LA JUSTICE ET LA VENGEANCE DIVINE POURSUIVANT LE CRIME
Dans un site sauvage, qu'éclairela lune, le meurtrier, vêtu d’une tunique jaune et d'un manteau noir, un poignard à la main, s'éloigne vers la gauche en tournant la tête. La victime, nue, gît au premier plan, les bras en croix. Dans les airs planent, les ailes ouvertes, la Vengeance, en robe verte, portant dans la main gauche une torche enflammée et avançant l’autre main pour saisir le coupable, et la Justice, en robe rouge, au visage grave, qui tient la balance de la Loi et le glaive vengeur.
Torre. Haut. 1 m. 62. — Larg. 1 m. 92.
Collection du comte de Sommariva. Vente à Paris, février 1839, n° 5 du catalogue.
Cette composition a été gravée par Roger, Gelée, Normand, et lithographiée par Moitte et Martin Lavigne.
Reproduit dans Zeæ Arlw, année 1907, n° 67, page 24.
Esquisse du grand tableau (h. 2 m. 43, 1. 2 m. 92) conservé au Musée du Louvre, qui possède également un dessin du maître (crayon noir rehaussé de blanc) de la Justice et la Vengeance divines poursuivant le Crime.
« Couvert des voiles de la nuit, dans un lieu écarté et sauvage, le Crime cupide égorge sa victime, s'empare de son or et regarde encore si un reste de vie ne servirait pas à déceler son forfait. Il ne voit pas que Némésis, cette agente terrible de la Justice, le poursuit, va l’atteindre et le livrer à son inflexible compagne. Tel est le tableau que je me charge de finir dans l’espace de dix mois. » Lettre de PRUD'HON au Préfet de la Seine, 5 thermidor, an XIII.
« . Nous ne savons rien de plus beau et de plus grand style, dans aucune école, que ces deux déesses qui glissent d’un élan si fier et si tranquille à travers l'air bleu de la nuit, rien de plus dramatiquement sinistre que la silhouette de l'assassin et de plus touchant que la victime. » TH. GAUTIER.
« Le tableau (conservé au Louvre) commandé par M. Frochot pour la salle de la Cour criminelle du Palais de Justice, fut exposé aux Salons de 1808 et de 1814. Il figure sous le n° 21 dans les prix décen-
naux de 1810. Placé dans la salle des Assises, il y resta jusqu’en 1815, année dans laquelle il fut remplacé par un Christ. Redemandé par l'artiste, qui y attachait beaucoup de prix et tenait à l’avoir en garde, ce tableau fut conservé quelque temps chez lui, puis passa dans la Galerie du Luxembourg, où il demeura jusqu’en 1823. En 1826, la Ville le céda en échange de quatre tableaux de MM. Vinchon, Tardieu, Delassus et Justin Ouvrié….
Une répélition un peu réduite de ce tableau vendue après le décès de Prud’hon 900 francs, puis à la vente de Sommariva 1.100 frs, a passé de la collection de M. Thévenin dans celle de M. Chaix d’Est- Ange. Cette répétition non terminée, — et oùuilya des parties encore non couvertes de peinture, comme le pied de la Justice — a été préparée par M" Mayer pour les figures, par M. Carrier pour le paysage et reprise entièrement par Prud’hon.» E. DE GoNcourT, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, dessiné et gravé de P.-P. Prud'hon, page 165, Paris, 1876, Rapilly.
Cité par CH. BLanc, Hisloire deæ Peintrew de toutes le& Écoleæ, page 23, École française, tome III : … « Réduction non terminée, mais où l’on retrouve une mâle énergie. »
Catalogué par Jean Guiffrey, L'œuvre de P.-P. Prud'hon. Paris, A. Colin, édit., 1924, in-8°, p. 132, n° 363, avec cette note : « Colorations claires ; excellente conservation. »
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PRUD'HON (Genre de PIERRE-PAUL)