ACTE II
HORACE, qui regarde depuis quelques moments du e6té de ia euisioe.
rialt-il?
SYLVIE
Qu’avez-vous?... Vous sembleztout préoccupé?...
HORACE
Pardon!... une distraction involontaire... *
SYLVIE
Le souci de mon dîner peut-être?
HORACE
Mon Dieu, oui !
Ne soyez pas en peine... mon médecin me fait une loi de la sobriété... Que vous disais-je?... Ahl... je vous demandais si vous n’aviez pas connu Amynte?
HORACE
Je m'en souviens vaguement.
SYLVIE
Comment la trouvez-vous?
HORACE
Je ne l’ai jamais regardée.
SYLVIE
Eh bien! tout Florence a les yeux sur elle!
HORACE
C’est que tout Florence la regarde, comme un beau tableau, pour la façon dont elle est peinte.
SYLVIE, souriant.
Vous croyez?
HORACE
Assurément.
MaItRE JEAN, àpart,
n parait que nous avons plus d’esprit que de vaisselle.
SYLVIE, à part.
Comment n’avais-je pas apprécié plus tôt les qualités du seigneur Horace?... (Haut.) Saviez-vous qu’elle eût un perroquet?
Non, madame.
SYLVIE
Une affreuse bête, qui dit des impertinences dans toutes les langues, et qui s’attire parlé une telle considération qu’oii
no saurait dire si l’on courüso le perroquet pour la dame on la dame pour le perroquet.
HORACE, se tournant de nouveau du edté de la cuisine et avec distraction.
C’est incroyable I...
STLVIB.
Avouez que le monde est Itien léger, et qu’il faut recourir à d’élranges moyens pour attirer ses hommages. — Ce perroquet a fait de sa maîtresse la reine de Florence, et si je ne trouve un phœnix pour la combattre avec ses propres armes, je dois renoncer à la lutte et lui céder le pas !...
HORACE, à lui-même.
Pauvre Sylvie !
MAÎTRE JEAN, à part, avec indignatJoa.
Pauvre Syîvie !
SYLVIE, ae kvant.
Vous dites?
Veuillez me pardonner, madame;il me semblait entendre...
SYLVIE
Quoi donc?
HORACE
Le cri d’un oiseau.
SYLVIE, souriant.
Et cela VOUS fait pâlir?
HOttACE.
C’est une faiblesse dont je ne puis me défendre, et certains cris me frappent malgré moi d’une terreur superstitieuse... Mais puisque mon pauvre repas se fait encore attendre, ne me direz-vous pas enfin quel est l’objet de votre visite, et quoi service vous attendez de moi !
SYLVIE, àpart.
J’aurais mieux aimé qu’il le devinât. ~ {Haut.) Me promet* teZ'Vous au moins de ne pas me trouver ridicule?
nORiCB.
Alil madamo!
^ SYLVIE
Eh bien!... Mais non, quand nous aurons dîné, (a part.) Je ne puis surmonter la honte que j’éprouve à lui faire ma demande.
HORACE, àpart,
Qu’a-trelle donc â me dire?