Yearbook of B. C, 1903, pp. 19 et
ne Vancouver. lie district de Rupert.
Le littoral de Tile qui borde au nord-est TEntrée de la Reine Charlotte * communique avec Textérieur par les paquebots de Vancouver et Victoria à la côte nord-ouest du continent. En sortant du long détroit de Johnstone aux rives sauvages, les voyageurs retrouvent la trace de l'activité européenne à Beaver Cove où Ton exploite des falaises de marbre. Une dizaine- de kilomètres plus loin s'ouvre Testuaire du fleuve Nimkish, émissaire de plusieurs lacs intérieurs et par où les explorateurs pénètrent au cœur du Ttle. A Testuaire du Nimkish et dans la passe entre la côte et Ttle du Cormoran les bancs de saumon arrivant du nord se montrent pour la première fois dans les eaux vancouvériennes ; aussi toute la région est-elle peuplée dlndiens pécheurs Kwakiult apparentés aux Nootkade l'autre bord et qui dans ce rivage écarté, conservent leurs maisons à poteaux, leurs cérémonies, leurs mœurs aussi intactes qu'à la côte sauvage de l'ouest ou aux îles de la Reine Charlotte.
En 1857, l'effectif des indigènes était approximativement estimé à 4000, celui des blancs à 25 dans le rayon de Fort Rupert alors chef-lieu du nord-est. En 1905 on comptait dans l'agence de Kwakiult ou d'Alert Bay 1278 naturels dont 537 < païens » groupés en 15 réserves avec des villages de 25 à 233 habitants*.
Bâti au fond d'une anse arrondie i 35 kilomètres ouest à l'estuaire du Nimkish, Fort Rupert fut le premier établissement permanent de la Compagnie de Hudson dans l'île de Vancouver; c'est à son voisinage que l'on reconnut les premiers gisements de charbon.
Aujourd'hui le district nord de l'île garde encore le nom historique de Rupert, mais du fort il ne reste plus qu'une enceinte abandonnée, près de laquelle subsiste l'ancien village indien et la maison des missions. Le centre administratif et économique de la région est Alert Bay ou Kwakiult, abri naturel sur la face interne de l'île du Cormoran : quelques dizaines de blancs y habitent à côté du village indien. Les missionnaires anglicans y ont bâti une église et une école professionnelle : on y trouve en outre une scierie, deux magasins généraux, une friturerie où l'on prépare les saumons de la rivière Nimkish et les coques {clams) d'Alert Bay. On a cru reconnaître des gisements
i. B. C. Crown Lands SurveySy 1901, pp. 6-11.
2. An, Bep. Indian Affairs, i90<h6, pp. 234-236, et II* part., p. 69.
3. Rep. of the Spécial Committee of the H, of Commont^ 1857, dans 1*' Recensement du Ca.^ 1870-71, L ÏV, pp. Lxxvm-Lxxix.
houillers dans Ttle du Cormoran. Le petit village de la baie de TAlerte est la principale escale des bateaux entre le détroit de Johnstone et la côte nord-ouest du continent. Plus loin on passe Ftlo Haddington avec ses carrières, puis la grande île Malcolm relativement plate comme la pointe septentrionale de Vancouver : c'est là que cesse le sapin de Douglas sur la côte ouest.
En 1892, le gouvernement à fait étendre jusqu'à Rupert et Malcolm le cadastrage de la pointe nord. En 1901, il a établi dans rtle Malcolm un petit groupe de Finlandais qui ont commencé à défricher et qui essayent d'établir une laiterie coopérative *.
Entamée depuis près de soixante-dix ans aux deux extrémités sudest et nord-ouest, la colonisation n'a pas réussi à Rupert aussi bien qu'à Victoria. Aujourd'hui, comme au temps de la Compagnie, U côte nord-est demeure isolée et se rattache à la vie du continent plutôt qu'à celle du reste de l'ile.
li'Arohipel de la Reine Charlotte.
Les Haïda i^ligènes de la Reine Charlotte vivent surtout de pèche et habitent exclusivement la côte. Leurs maisons de bois à poteaux sculptés et peints se groupent en gros villages, en tout 9, placés chacun dans un endroit abrité. Le principal, peuplé de 360 Indiens, occupe l'entrée du Canal Masset, deux autres, avec 200 à 250 habitants chacun, les issues de la passe Skidegate à l'ouest et à l'est.
En 1841 on évaluait le nombre des maisons de l'archipel à 541, celui des Haïda à 8 328. En 1878, G. M. Dawson estimait que les indigènes n'étaient que 1700 à 2 000 *. Ces chiffres sont très approximatifs. En 1905, on n'en comptait guère plus de 1 400 à 1 500 dont 182 « païens » seulement'.
Les blancs, en nombre insignifiant, se trouvent de passage, sauf les missionnaires et quelques commis de négociants. Dans les moments de prospection, les tentes ou les baraques d'un camp minier se dressent pour un instant sous les forêts de l'intérieur.
Jusqu'à présent les centres restent les villages indigènes : c'est vers eux que les Européens vont pour trouver des vivres et des auxiliaires. Celui de l'entrée orientale de Skidegate est comme la capitale de l'île et le point de départ vers les houillères. Une fois par mois, il reçoit la visite du vapeur qui fait le service entre Van-
1. B, C. Crown Lands Sarveys, 1903, pp. 27-29. — Agriculture in B, C, 1904, pp. 113-lU.