LES PAYSANS
Certainement...
PERRINE
On nous paierait plus tard...
KÉROUAN a descendu le petit escalier, il s'approche et jelte un sac d'argent sur la table. Comptez cet argent, Louise...
LOUISE
Moi?... moi?...
KÉROUAN
Oui, vous... il faut au moins garder ce qui nous reste d'honneur... (Louise se mot à compter.) Madeline n'est pas revenue ?
PERUINE.
Non, monsieur... elle n'a peut-être pas trouvé votre fils...
KLROUAN.
Elle le trouvera. ( Il s'assied. ) Venez ça, vous autres... je n'ai pas à me plaindre de vous; vous avez bravement et honnêtoment gagné votre pain chez moi... ce n'est pas comme ça pour tout le monde; mais enfin... Dieu fait les choses comme il veut... Aussi, je vous le dis, tant qu'il y aurait eu une miche à la maison, il y en aurait eu pour les bons sujets; mais personne n'est maître de
sa volonté il faut que je quitte la ferme, mes
enfans...
PERRINE
Vous?...
TOUS
Vous, pérc Kérouan?...
PERRINE
Ça n'est pas possible...
LOUISE, à part.
Que veut-il faire, mon Dieu?...
KÉROUAN
Je l'aurai quittée ce soir...
PERRINE
Mais pourquoi? monsieur Kérouan, pourquoi?...
Vous le saurez demain peut-être aujourd'hui... peut-être dans une heure. — C'est pour cela qu'il faut nous dépêcher... Dites ce qui vous est dû, on va vous payer.
TOUS
Mais, monsieur Kérouan...
KÉROUAN
Louise va vous faire vos comptes.
LOUISE
Mais, mon père...
KÉROUAN
Vous savez bien que je ne sais ni lire ni écrire... et vous n'avez pas d'intérêt à les tromper ceux-là...
(Il va au fond, s'assied sur l'escalier la tête dans ses mains.) LOUISE.
Tene, François» est-ce là votre compte et celui des laboureurs?..!