Opérations sur la tête et le cou
Nous avons déjà décrit quelques-unes des interventions pratiquées sous l’analgésie cocaïnique, à la tête, à la face et au cou, l’extirpation
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des Aystes sébacés et des kystes dermoïdes, des lipomes et des angiomes, des tumeurs de la parotide, l'incision des adéno-phlegmons et des abcès. II me reste à signaler quelques autres opérations qui ne manquent pas d'intérêt.
Et d’abord certaines « orthoplasties » des oreilles ; il nous est arrivé quelquefois d’intervenir, et nous nous proposons de le faire désormais plus souvent, pour des déformations que l'immense majorité des chirurgiens, nous ne savons trop pourquoi, considèrent comme « intangibles ». Quels motifs s'opposent à donner à ces oreilles, dont la conque élargie se projette en avant, une forme moins disgracieuse et une position moins défectueuse ? Lorsque l’application d'un serre-tête, d’un petit bandage ne modifie pas cette posilion, je fais, à la cocaïne, une petite perte de substance sur la face interne de l'oreille, en arrière et un peu en haut; une exérèse de même dimension, est pratiquée à la lisière du cuir chevelu, juste au point où l'oreille viendrait s'appliquer contre la tête ; un crin de Florence met ces deux surfaces cruentées au contact et, en quelques jours, l’adhérence est faite. Il suffira plus tard de la couper au bistouri ou aux ciseaux, lorsque l'oreille aura pris le pli de sa nouvelle situation.
Une opération un peu plus compliquée nous a donné d'excellents résultats pour corriger ces
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pavillons en conques qui saïllent en avant et rappellent les manches à air des bateaux. Une trainée analgésique est faite dans le derme de la face interne de l'oreille; le cartilage est mis à nu, et l’on en excise de petiles bandes, peu à peu, pour voir l'effet obtenu, jusqu’à ce que, grâce à la perte de substance, le pavillon rétréci ait pris une forme et une posilion plus correctes; on suture et on rapproche, au fil de soie, les deux lèvres du cartilage, puis les deux lèvres de la plaie culanée el, sans aucune cicatrice apparente, on a obtenu la diminution considérable ou même la disparition d’une difformité choquante.
Nous avons souvent eu recours à la cocaïne pour pratiquer la trépanation de l'apophyse mastoide ; après avoir rasé la région, nous tracons un lambeau, une sorte de volet dont la base est en arrière sur le cuir chevelu, et dont la partie convexe atteint le sillon qui existe au point d'insertion de l'oreille; le volet est disséqué d'avant en arrière et l'apophyse mastoïde mise à nu; mais On à eu soin, après avoir (tracé la ligne analgésique qui circonscrit le lambeau, d’enfoncer l’aiguille perpendiculairement à travers les tissus jusqu’à l’os et de faire diffuser un peu d'alcaloïde entre lui et le périoste; la dissection du volet et la trépanation de l’apophyse sont alors indolores,.
Reczus — La Cocaïne en chirurgie 8
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Les autoplasties de la paupière peuvent être pratiquées sous l'analgésie cocaïnique; le lambeau qu’on voudra détacher sera cireonserit par une trainée d'alcaloïde, et on ne craindra pas d’injecter le contenu d’une ou deux seringues sous le lambeau lui-même, afin que la dissection ne réveille aucune souffrance. La suture des paupières est aussi justiciable de l'anesthésie locale ; on projette, dans la conjonctive, quelques * gouttes de solution afin d’insensibiliser la muqueuse, puis on injecte, dans l'épaisseur de la paupière inférieure, le contenu d’une demi-seringue de solution; on avive les bords libres, et on les suture sans que le patient en ait conscience.
L’extirpation des cancroïdes de la lèvre ne nécessite jamais l'emploi du chloroforme, ou, pour y avoir recours, il faudrait un de ces envahissements qui exigent l'ablation de Ja ré- -gion entière et une autoplastie étendue. Dans les épithéliomas ordinaires, on applique sur la muqueuse une lame de ouate hydrophile imbibée d’une solulion de cocaïne; celte lame dépassera au moins d’un centimètre la perte de substance que l'on devra faire. On prescrit au patient de ne point avaler sa salive pour ne pas absorber de cocaïne par la voie stomacale; puis, dans l'épaisseur de la lèvre, on plante l'aiguille dans le derme, en dehors du néoplasme, et l’on dessine, par la traînée analgésique, les lambeaux
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en V ou en U que l’on doit extirper, Comme la lèvre est épaisse, il est bon d'ajouter à celte anesthésie des téguments, peau et muqueuse, l’anesthésie des muscles, et le contenu d’une seringue sera poussé de chaque côté de la tumeur, en plein orbiculaire. On n’oubliera pas combien la région est vasculaire, et l’on prendra des précautions pour ne pas injecter le liquide dàäns les artères ou dans les veines.
Le bec de lièvre s'opère, en général, sur les jeunes enfants chez lesquels l'emploi de la cocaïne est contre-indiqué.Mais lorsque certaines circonstances ont retardé l'intervention jusqu’à douze ans, c'est à l’analgésie locale qu'il faut avoir recours. La lèvre est adhérente, par un repli de muqueuse, au bord alvéolaire de la mâchoire. On fait,en ce point, une pelite injection el l’on libère la lèvre à petits coups de thermo-cautère. Lorsqu'elle est mobilisée, on insensibilise les deux bords de la fissure lalérale par une injection d’abord dans la peau, puis dans le muscle; la muqueuse à déjà été anesthésiée par lapplication d’un peu de ouate hydrophile imbibée de solution ; il ne reste qu’à aviver, à rapprocher les surfaces cruentées et à suturer.
La staphylorrhaphie et mème l'urano-staphylorraphie pourront être praliquées à la cocaïne, mais ce sera exceplionnel, surlout pour celte dernière, non à cause de l'étendue du lambeau
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qu'il faut mobiliser, mais surtout à cause de la difficulté de diriger laiguille dans là profondeur de la bouche et dans la trame épaisse du derme du palais. Nous avons pratiqué, en position de Rose, une staphylorrhaphie sous Panalgésie locale, et bien que le résultat ait été bon, en thèse générale, nous conseillons le chloroforme.
Il en est de même pour le cancer de la langue. Pour peu qu'il ne soit pas circonserit à la pointe, le chloroforme ou l’éther sont indiqués, parce qu’il faut opérer largement et ne pas craindre, au cours de l'intervention, de dépasser, s’il y a lieu, les limites qu’on s'était d’abord fixées. Mais si l’épithélioma est petit, à la pointe ou tout près de la pointe, la cocaïne est parfaite. J’y ai eu recours sept fois, quatre, il est vrai, chez le même patient, et d'année en année, pour une récidive, toujours avec un plein succès.
Un de ces maiades fut cocaïnisé par moi et opéré par le professeur Verneuil à l’anse galvanique. Il s'agissait d’un vieillard de 80 ans, et bien que l’épithélioma fût petit, la mastication commençait à devenir embarrassée, Le palient n’a pas éprouvé la moindre douleur et l’on ne peut pas dire que nous ayons, pour plus de facilité, imité le champ opératoire et sectionné en Uissu malade. Cette intervention date de huit ans et l'opéré vit encore. Autre fait : un médecin,
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atteint d’un cancer assez volumineux de la langue, nous est envoyé par notre collègue Charles Monod, car le patient redoute le chloroforme ; malgré son étendue, nous enlevons le néoplasme sans provoquer la moindre douleur ; malheureusement, au bout de peu de mois, l’épithélioma reparalssait. |
Enfin la cocaïne est indiquée pour l'extirpation des tumeurs ganglionnaires des régions parotidienne, sous-maxillæire, sus et sous-hyoïdienne. Mais toutes ces adéniles ne sont pas accessibles et lorsqu'il s’agit d’une masse formée par la fusion de plusieurs ganglions dégénérés, lorsque cette pléiade n’est pas superficielle et mobile dans le tissu cellulaire, l’analgésie locale est insuffisante; on doit avoir recours au chloroforme. La cocaïne n’est indiquée que lorsqu'il existe un ou deux ganglions hypertrophiés, sous la peau et sous l’aponévrose, et sans adhérence avec les tissus voisins. Dans ce cas, il faut anesthésier la ligne d’incision de la peau, saisir le ganglion avec une pince, l’attirer, et si en quelque point que l’on dissèque, le patient ressentait un peu de souffrance, le contenu de quelques seringues de Pravaz suffirait pour rendre l’'extirpalion indolore.
La trachéotomie doit être pratiquée à la co-. caïne; je parle de l'ouverture de la trachée chez ladulle. Suivant la future ligne d’incision, on