaire Féminin, Féminin par répétition mentale du terme Attractif et par élimination mentale des termes Equilibré originel, Equilibré résultant, et Expansif.
Quant aux quinaires, aux septénaires, aux duodénaires, il vaudrait mieux, pour ne pas s'assujetir à trop de combinaisons mentales, en dresser un catalogue spécial.
Je vais donner une liste de correspondances.
Elle ne sera pas complète. Pour publier toutes les correspondances connaissables, il faudrait un volume entier et
peut être plusieurs. Je veux simplement éclairer les arcanes du Zohar en les rapprochant de quelques-unes des vérités qui leur sont corrélatives dans les différentes sciences. Ma liste ne prendra pas la forme de tableau analogique. Je montrerai, en effet, d'abord un groupe de réalités se rapportant toutes à l'Equilibre originel, puis un deuxième groupe régi par l’Expansion, un lroisième, par l’Attraction, un quatrième, par lEquilibre résultant, final.
Le lecteur, grâce aux accumulations de réalités kabbalistiquement analogues, saisira mieux ce que c’est que la correspondance d’élément d’arcane.
Et s’il veut saisir la correspondance d’arcane, il n'aura qu’à chercher dans les divers groupes les réalités gonvernées par un même arcane. Ce ne sera point difficile. Car les termes de chaque série de quatre termes sont précédés dans tous les groupes par la (ou les) réalités générales à qui appartiennent ces termes, imprimées en italiques.
Ayant vu, dans le premier groupe (Equilibre originel) : Théologie chrétienne, Dieu, imprimés en italiques et suivis de le Père, on n'aura qu’à chercher dans le second groupe (Expansion), dans le troisième (Attraction), dans le quatrième (Equilibre final), les termes précédés par les mots, en italiques, Théologie chrétienne, Dieu, et on parcourra la série entière des quatre termes de Dieu.
Alors on examinera comment les régissent le grand Arcane et les autres ternaires.
On fera de même pour les autres séries appartenant à d’autres réalités générales inscrites en italiques. Et on pourra enfin méditer comment ces différentes séries se trouvent en correspondance d’arcane, selon telle ou telle forme du ternaire,
On sera obligé à plus de travail que par un simple regard jeté sur un tableau analogique. En revanche on se rendra un compte plus personnel et plus clairvoyant des correspondances.
La Kabbale et l'Esotérisme ne se pénëtrent vraiment que par l'effort personnel. N'oublions jamais la maxime très juste d’'Eliphas Lévi :
« Nul n’est inilié que par soi-même. »
ÉQUILIBRE ORIGINBL
KÉTHER.
Théologie chrétienne. — Dieu : Le Père.
Kabbale. — Dieu (Ain-Souph) : Kéther.
Morale. — Bonté équilibrée.
Psychologie. — L'âme : Elément équilibré et central (conscience intellectuelle, liberté).
Mathématiques. — L’infini mathématique correspond à Aïn- Souph. — Ce qui correspond à Kéther c’est l'unité, le nombre
un mais en tant que ce nombre s'applique à un élément équilibré.
Le caractère du chiffre (1) est une extrême abstraction. Il en résulte que le chiffre, par lui-même, ne désigne pas tel ou tel élément du grand Arcane ou d’un arcane quelconque plutôt que tel autre. Comme je l’ai fait ressortir déjà, dans le chapitre : le grand Arcane, c'est là une grave cause d’erreur pour les étudiants superficiels de l’Esotérisme et de la Kabbale. Un chiffre ne s’applique pas tout seul à un élément d’arcane. Il faut l'y appliquer exprès. Un... androgynat sera équilibré, un... homme sera expansif, une... femme, attractive. Mais le chiffre un, par lui-même, n’est ni équilibré, ni expansif, ni attractif. Il est ce qu’on voudra. Il désigne simplement un être, une réalité quelconque, spirituelle ou matérielle, imaginaire ou positive, mais il ne désigne pas d'avance quelle est la nature, équilibrée, expansive, altractive, de cette réalité !
Lorsqu'on rapporte l’un à l’homme, le deux à la femme, il faut s’expliquer. Si par un vous entendez une première unité que vous rapportez à l’homme et par deux une seconde que vous rapportez à la femme, vous avez sûrement le droit de
(1) J'avais exposé ces idées dans la revue L'Etoile (N° de septembre 1889) et j'en avais formulé le principe dans le Royaume de Dieu, page 33), (1887).
le faire. Maison aurait aussi le droit, en changeant le point de vue, de rapporter la première à la femme et la seconde à l’homme. Le chiffre 1 consentirait. Si l’on voulait dire que, par rapport à l’homme,la femme est composée de deux unités, est un binaire, ce serait faux. C’est l'homme et la femme qui, par rapport à l’androgyne primordial et supérieur, sont ensemble un binaire formé de deux unités, l’une mâle et l’autre féminive.
Le seul rapport naturel des signes arithmétiques, indépendamment des arcanes à qui on les adapte, avec les réalités, c’est le rapport de l'infini > mathématique avec Dieu et des chiffres avec les créatures finies, fractions de l’indéfini, ce dernier correspondant à la création totale.
Car iln’y a pas de nombres entiers. Tous les nombres sont fractionnaires. Les nombres entiers Le sont à l'égard de l’indéfini total.
Le chiffre c’est l’unité bornée, ou un assemblage d’unités bornées. Il exprime donc une ou plusieurs réalités bornées.
Et voilà tout. Il n’a pas d’autres correspondances naturelles. Si on lui attribue d’autres correspondances, elles s’avèrent artificielles et proviennent d'’allusions à tel ou tel arcane ou élément d’arcane, à qui l’on peut, si l’on veut, rapporter ce chiffre.
Le symbolisme numérique des Pythagoriciens se réduit à des allusions de ce genre.
Langage. — La lettre A, son fondamental équilibré.
A cause de sa grande ouverture, ce son correspond plutôt à Kéther unie à Aïn-souph qu'à Kéther examinée isolément.
— Dans les voyelles, le groupe eu, ou à l'égard des deux groupes À, & (impulsion, expansion aiguë) et é,o (résistance, attraction).
— Les voyelles anies aux consonnes à l’égard des voyelles seules (expansion, impulsion) ou des consonnes seules (attraction, résistance).
— Dans les consonnes, le groupe médian sh, j,s, 3, à l'égard du groupe t, d, f, v, p, b (allant vers l'extérieur, expansion) et du groupe #, 9, r, !, m, n (plan intérieur, attraction).
— Je parle ici des sons naturels et simples, base physique de toute langue humaine. Mais il est évident que chaque langue spéciale peut offrir des correspondances propres.
Ainsi l'hébreu, selon le Sépher lézirah, divise les lettres en trois groupes : Mères, Doubles et Simples. Les trois Mères sont Aleph, Mem, Schin (A, M, Sh). Aleph correspond à l'équilibre (comme dans le langage physique), M correspond à l’attraction, Sh à l’expansion. Ce n’est pas faux. Car si, dans le langage physique, Sh fait partie du groupe des consonnes médianes, il est cependant plus expansif que M, qui fait partie du groupe des consonnes a‘tractiyes. Les sept Doubles sont Beth, Ghimel, Daleth, Caph, Phé Resh, Thau. Ces lettres ont en hébreu une double prononciation, tantôt forte, tantôt faible. Elles sont devenues pour les kabbalistes l'expression des éléments antithétiques, et des influences sujettes à l’alternative. 11 y a là une spécialité de l'hébreu. Toute consonne et même toute lettre est susceptible des deux prononciations forte et faible. Mais comme en hébreu cette dualité se marque davantage en certaines lettres, les Juifs les ont choisies de préférence pour exprimer les notions offrant un caractère d’antithèse ou d’alternative.
Les douze simples sont Hé, Vau, Zaïn, Heth, Teth, Iod, Lamed, Noun, Samech, Haïn, Tzade, Coph.
Le Sepher lézirah les rattache aux signes du zodiaque. Elles forment une série un peu artificielle et qui ne suit pas rigoureusement telle ou telle série du langage physique. Il ne faut donc pas les regarder comme la correspondance naturelle du zodiaque naturel, mais comme un symbole factice de tout duodénaire. Malgré ce caractère factice (intentionnel peutêtre), il est intéressant d'étudier les rapports réels qu’auraient, à l’occasion, la lettre simple hébraïque et le signe auquel on la rapporte. Normalement, la correspondance naturelle, exacte est seule vraie, mais il ne faut pas oublier cette autre vérité, si peu connue, si puissante: NUL RAPPORT, EN OCCULTE,. N’EST INDIFFÉRENT. Et tels rapports, accidentels ou artificiels eu égard à la correspondance naturelle, n’en gardent pas moins leur valeur particulière.
Le même principe : Nul rapport en occulte n’estindifférent, justifie les méthodes artificielles kabbalistiques d'interpréter les mots hébreux. Ces méthodes sont le Notarikon, la Guématria et le Ziruf.
Le Notarikon (Acrologie), la Guématria (Gématrie, compte numérique), le Ziruf (permutation).
Le Notarikon regarde chaque mot de l’Ecriture comme formé d'’initiales d’autres mots. Et il choisit ces mots de manière à découvrir des sens mystiques.
La Guématria établit la valeur numérique d’un mot {les lettres de l'alphabet hébreu servant aussi de chiffres) et met à la place de ce mot un autre de même valeur numérique.
Le Ziruf substitue dans un mot une lettre à une autre d’après diverses combinaisons.
L’une de ces combinaisons estime équivalentes la première et la dernière lettre de l’alphabet, la deuxième et l'avant-dernière etc... et permet de substituer l’une à l'autre.
Une seconde combinaison partage en deux l'alphabet et regarde comme équivalente la première lettre de la première moitié et la première de la seconde, etc... etc.
La troisième combinaison partage l'alphabet en trois groupes et permet de remplacer la première lettre de chacun des trois groupes par la première lettre de l’un ou de l’autre des groupes restants.
Une quatrième combinaison permet de remplacer l’une par l'autre la première lettre et la dernière, la seconde et l’avantdernière, etc. du groupe des unités, et de procéder de même dans le groupe des dizaines et le groupe des centaines.
Toutes ces combinaisons Notarikon, Guématria, Ziruf, absurdes ou du moins arbitraires dans leur apparence immédiate, valent par le fait secret que nul rapport n'est indifférent. Et pourquoi nul rapport n'est-il indifférent ? Parce qu’il y a pas d'erreur absolue, qu’en approfondissant une formule quelconque, on peut toujours lui conférer un sens vrai, et, au point de vue spécialement kabbalistique, ésotérique, y découvrir un ou plusieurs éléments du grand Arcane ou du Ternaire général.
— Le Sépher lézirah enseigne une autre division des lettres hébraïques plus conforme à la classification naturelle. IL les divise en cinq groupes, le premier prononcé avec la gorge (Aleph, Hé, Heth, Haïn) ; le second avec le palais (Ghimel, Iod, Caph, Coph); le troisième avec la langue (Daleth, Teth, Lamed, Noun, Thau); le quatrième avec les dents (Zaïn, Samech, Schin, Resh, Tsadé), le cinquième avec les lèvres (Beth, Vau, Mem, Phé).
Il y a là certaines spécialités de prononciations hébraïques,
le R fondamental est prononcé, dans la série naturelle, par la gorge plutôt que par les dents (à moins qu’il ne s’agisse du R roulé).
Cette classification, d’une manière générale, n'en procède pas moins de la gorge vers les lèvres, de l’attraction à l’expansion, les lettres du milieu appartenant à l’équilibre.
Lignes et formes. — Point central, à l’égard des deux moitiés de chacune des trois directions perpendiculaires de l’espace. — Hyperbole à l'égard de la droite et de la courbe. Ligne droite à l'égard des convexités et concavités anguleuses de la ligne brisée ou des courbes convexes et concaves {voir la figure).
Hypnotisme humain. — Equilibre total d’un esprit humain à l'égard d’un autre. — Equilibre fondamental que doit conserver l’hypnotiseur et qu’il doit s’efforcer de rétablir chez l’'hypnotisé.
Magnétisme humain. — Fluide équilibré total d’un être humain à l'égard d’un autre. — Fluide équilibré des parties médianes du corps.
Equilibre fluidique fondamental que le magnétiseur doit conserver lui-même et s’efforcer de rétablir dans le sujet et
que l’ésotériste doit conserver aussi dans les tentatives de télépathie expérimentale.
Psychisme, — Equilibre fondamental que l’homme doit toujours garder comme principe dans ses relations avec les âmes des morts et les anges. — Equilibre fondamental des âmes bonnes de morts, et des anges.
Physiologie humaine. — L'état de voyance, médiateur entre la veille et lesommeil. — L'équilibre vital conservant l'harmonie entre la vie de relation et la vie de nutrition. — Dans le système nerveux : les centres nerveux. Dans les réflexes : Le centre nerveux intéressé par le réflexe.
Dans la vie de nutrition : La circulation et son appareil. — Dans la circulation : le cœur. — Dans la respiration : l'air contenu à l’intérieur des poumons. — Dans la digestion : assimilation.
Anatomie humaine.— Le principe équilibré, transcendant, astral et androgyne du couple humain. — Les parties médianes du corps. — Dans la tête : le nez et les yeux, la ligne de jonction des cerveaux droit el gauche, la partie médiane du cerveau (entre le front el l’occiput). Dans le cœur, les parois ouvertes séparant les oreillettes des ventricules, et les parois fermées séparant les orcillettes entre elles et les ventricules entre eux.
Dans l’estomac et l'intestin : leurs parties médianes. — Le pancréas. — Le tronc, à l'égard des membres.
Animaux. — Animaux hermaphrodites. — Dans les hermaphrodites, dans les mâles et les femelles, les parties médianes de leur corps (1).
Végétaux. — Végétaux hermaphrodites. — Fleurs hermaphrodites.
— Partie médiane du troncentre la racineet le feuillage. — Partie médiane de la fleur et du fruit entre le côté de la queue et le côté opposé.
Minéralogie. — Partie médiane et neutre des cristaux entre la base et la pointe.
Chimie. — Sels (comme origine, par analyse, des acides et
(1) Les diverses correspondances de l'anatomie humaine s’appliquent, mutatis mutandis, à l'anatomie animale. Je dis cela une fois pour toutes.
er *
des bases, et non comme leur résullat, par synthèse), — Corps qui forment le tiers médian de la liste des corps électronégatifs et électropositifs.
Alchimie. — Mercure comme origine des métaux. Racine métallique dans la Kabbale Alchimique (voir plus loin, p. 150, l'extrait du livre Ash Mézareph).
Physique. Etats des corps. — Etat liquide comme préexistant à un état gazeux et à un état solide : soit une masse d’eau de laquelle on doit vaporiser une partie et glacer l’autre.
Physique. Forces vibraloires. — La chaleur et l'électricité placées, dans l’échelle des forces vibratoires, au-dessous des rayons Roentgen et de la lumière mais au-dessus du son (1).
Dans la lumière : les rayons verts et jaunes. — Dans la chaleur : les rayons et les corps tièdes. — Dans l'électricité : le neutre. — Dans le magnétisme terrestre et minéral : le neutre. — Dans l’acoustique : les sons moyens. — Dans la gamme : les notes du milieu. — Dans l'accord parfait : La médiante, — Le blanc correspond à Kéther unie à Aïn-Souph.
Physique. Mécanique. — Mouvement uniforme à l'égard du mouvement varié par accélération (expansion) ou relardation (attraction, négatif) par rapport à un mouvement originel.
— Un corps en équilibre au milieu de forces qu’il neutralise.
Géologie. — L'équilibre originel entre les éléments de la terre el les forces solaires, dans la nébuleuse primitive.
Astronomie. — L'équilibre originel entre les éléments des planètes et les forces solaires, dans la nébuleuse primitive. Zone moyenne d’attraction mutuelle entre l’astre central et l’astre satellite, dans les systèmes d'étoiles conjuguées ; entre les soleils et les comètes et entre les soleils et les planètes, dans les systèmes solaires. — Comètes et planètes à moyenne distance des soleils. — La zone des petites planètes et Jupiter dans notre système solaire. — Parmi les satellites d’une même
planète, ceux à moyenne distance de la planète. — Sur chaque globe : l'équateur magnétique. — Sur notre terre :
l'équateur magnétique (2).
(1) Voir Influence Astrale par Pauz FLAMBART.
(2) Si l’on divise la terre ou une autre planète au point de vue de la chaleur et non du magnétisme, ce sont les deux zonès tempérées qui correspondent à l'équilibre.
Astronomie et Astrologie. — Dans l’année: Equinoxes du
printemps et d'automne. — Dans la journée : crépuscules du matin et du soir.
— Les planètes à l'horizon — (à l'égard de planètes au
zénith et d’autres au nadir). — Les planètes entre l'horizon et le zénith (à l'égard des planètes à l'horizon et d’autres au zénith). — L'influence de Jupiter.
Esthétique. — Les écrivains et les artistes originellement complexes, à la fois mâles et féminins (Salomon avant sa chûte, saint Jean l'Evangéliste, Léonard de Vinci, Shakespeare, Balzac, Wagner) (1). — L'équilibre d’aptitudes entre l’idée et la forme, le dessin et la couleur, la mélodie et l'harmonie.
Sociologie. — Equilibres entre l’autorité et la liberté, entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel quand ces équilibres existent dès l’origine de la constitution politique.