LETTRE DU ROI GU-LONU AU GOUVERNEUR DE MANILLE
Le roi de Cochinchine et du Tong-king^ à Son Excellence do?i Aguilar, gouve^meur général des Philippines, pour que Son Excellence soit instruite de ce qui suit, à sçavoir :
Nos armées navales et de terre ont été, Tan dernier, faire la guerre au Tong-king; nous y avons pris le rebelle Van-toan^y qui avait usurpé le titre de roi, avec tous ses officiers. Nous nous sommes aussi emparés de tout ce royaume.
Mais, dans le sixième mois de Tannée dernière (juillet 1802), notre armée navale envoyée au Tong-king, après notre départ pour le dit royaume, a été accueillie d'une furieuse tempête qui Fa toute dispersée ; elle montait, en galères grandes et petites, à plus de cent ; elles sont toutes rentrées dans nos ports ; mais douze grands vaisseaux n'ont pas reparu; nous n'en avons jusqu'ici aucune nouvelle certaine. Seulement on nous a dit que quelques-uns d'eux avaient été portés sur les terres précieuses des Philippines. En ce cas, permettez-nous de prier Votre Excellence de vouloir bien fournir aux officiers et soldats des. dits vaisseaux ce dont ils pourront avoir besoin, et de
2. (Test le dernier roi des Tay-son, dont le nom de règne était Canhthanh.
Digiti
leur procurer un passage pour Macao, où ils seront remis au gouverneur de celte ville, qui voudra bien prendre les moyens nécessaires pour les renvoyer en Cochinchine. Si Votre Excellence a la bonté de tirer ces infortunés de Tétat déplorable où ils se trouvent, ce sera un bienfait qui s'imprimera profondément dans notre cœur, nous en conserverons un éternel souvenir, comme étant fait à nous-même, que vous considérez dans la personne de nos sujets. Nous avouons que rien ne peut égaler un tel bienfait, et que les pierres même les plus précieuses lui sont bien inférieures.
Telles sont les paroles de cette lettre. Le 20® jour du 2" mois de la 2e année de notre règne (mars 1803).
LETTRE DU ROI DE COCHINCHINE A M. JOSEPH MANUEL PINTO, COLONEL, GOUVERNEUR DE LA VILLE DE MACAO
Nous avons recouvré notre ville royale de Phu-xuân*. Vaîi-toarij qui avait usurpé le titre de roi, a pris la fuite, et s'est retiré à sa ville royale du Tong-king. Le 17 du S« mois de l'année dernière (juin 1802), nous avons envoyé trois de nos plus grands mandarins, pour faire la guerre au royaume du Tong-king... L'armée de terre s'est emparée de la ville royale du Tong-king, que l'usurpateur Van-toan avait abandonnée, pour prendre la fuite. Le peuple, s'étant attroupé sur son passage, s'en est saisi, ainsi que de ses frères et des mandarins qui étaient à sa suite, et nous l'a livré. Nous avons pris sur les rebelles un nombre très considérable d'éléphants, de chevaux, de vaisseaux, de galères, d'armes, de provisions de bouche.