PARIS IMPRIMERIE NATIONALE
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR, RUE RONAPARTE, 28 MDCCCCIII
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Le patriarche Nicéphore enseignait que «l'image possède, sous une forme plus grossière, mais plus expressive, la puissance de l'Evangile (1) » : notre Section se trouvait ainsi désignée pour accueillir une collection d'art chrétien. L'art du Christianisme est dans son essence, comme celui de l'ancien Orient, un langage, une écriture : avec des gestes et des attitudes l'Eglise sut composer une catéchèse muette, un symbole, qu'il nous appartient de présenter et de traduire.
Ce langage, il est vrai, l'Eglise ne fut point seule à le parler. Au lendemain même du triomphe, assurée que «le cœur des rois est dans la main de Dieu (2) », elle accepta le goût de ses protecteurs avec leurs largesses; elle copia dans les maisons de prière le luxe des palais et modela son imagination sur les splendeurs officielles. Dès lors l'art religieux, surtout en Orient, marcha sans cesse aux côtés de l'art civil, tantôt pour prendre, tantôt pour donner. S'il nous a laissé des œuvres plus nombreuses, mieux préservées par leur sainteté, s'il put exploiter un domaine plus large, il ne posséda ni l'indépendance, ni la suprématie, en sorte qu'on ne peut pas plus l'isoler de l'art civil que la religion même de la vie sociale.
Or cet art nouveau, moins soucieux de la beauté que de l'idée,
M Pitiu, Spicilegium Solesmense, t. I, p. h 6 3.
W Marci Diaconi Vita Porphyrii episcopi gazensis , ^5 (éd. Teubner, p. 63, 1. 5). Prov. a 1.1.
chargé d'exprimer, tantôt la puissance du souverain, tantôt la certitude du dogme, par le luxe de la matière et la gravité des compositions, fut la création d'une société formée par le réveil politique de la race grecque et des populations orientales, et qui a grandi avec le Christianisme, le marquant de son empreinte autant qu'elle a reçu la sienne. Cette société gravita, d'abord, au IV e siècle, autour des grandes cités hellénistiques, Alexandrie et Antioche; puis, au V e et surtout à partir du vi e , autour de Constantinople.
Ainsi entendu, l'art byzantin exprime à nos yeux un large et profond mouvement de pensée. Il prit ses premiers éléments non seulement à Rome, mais surtout à la Perse sassanide et à l'Orient hellénistique, qui avaient continué ou ressaisi leurs anciennes pratiques* Sur le sol vierge d'une cité neuve, il fondit ces traditions dépaysées en un style nouveau. Puis, après le vi e siècle, il accrut ses richesses et son prestige par des échanges constants avec les populations orientales, détachées de l'Hellénisme par l'hérésie monophysite, armées contre lui par l'Islam. Enfin il rayonna à l'Est et au Nord, chez les Arméniens, les Géorgiens, clients de Byzance, surtout chez les Slaves orthodoxes, ses fils spirituels.
En Occident, son influence fut très lointaine. A la suite des colonies de marchands syriens, elle pénétra dès le v* siècle sur les bords de l'Adriatique, à Rome, dans l'Italie méridionale, en Afrique; plus tard encore elle agit sur la miniature irlandaise et carolingienne, aux origines de l'art roman. En Italie, elle ne cessa de soutenir l'art local jusqu'à la géniale rupture de Giotto. On a pu contester son action, peut-être faute de connaître assez ses ressources. En tout cas la «question byzantine» domine l'histoire de l'art en Europe pendant près de dix siècles.
Ainsi l'art byzantin est inséparable de l'art chrétien, non comme un simple rameau vivace, mais comme la greffe féconde qui a transfiguré toute la frondaison. Cette remarque justifie notre titre. Elle détermine aussi notre cadre : Byzance fournit le noyau qui groupe les œuvres connexes non seulement du Christianisme pri-
mitif, des autres chrétientés orientales, mais encore de la Perse sassanide, de l'Orient hellénistique, de l'Islam et de l'Occident; qui fixe autour d'un centre le vaste mouvement d'art contemporain du Christianisme, comme lui manifestation puissante du conservatisme oriental, enserrant dans les symboles et les formules l'imagination comme la pensée de la Grèce.
A l'heure présente, notre collection est loin de remplir ce large programme, Les œuvres connexes sont encore peu nombreuses autour du noyau byzantin, qui, lui, est déjà fort consistant. Aussi bien n'est-elle pas sortie d'un programme : comme tout ce qui grandit et prospère , elle est née d'une rencontre heureuse. H y a douze ans, lorsque je partis pour Athènes, préoccupé des origines chrétiennes, M. Homolle s'inspirant des initiatives d'Albert Dumont, qui avaient suscité l'œuvre maîtresse de M. Bayet, continuée plus tard par M. Diehl, m'attira vers l'art de Byzance et proposa à mes premières recherches les belles mosaïques de Daphni, puis les peintures de Mistra , ces chefs-d'œuvre qu'au temps des Paléologues une grande cité, épanouie en un jour, a 6xés au milieu des ruines , sur un escarpement du Taygète. Ces chefs-d'œuvre étaient inconnus et l'on disait que les Croisés avaient tari la sève de l'art byzantin, alors qu'au contraire, loin de la cour et des grandeurs, le génie grec paraissait renaître au culte de la beauté. Les photographies le Mistra intéressèrent. M. Henri Eustache, architecte, alors à la villa Médicis, répondit à l'appel de M. Homolle et vint préparer en 1895 et 1896 ces fortes études, qui depuis, au Salon de 1902 , ont contribué à lui valoir la médaille d'honneur. En même temps le directeur des Beaux- Arts, M. Roujon, encouragé par M. Magne qui avait pu apprécier les originaux , chargeait M. Louis Yperman de copier les plus beaux morceaux pour les Monuments historiques, et les très habiles aquarelles de ce peintre, exposées à l'Ecole des Beaux- Arts dès son retour, obtenaient le plus vif succès. Ainsi des collaborateurs de grand talent avaient assuré à ma monographie de Mistra
une illustration brillante. Alors un ami, artiste lui aussi, me suggéra l'idée de grouper autour de leurs œuvres une collection byzantine.
L'idée fit fortune. Au Ministère, à l'Académie des inscriptions, h la Sorbonne, mes maîtres, MM. Bayet, Homolle, Schlumberger, Lavisse, soutinrent le projet de leur chaude sympathie et de leur grande autorité. La création fut décidée en principe. Il fallait d'abord accroître ce premier fonds. En 1898, la Direction des Beaux-Arts et l'Académie me donnèrent un nouveau collaborateur, un peintre, M. Jules Ronsin, qui, pendant près do six mois, au Mont-Athos, à Salonique, à Daphni, enfin, avec le précieux concours de M. Pierre Roumbos, à Mistra, travailla à mes côtés, pour l'œuvre entreprise, avec autant de dévouement que de talent. Dans l'intervalle, M. Homolle chargeait M. Léon Ghesnay d'accompagner M. Joseph Laurent à travers le Peloponèse, d'où il rapporta ses charmants relevés de Nauplie, Monemvasie et Samari. Nous étions dès lors assez riches pour mériter à l'Exposition de 1900 une médaille d'or, puis, l'Exposition close, pour réaliser enfin nos espérances. MM. Gréard et Groiset avaient d'abord songé à nous réserver une des salles de l'Université; enfin ce fut l'Ecole qui nous ouvrit les siennes. Les Monuments historiques et l'Académie des inscriptions nous confièrent leurs documents; et M. Liard, avec sa bienveillance si clairvoyante et si ferme, institua la Collection, en la rattachant à ma conférence. Le 5 janvier 1901 une note du Bulletin critique, reproduite ensuite par la Byzantinische Zeitschriji (X 378), en indiquait la composition et le caractère.
Depuis ce temps, quelques crédits du Ministère et de l'Académie m'ont permis de l'enrichir encore, soit au cours d'une mission en Italie et surtout en Istrie, à Parenzo, où Ton m'a confié le soin de terminer les belles fouilles qui ont mis au jour, au-dessous de la basilique du vi' siècle, les pavements superposés des deux basiliques primitives; soit à Paris même par la copie des aquarelles qu'au nom de la Société orthodoxe palestinienne m'avait si libéralement communiquées le regretté M. Khitrovo. D'autre part le général
de Beyiié réservait à nos études quelques-unes des générosités qui ont fait du Musée de Grenoble un des plus riches de France. Il ne se contentait pas de publier son beau livre sur l'habitation byzantine; il subventionnait aussi une nouvelle mission de M. Chesnay, qui accompagna M. Perdrizet à Salonique, à Serrés, à Melnic et me chargeait de faire reproduire en entier pour la Collection et pour les Monuments de F Art byzantin, par l'aquarelle, le dessin et la photographie, un riche et précieux manuscrit qui nous révèle la peinture d'histoire byzantine, le Skylitzèsde Madrid. Enfin M. Schlumberger nous offrait quelques-uns des dessins originaux de sa Sigillographie et de son Épopée, et je remettais à la Collection ceux de ma monographie de Daphni que je tenais de l'Ecole d'Athènes, des artistes ou de mon éditeur.
Ainsi nous avons pu réunir, sans compter les relevés Eustache, qu'il nous faut attendre encore un peu, près de 4oo croquis ou dessins au trait et surtout 1 1 1 aquarelles ou copies à l'huile dont 45 appartiennent aux Monuments historiques W, 8 à l'Académie des inscriptions^ et 6 à leur auteur, M. Ghesnay, qui veut bien, avec sa bonne grâce toujours dévouée, prêter à la Collection le meilleur de son travail en Macédoine. Les morceaux les plus intéressants font à nos trois salles un décor original. Sans doute ils charmeront qui daignera s'aventurer au milieu de nos bancs, le samedi matin ou dans la semaine entre deux conférences. Tout au moins ils l'instruiront en retraçant à ses yeux les progrès et les variations du style byzantin, non seulement dans l'architecture, car la colonnade de Saint-Démétrius à Salonique contraste avec les pittoresques coupoles du Péloponèse, dans la mosaïque de pavement, très largement représentée (Parenzo, Palestine, carte de Médaba), mais surtout dans les monuments figurés. Au v e siècle, le chrisme d'Albenga cerclé de colombes, les brillants décors architecturaux de Salonique et du Baptistère orthodoxe, le noble Bon
W Yperman, Ronsin, Ghesnay (Péloponèse).
W Ronsin.
Pasteur de Galla Placidia le montrent encore engagé dans la symbolique primitive ou la tradition hellénistique. Au vi*, l'hémicycle de Parenzo, le portrait de Maximien à Saint-Vital, d'Eusèbe et d'Ammonios en tête des canons de Rabula en marquent le premier triomphe, la solennité simple et vigoureuse. Au vni 6 , à Damas, dans la mosquée des Ommiades et le turbé de Malek-Dagher, les architectures décoratives, fragmentées, simplifiées avec quelque sécheresse, mêlées aux arbres des anciens «paradis», annoncent l'œuvre des Iconoclastes. Au ix e et au x«, l'Orthodoxie triomphante illustre d'un pinceau alerte, avec beaucoup de naturel, de verve et d'esprit, le Pantocrator 61, le meilleur représentant du célèbre psautier Chludov, tandis que les princes macédoniens encouragent en tête de psautiers plus luxueux l'imitation des idylles alexandrines (Vatopédin 609, réplique du célèbre Psautier de Paris). Vers la fin du xi*, une élégance soignée, un peu froide, une recherche souvent heureuse du mouvement et du caractère, un sentiment raffiné de la couleur distinguent les mosaïques de Serrés et de Daphni, le psautier du Pantocrator n a 49 (de l'année 1 086), les Prophètes de Florence, enfin la Crucifixion de Vatopédi, une petite icône, en fine mosaïque aux tons puissants, encadrée des «douze fêtes» repoussées et dorées, le joyau de nos vitrines. Mais c'est la « Renaissance byzantine » qui fait la richesse et l'originalité de la Collection. Au xn* siècle, à Mistra, elle retrouve la vigueur des portraits de Ravenne, la majesté des processions solennelles (Divine liturgie), l'ordonnance savante et pittoresque des anciens rouleaux développant avec élégance, au-devant d'architectures pompéiennes, tendues de voiles rouges, le récit de saint Luc. Elle traite aussi les miracles du Christ en des compositions très simples, d'un coloris sobre, d'un dessin solide et expressif . Une main hardie et sûre sait tracer des morceaux d'une noblesse classique comme le Christ sur le Thabor ou les anges qui l'enlèvent au ciel , tandis qu'elle anime, sur les mêmes murs, la légende de la Vierge et l'histoire de Jésus de toute la grâce aiexandrine : attitudes fami-
lières, bergers couronnés de pampres, danseuses, jeux d'enfants. Au xvi e siècle, au Mont-Athos, la même école s'est complu au même contraste d'aisance grave et de pittoresque riant, comme pour réunir dans sa dernière floraison les mérites opposés des deux grandes époques de l'art grec.
Les dessins et aquarelles appelaient des estampes. M. Th. Graf nous a offert ai héliogravures de ses célèbres portraits du Fayoum, premiers modèles de l'iconographie byzantine; M. Bayet et moi y avons joint toutes les images de sainteté recueillies au Mont-Athos et en Russie.
Les aquarelles appelaient aussi des moulages. Sur le fond blanc de nos vitrines, tapissées avec des estampages d'inscriptions ou de reliefs < l) , leurs tons délicats ou puissants se marient à la fine patine des plâtres, qui reproduisent plus de 4oo médailles, environ 60 bronzes, stéatites ou ivoires. Toutes ces richesses nous ont été données par M. Bayet, M. Schlumberger, surtout par M me la comtesse R. de Béarn , dont la baguette de fée a par enchantement rempli nos rayons avec les plus intéressants ou les plus beaux moulages de la maison Elkington , depuis le diptyque des Symmaques, l'ange du British Muséum et la lipsanothèque de Brescia jusqu'aux élégants coffrets à bijoux, où se jouent les belluaires de l'hippodrome et les héros de la fable.
Ainsi se réalisaient nos vœux les plus chers. Notre ambition n'osait rêver de monuments originaux en dehors de quelques cubes de mosaïques et d'infimes fragments de peintures. Mais la fortune sourit aux modestes : M. Perdrizet a pris l'initiative de nous offrir un moule de lampe trouvé à Sidon. Maintenant la voie est ouverte.
Avec l'attrait d'un petit musée, notre Collection offre aux recherches un instrument précieux. Des livres, des tirages à part
(*) Rapportés de Daphni, de Mistra, du Mont-Athos, de Citlanova en Istrie, etc. Nous devons à M. Michon les estampages d'une plaque incisée du Louvre (fragment de la Vie du Christ) et d'un relief figurant Daniel entre les lions.
gracieusement offerts et surtout près de 4,5 oo photographies font de notre conférence un véritable « séminaire ». Nous avons mieux : la moitié de ces photographies proviennent de nos propres clichés, et ces clichés, préparés pour fournir des épreuves à tous, constituent un véritable organe de science.
Ici encore les plus généreux concours ont assuré le succès. Les 3,4 oo photographies d'origine étrangère ont été acquises presque toutes par dons ou échange. Au premier jour, la Société impériale orthodoxe palestinienne , en nous offrant toutes ses séries chrétiennes, nous dotait avec une magnificence que nous pouvions seulement reconnaître en restant ses obligés. Du coup se constituaient les albums de la Palestine, de la Syrie centrale, complété par M. Perdrizet, de Constantinople, parle Père Petit, d'Athènes, des miniatures d'Orient (Jérusalem et Smyrne). Puis le général de Beyliése chargeait de Ravenne et de Spalato, M. Schlumberger des mosaïques de Venise et de Sicile; M m6 la comtesse R. de Béarn, M. et M me Paul Errera complétaient les Elfenbeinwerke de M. Graeven, acquis par échange grâce au concours de notre Ecole; un autre échange nous valait l'album du Mont-Athos de M. Kondakov; MM. Clédat et Laurent nous confiaient leurs photographies inédites d'Egypte, de Grèce et des Balkans, en attendant d'incorporer les clichés à la Collection; moi-même je donnais celles du Sacro Speco (collection du Monastère) et de Trébizonde achetés au cours de mes voyages. Enfin M. Schlumberger me réservait en dernier lieu une surprise charmante : tAo photographies qui ont servi à l'illustration de son Epopée, toutes collées, toutes prêtes à passer sous les yeux de mes auditeurs. Nous devons aussi quelques photographies à MM. Bayet, J. Smirnov, Jean Ebersolt, au Père Kaas.
Ce chapitre, si riche déjà est pourtant loin d'être complet : à chaque jour suffit sa tâche. Aussi l'avons-nous réservé afin de pouvoir mieux tout d'abord mettre en œuvre nos clichés.
Ces clichés proviennent en majeure partie (i,685 sur 2,093) de
mon séjour à l'École d'Athènes et des missions qui l'ont suivi. L'archéologue qui défriche un domaine neuf doit payer de sa personne s'il ne veut point épuiser et lasser les largesses officielles. Les monographies bien documentées se préparent sur les échafaudages et devant la lanterne rouge. D'autre part, au cours des voyages, la curiosité, l'habitude amassent aussi, sans dessein précis, pour l'étude. Puis le long effort de la mise en œuvre, la solidarité dans l'étude des grandes questions écartent le souci jaloux de l'inédit et font rechercher une publication d'attente. L'épreuve photographique, dûment étiquetée, est la plus pratique pour les documents très nombreux et de débit restreint. Au surplus, elle n'est point tout à fait déclassée par le livre : sa mobilité se prête mieux à certaines études, surtout à l'enseignement ; sa précision et sa sincérité, qui défient la plus fine héliogravure, sont nécessaires à toute reproduction nouvelle, en font une véritable minute qui doit demeurer dans des archives.
Ainsi j'ai classé et ouvert les archives de mes missions : je livre en même temps Daphni qui a paru, Parenzo qui s'imprime, Mistra et Skylitzès qui suivront j'espère assez vite, et le reste qui aura son tour; je donne même les premiers éléments d'un Corpus des miniatures , analogue aux Elfenbeinwerke de M. Graeven. J'ai fait mieux encore. Les forces d'un homme ont leur limite; c'est le travail commun qui nourrit les œuvres vivantes. La souple formule inscrite sur les clichés a déjà groupé autour de ce noyau de précieuses collaborations: en enchâssant le nom de chacun dans l'unité du titre et du numérotage , elle garantit son droit d'auteur, le privilège de sa propriété littéraire, car tout acquéreur de l'épreuve est tenu de le mentionner, en même temps que la Collection, dans les références et de s'abstenir de toute reproduction sans son aveu. Ainsi, par exemple, on aura la très agréable surprise de trouver reproduit le bel album du Sinaï, constitué en 1881 par M. Kondakov et tiré seulement jusqu'ici à deux ou trois exemplaires. D'autre part, les nombreux clichés rapportés par
M. Emile Bertaui de l'Italie méridionale désignent notre Collection comme le centre qui parait appelé à grouper les œuvres des missions françaises touchant à l'art chrétien et byzantin. Elle grandira donc par sa force attractive, puisque ses racines ont déjà franchi les limites de mon propre champ pour puiser la sève dans l'initiative et la libre activité de tous.
Tel est notre œuvre. Ceux qui l'apprécieront voudront bien se joindre à nous pour remercier avec la forte et sobre sincérité du travail reconnaissant tous les protecteurs et amis qui l'ont soutenue, et tout d'abord l'École d'Athènes notre initiatrice,
Et la Grèce ma mère où le miel est si doux.
Gibriil MILLET.
Je publie ici même le catalogue de dos clichés. On obtiendra des épreuves en adressant une demande à M. Gabriel Millet, maître de conférences à l'École des hautes études, à la Sorbonne, Paris, 5'.
Quant au catalogue des autres documents, on le trouvera manuscrit à l'École. Je me tiendrai d'ailleurs a la disposition des visiteurs pendant une heure avant ma conférence d'archéologie, c'est-à-dire, actuellement ,1e samedi matin de 9 h. i/a à 10 h. 1/*,
Je fais appel au bon vouloir de tous ceux qui possèdent des clichés pouvant entrer dans notre cadre , et les prie de me les confier pour les incorporer à la Collection , ou tout au moins pour en faire exécuter des doubles. J'insiste surtout auprès des éditeurs : ils feraient œuvre utile, en nous réservant les verres qu'on a la fâcheuse habitude de détruire après les avoir utilisés dans une publication.