‹ La Coagulabilité SanguineChapitre 25 sur 48 · MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES

Des deux substances étrangères que nous incorporons au sang, la première, le citrate, agitcomme «stabilisante», immobilisant le sang avec les qualités vitales qu'il possédait dans la veine; la seconde, le calcium, intervient comme substance « catalytique », déchaïînant la réaction coagulante.

Le sang arrive dans les tubes avec l’ensemble de ses propriétés coagulantes. Activées au contact du calcium, elles sont à même de se manifester objectivement.

À chaque dose de calcium, c’est-à-dire à chaque stade de la coagulation fractionnée, l'intensité des phénomènes observés dépend de la qualité des substances coagulantes du sang envisagé.

À l'état normal, les divers sangs font preuve d’une constance remarquable : c’est toujours au même tube (pour la même quantité de calcium) que se montre le début de la coagulation : Le seuil; et c’est pour la même quantité de calcium que les divers sangs normaux coagulent complètement ; d’où, pour les sangs normaux :

Constance au seuil, constance du moment de coagulation complète, constance de l'intervalle séparant ces deux repères que nous fixerons bientôt numériquement.

A l'état pathologique, les divers sangs apporteront dans les tubes les différences de coagulabilité qu'ils avaient au moment où on les a surpris dans l'organisme.

Une dose de calcium qui suffit à faire débuter la coagulation (seuil) pour un sang normal, ne suffit pas pour un sang à coagulabilité diminuée. C'est donc dans un tube contenant plus de calcium (activant une plus grande quantité de substances coagulantes) que s’édi-fiera le premier coagulum : le « seuil de la coagulation a reculé ».

De même, il faudra plus de calcium pour arriver à la coagulation complète : l'écart entre le seuil et cette dernière à grandi.

Au contraire, supposons un sang à coagulabilité exagérée : une quantité de calcium plus petite que la dose normale utile suffira à mettre en jeu l'énergie coagulante nécessaire à l'obtention du premier caillot (la petite quantité de substances coagulantes déchaïnées est d’une force et d'une qualité suffisante ponr l'édification de ce premier caillot).

Le seuil de la coagulalion a « avancé » sur le seuil normal. De même :la coagulation complète pourra se produire pour une dose de calcium plus petite : l'écart du seuil à la coagulation complèle a diminué.

Les modifications du schéma de coagulation normale se ramènent à divers types :.

1° Si la coagulabilité est très diminuée, les forces

coagulantes très altérées, le seuil « recule » : c’est-à % S = ? A dire que le premier coagulum n’apparaît que pour un

tube contenant plus de calcium. L'écart séparant le

seuil de la coagulation complète peut augmenter.

Si la coagulabilité est très exagérée, le seuil, « avance » sur le seuil normal. De plus, l'écart séparant le seuil de la coagulation complète peut diminuer.

% Si les modifications de la coagulabilité sont moins marquées, l’avance ou le recul du seuil seront moins sensibles.

3° Il est des sangs où le seuil de la coagulation est normal, mais où le stade de coagulation complète est anormal; soit qu'il avance : la coagulation totale apparaît trop rapidement; soit qu'il retarde : l'écart le séparant du seuil est trop grand, la coagulation totale est tardive.

Dans le premier cas, presqu'immédiatement après le seuil apparaissent des caillots complets, rouges, solides.

Dans le second, les tubes succédant au tube « seuil » ne contiennent que des coagulum grêles, blanchâtres, et il faut s'éloigner notablement pour arriver à un caillot complet, satisfaisant.

En général, la teinte rouge du caillot indique une coagulation hâtive et forte; la teinte blanche, une coagulation faible et retardée (car les hématies ont eu ou non le temps de gagner le fond avant l'édification du réticulum).

L'évolution des caillots dans nos tubes est la même que celle du caillot physiologique. La rétractilité, au bout de 12 à 15 heures, à température de 18°, s'y mani-

feste normale ; elle réduit considérablement le diamètre du coagulum à un cylindre étroit (a). Elle peut être forte et transformer le coagulum en un cylindre filiforme arraché du fond du tube (b). Elle peut ètre faible (c). Elle peut être nulle (d).

Nous verrons plusieurs cas où un trouble de cette

propriété importante du caïllot,n'a pas pu se voir dans le

sang pur global par les procédés classiques, alors qu'il était manifeste dans nos tubes.

&° Enfin, accessoirement, on peut assister au phénomène de la fibrinolyse ; on sait, comme l’a montré Nolf, qu'elle est parallèle à l'intensité de la coagulation. Ce fait est vérifiable dans nos tubes : les caillots correspondant à des coagulabilités intenses se dissolvent beaucoup plus rapidement que ceux des coagulabilités faibles. Les tubes des premiers contiennent beaucoup plus de fibrinolysines que les derniers.

5° Nous avons remarqué aussi que l’hémolyse des globules

kb

restés libres dans les tubes incoagulés ou à faibles caillots était beaucoup plus rapide que celle des globules enserrés dans un coagulum total ou fort. Il y a là une constatation intéressante au point de vue des conditions de la résistance globulaire (influence du calcium).

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