Comment fêter ce saint prélat, La gloire de Tapostolat
Qui, sans se livrer à l'extase, Est tout zèle, tout ferveur !
C'est de Xavier le successeur, L'émule du grand Athanase.
Tôt, tôt, tôt,
Il bat chaud ;
Tôt, tôt, tôt,
Son courage Est tout feu pour Touvrage.
4. Réunissons tous nos efforts Pour exprimer avec transports Le respect, la reconnaissance Que nous éprouvons en ce jour; Lorsque nous y joignons Famour, Tous nos cœurs chantent en cadence :
Tôt, tôt, tôt.
Battons chaud ; Tôt, tôt, tôt.
Bon courage Nous avons tous cœur à l'ouvrage.
5. Adran, c'est à vous que je dois, L'honneur qu'en ce jour je reçois.
Ah! si la majesté divine Exauce les vœux que je fais
Vous remplirez vos pieux souhaits.
Vous soumettrez la Cochinchine.
Tôt, tôt, tôt,
Battez chaud ;
Tôt, tôt, tôt,
Bon courage, Dieu couronnera votre ouvrage.
I-aOJK) RELATIF A LA COCHINCHINE, REMIS P.\R M. DE COSSIGNY AU MINISTRE DE LA MARINE. (OCTOBRE 1789.)
La révolution, qui a placé le roi de Cochinchine sur le trône fie SCS pères, nous invite à profiter des circonstances. Ce prince avaiL désiré former une alliance avec la France, dans la vue d'obtenir des secours pour rentrer dans ses États, et lui offrait le commerce exclusif de son royaume, et la propriété d'un port sur ses côtes ; nous ne ferons pas sentir ici tous les avanlapos d'une offrande aussi importante... Nous dirons seulement f|U*il est à craindre qu'une nation européenne ne prenne notre place, et cette seule considération doit nous engager à tenter ki^ moyens de la conserver. Dans les commencements d'une révolution, le roi de Cochinchine n'est pas assez affermi sur son In^ne, pour n'avoir rien à redouter des intrigues du parli qui lui est contraire, et qu'il n'a pas encore entièrement détruit. Il désire des secours de la part des Européens, et paraît incliner pour la nation française, quoiqu'elle l'ait abandonné, taiU sont fortes les préventions avantageuses que l'évêque d'Adïiin Loties autres missionnaires ont inspirées pour elle. Il sérail donc bien intéressant de paraître dans ce moment à la Coclîin chine, avec quelques secours, et de contracter avec le roi \m\}. alliance, qui nous donnât l'exclusif du commerce de ce rirlio pays, et la concession d'un port dans ses États. Une poignée de monde suffirait pour nous procurer ces avantages. On aura peine à se persuader l'influence que donnerait aux affaires politiques du royaume un détachement de quelques centaines dhommes ; elle n'en est pas moins certaine pour ceux qui connaissent le génie, les mœurs, et l'opinion exagérée des Gochinchinois pour les Européens. Quel que soit le succès que Ton s'en promette, il paraît impossible, dans l'état actuel où nos finances sont réduites, que le gouvernement se prête aux
dépenses nécessaires à une pareille tentative. L'on peut y suppléer par d'autres moyens, et Fobjet de ce mémoire est de les exposer. Il s'agirait de prêter gratuitement pour trois ans et demi aux négociants accrédités et qui méritent toute confiance, deux flûtes et une corvette du roy, à la charge de les armer à leurs frais, et de prendre, aux îles de France et de Bourbon, un détachement de deux cents hommes 'de troupes réglées et de cinquante d'artillerie, avec des munitions de guerre et de bouche, et de les transporter à la Cochinchine. Ces bâtiments, inactifs dai^ les ports de France, ne dépeùseraient pas davantage à la mer. Les troupes sont soldées et entretenues à l'île de France, et coûteraient même un peu moins à la Cochinchine. Ainsi il n'y aurait nulle augmentation de dépenses pour l'État dans cette expédition, il serait permis aux négociants auxquels elle serait confiée de charger pour leur compte les bâtiments qui leur seraient prêtés ; mais ils ne pourraient refuser à l'Ile de France l'embarquement des troupes et des munitions de guerre jugées nécessaires à l'expédition, sans aucune stipulation de prix pour le fret. D'un autre côté, après avoir déposé les troupes et les munitions de guerre à la Cochinchine, les mêmes flûtes seraient libres de retourner aux îles de France et de Bourbon, d'y prendre un chargement en denrées du cru de ces îles, et de faire leur retour, soit en France, soit à la Cochinchine. Si les armateurs jugeaient à propos d'envoyer une seconde fois de France à la Cochinchine les mêmes bâtiments, ils en seraient les maîtres, sans autre condition que celle de les armer, et de les chargera leur frais, sinon ils les livreraient au roy, dans le port de Lorient où ils auraient été obligés de faire leur retour. Dans le cas où le roy de Cochinchine refuserait les secours qui lui seraient adressés, les mêmes bâtiments seraient obligés de ramènera l'île de France les troupes et les munitions de guerre qu'ils auraient transportées, sans aucune stipulation de fret. On accorderait aux armateurs, pour les dédommager de ce deuxième I 3i
transport, la disposition des mêmes flûtes pendant mie année de plus que le terme fixé ci-dessus ; mais on doit supposer avec fondement que ce dédommagement n^aurait pas lieu et que nos troupes seraient bien accueillies. Par ce moyen, il n'en coûterait rien à FÉtat, pour faire une tentative dont le succès paraît certain, [et qui lui procurerait, par la suite, les plus grands avantages. Cette mesure prévoyante ne pourrait qu'être bien accueillie de la nation, qui verrait le ministère s'occuper, dans le moment des plus grands embarras, des moyens de contribuer à la prospérité publique. La crainte de donner de la jalousie aux Anglais pourrait n'être pas fondée. Peut-être qu'un armement aussi faible ne leur inspirerait pas d'ombrage, et ne leur ferait pas naître le soupçon du projet que nous aurions de former un établissement à la Cochinchine, ou même, ils pourraient se persuader qu'ils viendraient aisément à bout de le conquérir, à la première guerre, et que nous ne travaillons que pour eux. On présume qu'ils craindraient que nous pourrions de là inquiéter leur commerce à la Chine, devenu très important depuis la dernière guerre. Il faudrait, pour y réussir, que nous eussions dans le voisinage des forces très considérables, puisqu'ils envoient annuellement trentecinq à trente-six vaisseaux à Canton. Qui sait même s'ils ne désireraient pas d'attirer, dans cette partie de l'Asie, tout le feu de la guerre, pour l'éloigner de leurs possessions des Indes et du Bengale? D'un autre côté, en confiant cette expédition à des vaisseaux de commerce, il serait facile de la tenir secrète, jusqu'au moment du succès. Les Anglais ne pourraient donc en avoir des nouvelles en Europe qu'au bout de dix-huit mois. D'ici à ce temps-là, les affaires de la France, auront sans doute pris une assiette tranquille. Quoi qu'il en soit, on finit par observer que la France est, de toutes les nations commerçantes de l'Europe, celle qui aie moins d'établissements et de comptoirs dans les Indes-Orientales*
Pour copie : Cossigny.
RAPPORT DU DÉPUTÉ MONNERON A l'aSSEMBLÉE NATIONALE. (1791.)
Messieurs,
Si vous encouragez, si vous protégez le commerce de l'Inde, vous provoquerez nécessairement les armements : ce commerce est susceptible d'une très grande extension, soit dans ses relations avec la France, soit dans le pays même. Les matières premières abondent dans toute l'Asie; les échanges se font avec succès. Ce serait la matière d'un très grand mémoire, que de vous développer l'étendue et l'importance de ce vaste commerce. Une circonstance très heureuse nous ouvrait tous les ports et toutes les ressources de la Cochinchine ; le souverain du pays, obligé de fuir devant un usurpateur, avait envoyé en France son fils unique, comme le gage des traités que Mgr l'évêque d'Adran, à qui il avait confié le sceau de l'empire, ferait avec nous; il était question de quelques faibles secours, qui existaient aux Indes en hommes et en vaisseaux. Jamais l'impéritie d'un ministre n'a frappé d'une manière plus funeste sur les intérêts commerciaux d'une nation. Au lieu d'adopter un projet, dont la France devait recueillir de si grands avantages, il crut devoir laisser à M. de Conway la liberté d'exécuter ou d'abandonner ce projet. Ce gouverneur, nouvellement arrivé aux Indes, n'ayant aucune notion de nos intérêts dans le pays confié à son administration, se détermina, contre le vœu et les instances de la colonie, à abandonner Mgr l'évêque d'Adran à ses propres ressources, L'amour de ses peuples a remis Tempereur en possession de son trône. Le gouvernement français n^a pas eu la gloire d'avoir contribué à cet événement; mais Mgr l'évêque d'Adran, distinguant les inconséquences d'un ministre des intérêts de la nation, n'en est pas moins '^disposé à employer son cré*
dit, ses talents, ses ressources, pour nous obtenir tous les avantages que nous pourrons désirer, <ïans un pays dont la population est immense, qui a des pwis excellents, et qui offre la réunion abondante de toutes les productions de la Chine et des Indes. Voilà, dira-t-on, des espérances bien séduisantes; mais si nous encourageons le commerce de Flnde, qui nous présente déjà une masse imposante [de trente millions d'affaires par an, n'exposons-nous pas nos vaisseaux et nos richesses à devenir la proie de la supériorité que les Anglais ont dans les Indes? C'est une question politique que je vous laisse à discuter ?