Opérations sur le thorax
Dans ce court chapitre, je ne citerai que la suture de la clavicule dans les fractures, la résection costale pour carie, l'opération de l'empyème, enfin l'extirpation de la mamelle ou de certaines tumeurs bénignes qui s'y développent.
Je ne suis guère partisan de la suture de la clavicule ; c'est une opération d'exception; d'ordinaire, la réparation en est rapide, et, même chez la femme, la légère saillie qui persiste n'est pas plus disgracieuse que la cicatrice de l'incision; aussi je ne conseille cette intervention que dans des cas fort rares, et je n'y ai eu recours qu'une fois; la saillie du fragment interne était considérable, et le fragment externe comprimait le paquet vasculo-nerveux. Incision de 8 centimètres le long du bord antérieur de l'os après anesthésie de la peau ; injection sous-périostée de 1 centigramme de cocaïne sur chaque frag-
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ment, au niveau du point où je devais, avec la tréphine, perforer l'os et insinuer un fil pour rapprocher et immobiliser les fragments ; suture de la peau. Le résultat fut favorable.
Pour l'opération de Vempyème, l'avantage de la cocaïne est indiscutable, car le chloroforme n'est pas sans danger, vu l'état où la pleurésie a mis les poumons et le cœur. Voici ma technique : traînée analgésique de 8 centimètres dans la peau qui recouvre la côte au-dessus de laquelle est l'espace que l'on veut inciser. On coupe la peau, on cherche le bord supérieur de la côte et l'on fait une nouvelle traînée analgésique dans l'épaisseur du muscle. On reprend le bistouri et l'on peut pénétrer dans la plèvre sans que le malade éprouve la moindre souffrance. Il est loisible de faire l'incision pleurale moins étendue que l'incision cutanée; mais celle-ci, je la pratique, en général, fort grande, pour évoluer à mon aise au fond de la plaie et réséquer, s'il le faut, un segment de côte.
Cette résection se fait sous l'analgésie cocaïnique: on pratique, au niveau de la côte que l'on veut enlever, une injection cutanée de 10 à 12 centimètres; on incise et on arrive sur la côte; on insinue l'aiguille de la seringue sous le périoste, entre lui et l'os, et l'on fait pénétrer, en ce point, une injection vivement poussée^ afin que le liquide se diffuse. Mais on ne peut