‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 5 sur 77 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, MARIE-LOUISE

marie-louise, sévèrement.

Eh bien, mesdemoiselles 1

toutes

La première !

(Elles vont se rasseoir et reprennent leur ouvrage.)

marie-louise, sévèrement.

C'est ainsi que vous travaillez quand je m'absente! En arrivant, j'entendais vos éclats de rire du bas de l'escalier. Comment avez-vous le cœur de plaisanter dans les moments que nous traversons I

zoé

Oh ! Mademoiselle, on peut bien rire un peu quand ça ne serait que pour prouver qu'on a confiance ! Nous autres, Françaises, nous devons avoir le sourire.

MARIE-LOUISE

Je veux bien que tu aies un peu raison. Mais à ce moment, la femme française, à quelque classe qu'elle appar-

tienne, se doit à son pays. Et si nous ne pouvons pas nous battre comme les hommes, nous devons chercher à soulager toutes les misères créées par la guerre. (Prenant gentiment . l'oreille de Zoé.) Tu me parais l'avoir oublié, toi, hier au soir ?

zoé

Vous dites ça parce que j'ai raté le cours où nous apprenons à être infirmières; c'est la faute du major.

MARIE- LOUISE

Vraiment !

zoé

Il m'a dit comme ça, l'autre fois, que j'étais trop gosse pour soigner les blessés, que je ne pouvais aspirer qu'à être de cuisine ! El pourtant pour faire un pansement il n'y en a pas dix comme moi !

MARIE-LOUISE

Je sais que tu as beaucoup travaillé à notre Conservatoiie des Mimi-Pinson, transformé en cours d'infirmières. Mais que veux-tu ? Si on te trouve trop jeune pour les salles de blessés, tu seras à la cuisine, voilà tout ! C'est aussi un poste d'honneur.

ZOÉ

Je demanderai à faire le jus, j'y ai la main ! (Rires.)

MARIE-LOUISE

Tu te rendras utile, j'en suis sûre I En attendant ne manque plus les cours !

Quand serons-nous infirmières, mademoiselle?

MARIE-LOUISE

Dès que nous aurons passé... heureusement, notre examen.

JEANNE

Et après, on ira au front ?

ZOE

Voir tomber les marmites. Pcchut ! Poum ! (Rir«.)

marie-louise, souriant.

Oh ! pas tout de suite. Avant de nous envoyer au front, on nous aguerrira. Nous irons dans des formations de convalescents ou de petits blessés. Mais en attendant ce jour, nous allons nous rappeler au souvenir des braves qui combattent pour nous défendre.

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