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Études expérimentales en vraie grandeur

Parmi les procédés examinés, seuls les procédés hygroscopiques sont efficaces. En particulier, l’action du chlorure de calcium sous forme de solution, et spécialement de solution pulvérisée, donne des résultats très satisfaisants. D'ailleurs, à l'étranger, des essais en vraie grandeur ont été faits à l’aide de projection de cette solution.

Le Professeur Houghton [31] a réussi, le 20 juillet 1934, à faire passer la visibilité, à travers un brouillard, de 100 à 660 m, par projection d'une solution de chlorure de calcium à 10 m au-dessus du sol, grâce à un dispositif de tuyaux. Cet essai a eu lieu à l’aéroport de Round Hill (1). Des essais analogues auraient été repris à Londres, au moyen de chlorure de calcium en poudre; à notre connaissance, il ne semble pas qu'ils aient été couronnés de succès.

Des essais du même ordre auraient eu lieu également en U.R.S.S$. par projection du chlorure de calcium du haut d’un avion, afin d'obtenir la précipitation d’un nuage sous forme de pluie. On aurait obtenu une trouée dans le nuage, suivant le trajet de l’aéroplane et quelques précipitations sous forme d’eau et même, dans

() Huit autres essais ont eu lieu pendant une période de deux ans et demi, et un seu ne fut pas couronné de succès en raison d’une brusque saute de vent [25].

certains Cas, de véritables pluies. Ces effets sont bien en concordance avec nos expériences et montrent que l'efficacité de ce produit serait à étudier de très près [19]. À cet effet, il y a lieu d'examiner les différents points suivants :

19 Procédés de projection. — La projection peut se faire :

a. du haut d’un avion. — Méthode dangereuse, car si l’aviateur ne réussit pas à dissiper le brouillard, il risque la catastrophe à l'atterrissage; coûteuse, car elle exige un nombre de passages de l'avion important si la zone à éclaircir est un peu vaste.

b. À l’aide de canalisations placées à une certaine distance au-dessus du sol; l’installation doit satisfaire aux conditions suivantes : être mobile, de façon à pouvoir être placée « au vent » de la zone à protéger; être construite de façon à ne pas provoquer d'accident dans le cas où un avion viendrait en contact avec elle; toutes conditions assez difficiles à réaliser s’il s’agit de bases un peu importantes (300m d’après l'application numérique que nous avons prévue pour le brouillard moyen).

c. Projection non plus de haut en bas, mais de bas en haut, ce qui a l'avantage de diminuer les risques d’accident et de faire parcourir au corps projeté un double trajet à travers le brouillard, d’où efficacité accrue; cette projection peut se faire: par exemple sous forme de jet, mais il est évident que, dans ce cas, comme d’ailleurs dans le cas du paragraphe précédent, la hauteur ne peut pas être très élevée.

20 Forme sous laquelle la projection est faite.

La projection peut avoir lieu soit sous forme solide, ce qui a l’avantage de mettre en jeu des masses moindres, soit sous forme liquide, ce qui facilite beaucoup le stockage et les manipulations et évite, en outre, le risque d’engorgement des tuyauteries, soit, enfin, d’une manière plus indirecte et plus élégante, sous forme de jet d’air asséché par le chlorure de calcium (1).

39 Inconvénients divers.

a. Le chlorure de calcium présente des dangers de corrosion pour le matériel métallique.

b. Il dessèche l'argile et empêche la croissance du gazon, ce qui est un grave inconvénient pour son utilisation sur les aérodromes.

La projection sous forme d’air asséché éviterait ces inconvénients.

() Dans ce cas, il n’y a plus, à proprement parler, coalescence indirecte, mais évaporation, l’évaporation n'étant plus due ici à un échauffement comme dans les procédés étudiés au Chapitre I, mais à l’abaissement de la tension de vapeur. Dans le même ordre d’idées, on a proposé la projection de chaux pulvérisée qui joint aux mêmes propriétés absorbantes l’avantage de présenter, avec le gaz carbonique et la vapeur d’eau, des réactions exothermiques apportant une énergie calorifique non négligeable,

4° Calcul des quantités.

D'après un caleul du Professeur Brent [19], il sufirait pour obtenir un résultat, de réduire l'humidité de l'air de 100 à go % pour un brouillard de campagne, et de 100 à 70 % pour un brouillard urbain. Dans le premier cas, il serait nécessaire de projeter 140 kg de chlorure à l'état solide pour dissiper le brouillard dans un million de mètres cubes. En transposant ce chiffre dans le cas du brouillard moyen, il faudrait 125 kg/min, soit environ 24 t à l'heure, chiffres théoriques. |

Remarque. — Les chiffres donnés par Houghton [25] sont difiérents. Il opérait sur une base de L — 40 m, À — 10 m, avec v — à m/sec. Donc, il devait éclaircir 2000 m$/sec. Il comptait pratiquement sur 2,6 em® de solution saturée par mètre cube, c'est-à-dire qu'il devait pulvériser environ à l/sec, soit 18 m° à l'heure. Dans le cas du « brouillard moyen », il faudrait

2 000 Les chiffres que nous avons pu relever dans nos expériences sont sans rapport avec les précédents : les gouttelettes pulvérisées étant assez grosses, comme nous l'avons dit, tombent rapidement au fond du ballon où elles sont absorbées par l'humidité provenant du rinçage et perdent leur efficacité. Les chiffres relevés dans ces conditions ne peuvent donc avoir de valeur.

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