JEAN, 'BOURICHE, MARIE- LOUISE, LILI
(Dès que la scène est vide, après un petit temps, on voit arriver Bouriche qui entre à reculons en parlant aux deux poilus qui soutiennent Jean suspendu à leur cou et qui marche péniblement, tout pâle et les vêtements maculés en désordre.)
BOURICHE
Attention les p'tits gars... doucement... par ici... doucement, doucement... là... Ça y est ! On est arrivé. (Toujours aidé du poilu, il asseoit Jean dans un fauteuil rustique qui se trouve non loin de l'ambulance.) Vite, appelle le major, les infirmières, dépêche-toi ! (Le poilu entre vivement dans l'ambulance.) Ah ! les cochons ! dans quel état c'est qu'ils l'ont mis, avec leurs gaz asphyxiants ! Et dire que tout ça ne serait pas arrivé si je ne lui avais pas emprunté son fétiche!
lili, sortant.
Ah î c'est le lieutenant Robichon ! /
marie-louise, qui est entrée derrière Lili.
Jean ! mon Dieu 1
BOURICHE
Ne vous en faites pas, mademoiselle..., c'est les gaz.. , et le lieutenant a déjà été soigné au poste de secours du front.
On va lui donner quelques soins indispensables. Dans une heure il n'j paraîtra plus. (Elle fait signe au poilu qui est resté de l'aider à conduire Jean dans l'ambulance. Marie- Louise les suit lentement et anxieusement. La musique cesse,)
bouriche, pendant que Von emmène Jean.
Ah ! bon sang de bon Dieu de bois ! (// se flanque des coups de poing.) Bandit ! canaille ! crapule ! quand je pense que c'est de ma faute !
/ marie-louise, qui allait sortir, se retourne. De votre faute, Bouriche ?
bouriche, se reprenant.
Je n'ai pas dit...
MARIE-LOUISE
Pardon, j'ai bien entendu. Et maintenant vous vous êtes trop avancé pour reculer... Comment est-ce de votre faute?
bouriche, après une hésitation.
Eh bien oui, là ! C'est moi qui suis cause de tout. Vous savez, mam'zelle, que le lieutenant avait un fétiche qui lui avait sauvé la vie ?
marie-louise, nerveuse.
Oui, une cocarde enfermée dans un médaillon.
bouriche, précipitamment.
C'est ça..., comme moi, j'avais toujours la poisse, j'ai voulu essayer du fétiche, je l'ai emprunté au lieutenant.
marie-louise, atterrée.
Vous avez fait cela ?
Ne m'attrapez pas, je me le reproche assez ! Mais j'avisai un rendez-vous d'amour et l'amour ça fait toujours faire des bêtises... J'ai emporté le fétiche, comptant le rapporter un quart d'heure après... et... je l'ai perdu...
marie-louise, désespérément.
Alors, Jean... Monsieur Jean n'a plus rien pour le protéger?...
BOURICHE
Rien... aussi, depuis que nous sommes revenus, on en a une poisse...
MARIE-LOUISE, furicUSC.
Bouriche, votre conduite a été inqualifiable !
BOURICHE
Je me le dis tout le temps.
MARIE-LOUISE
Vous approprier cette cocarde qui ne vous appartenait pas, qui ne pouvait pas vous porter bonheur, puisqu'elle n'avait pas été faite pour vous...
bouriche, à part, .
Elle a produit son effet tout de même avec... Sophie !
MARIE-LOUISE
Bouriche, nous nous reverrons ! Cette affaire n'est pas réglée. (Elle sort.)