SCENE III
LES MEMES , ISIDORE , ses crochets à la main.
fiou'jour , maman Martel j salut, Mademoiselle.
Al H : Joyeux pèlerin.
T-a premier' richesse , C'est d'èli' laborieux ; Il n'y-a qu'la paresse Qui rend' malheureux?
Quand i'ciel, en j>artage , Dnigu' nous accorder D la fore' , du courage , Qu'est-c' qu'on peut d'mander ?
De l'ouvrage! {bis.)
Ou a son pain
An bout d'sa main.
De l'ouvrage ! {bis.)
C'est mou rei'rfùo
Soir et matin.
TOUS
De i'ûuvrage , etc.
Même air.
Si jamais , Mam'zelle, Je deviens votr' mari, J'travaill'rai d'plus belle.
Faut qu'ça soit ainsi.
En voyant c'visage , C'coup-d œil agaçant , Ce gentil corsage.
Je ni'dirai souvent :
h l'ouvrage ! {bis.) Ne r 'mettons pas la b'sogne à d'niain ! A l'ouvrage ! {bis.) Ça s'ra mon r'frain Soir el matin.
LA Mi;nE MARTEL et 16ID0BE.
A l'ouvrage , etc.
( // embrasse Adélaïde. )
ADÉLAÏDE , iristemenl.
Marie's 1 . . . Ah ! ben oui ! ça n'en prend pas la tournure.
ISIDORE
Bah! parce que nous avons eu une petite c.istille avec le père Martcll. .. ça s' passera! il est comme les autres... plein d'honneur , d' droiture; mais dam', il écoute tout le monde.
MÈRE MARTEL
Excepte' sa femme.
ADÉLAÏDE
Et snr qnoi vous étes-vous donc brouilles?
ISliJORE.
Pour opinion... Il (Ht que maintenant que nous avons la liberté', je suis oblige' de penser comme lui.
MÈRE MARTEL
Tiens ! quelle drôle d' liberté.
ISIDORE
Moi , j'ai soutenu qu' non ; il s'est fâche'.
ADÉLAÏDE
Ah î mon dieu ... le v'ià.
ISIDORE
Je m'en vas, . . Il m'a défendu de vous r'parler.. . Je reviendrai. J'ai justement une serruere à poser ici i côté ! . . .
( Il sort. )
SCÊIVE V.
ADÉLAÏDE, LA MÈRE MARTEL, MARTEL, anirant les mains derrière le dos , et la pipe à la bouche.
MÈRE MARTEL , le regardant venir.
C'est ca , prends garde de te casser les jambes Te
v'ià enfin, Marlel, d'oîi ce que tu deviens ? MAi'.TEL , tranquillement.
y deviens d'oii c' que j' veux ça u regarde pas les
femmes.
MÈRE MARTEL
J' quille ton bourgeois , M. Bei-nard Il est content ,
qu' ça fait peur.
MARTEL
Qu'il soye content, ou qu'il soje fâché, c'est uniforme... Je n' reprendrai l' marteau que quand la révolution sera finite.
MÈRE MARTEL
Eli bien! est-ce qu'elle n'est pas finite, la révolution 7 Est - ce que le roi n'est pas snr son trône? Est-ce que les marchands n' sont pas dans leurs boutiques? les commis à leurs bureaux? les soldats dans leurs casernes? Pourquoi qu' les ouvriers ne sont pas à leurs ouvrages?
MARTEL, gra<>enifn/.
Parce que. . .
MÈRE MARTEL
Parce que, quoi ?
MARTEL
Parce qu'où veut la liberté . . .
MERE MARTEL
La liberté. . . Est -c' que vous n' la ravez pas?. . . vous courez tous les rues comme des fous.
ADÉLAÏDE
Comm' des z-'hahuris.
MARTEL
Mam'zeir Adélaïde , faites - moi le plaisir de vous taire , et d'aller tailler la soupe?
MÈRE MARTEL
Avec quoi? nous n'avons rien.
MARTEL
Faudra ajouter queuqu' chose... parc' que j'ai t'invil(; Colignon , le colleur de papiers;. . . et puis un autre. . . et puis. . .
MÈRE MARTEL
Et puis. . . et puis tout le quartier, n'est-ce pas?... c'est Lien r moment d' donner des ripailles !. . . Et ton terme? etjl' mois d' nourrice d' ton petit dernier , et l'épicier , et ?..,
MARTEL
On payera quand la révolution s^ra finite.
ADÉLâ^IBE.
Oui , c'est comm' ça qu' vous établirez vos enfans.
MARTEL
Ab! toi , j' te vois venir. . . mais ne me parle plus de ton Isidore, je ne veux plus le voir , l'envisager. . . Cbut , v'ià Colignon.