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CONCLUSION

Après avoir montré la supériorité des procédés de coalescence sur les autres procédés de dissipation du brouillard, nous en avons esquissé une théorie d'ensemble qui se résume dans la formule

dans laquelle «, exposant de coalescence, caractérise la nature, et C, coefficient de coalescence, l'intensité du phénomène. De cette formule découlent ensuite l'énergie et le temps de dissipation, puis les courbes de visibilité et d'absorption. Un tableau résume l’ensemble de cette théorie.

Pour les recherches expérimentales, nous avons mis au point un dispositif qui consiste essentiellement en un ballon ou un tube dans lequel on obtient, par ionisation et détente, des brouillards, comparables entre eux, que l’on observe à la cellule photoélectrique et qui, dans certaines conditions, durent jusqu’à 30 min. Ces brouillards ont approximativement les caractéristiques suivantes : diamètre des gouttes : 3 x, masse d’eau condensée par mètre cube : 8 g. La cellule permet de relever l’opacité du brouillard en fonction du temps, d’où résultent des courbes de visibilité et d'absorption qui permettent, en tenant compte de la théorie exposée plus haut, d'analyser le phénomène de dissipation étudié.

Les expériences concernent surtout les procédés de coalescence directe, qui semblent d’une application plus commode que les procédés de coalescence indirecte et permettent (théoriquement tout au moins) la dissipation du brouillard en avant d’un véhicule en mouvement.

a. Les champs et les étincelles électriques donnent lieu à des phénomènes complexes dans lesquels se détache l’action prépondérante de l’attraction par électrisation induite. Ces procédés ne sont malheureusement pas, à cause de la faible portée du champ électrostatique, appelés à donner des résultats hors du laboratoire.

b. Les ultra-sons paraissent, au contraire, de plus d'avenir. Pour les étudier, nous avons été amenés à construire des sirènes de Hartmann donnant une gamme assez étendue de puissances et de fréquences allant de 5000 à 21 000 p/sec. Pour le réglage de ces sirènes, nous avons dû imaginer successivement une balance à couple magnétique, puis un radiomètre-voltmètre.

2 Tgge =

Nos expériences nous ont prouvé que les ultra-sons provoquent bien la coalescence des brouillards d'eau sans qu’on soit obligé de recourir à un effet de résonance. Nous avons pu définir l'influence de la fréquence et de la puissance, quelque peu différente de celle prévue par la théorie qui, d’ailleurs, avait dû négliger certains aspects du problème. Toutefois, d’une façon générale, les considérations théoriques des Chapitres II, III et IV, conduisent à des formules qui concordent d'une manière assez approchée avec les résultats expérimentaux et donnent, notamment, avec une certaine précision, les temps de dissipation. Un tracé plus favorable des tuyères et l'emploi systématique de fréquences plus basses, semblent devoir permettre, en augmentant notablement les puissances acoustiques, d'obtenir des temps de dissipation intéressants.

Nous avons ensuite fait une étude d'ensemble des procédés de coalescence indirecte, étude qui montre l'intérêt des procédés par projection de chlorure de calcium, spécialement sous forme de solution pulvérisée. Les résultats obtenus en vraie grandeur par Houghton, à Round Hill, montrent bien en effet l'avenir qu’on peut en attendre (et notamment pour la dissipatton des fumées dans les tunnels).

En résumé, le problème de la dissipation du brouillard n’est pas théoriquement insoluble. Les procédés par coalescence n'exigent pas une énergie élevée, à condition qu'on se limite à des zones restreintes (par exemple, l’aire d’un aérodrome), que l’on s'attaque à des brouillards situés au voisinage du sol et que le vent ne soit pas trop fort. Ils ont, en outre, l'avantage d'éliminer toutes les particules, liquides ou non, qui constituent le brouillard. Parmi eux, les procédés par projection de chlorure de calcium ont déjà donné quelques résultats, et les ultra-sons semblent appelés à un certain avenir. Mais un travail scientifique sérieux doit précéder les tentatives faites à grande échelle. La plupart des échecs peuvent, en effet, être imputés à l’apparente et trompeuse simplicité du problème qui a, sans doute, fait perdre de vue, aux expérimentateurs, l’ordre de grandeur des actions à réaliser.

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