LA ZONE DU GANADIBN PACIFIQUE
i quelques Chinois errants. A la place du lavage, les blancs essayent la drague. En 1905, une Compagnie de Nouvelle-Zélande, important son matériel, est venue s'installer au-dessous de Yale sur une concession de 24 kilomètres. D*autres avaient choisi, Tannée précédente, l'entrée nord des canyons, soit sur le Fraser, soit sur la Thompson. Plus haut, à LiUoet, le géologue d^KEtat d'Iov^a qui, à l'exemple de beaucoup de ses compatriotes, ne se désintéresse pas des applications pratiques de la science, est venu installer à Lilloet la première et la plus forte drague qu'il vantait comme la plus grande et la première en date de Colombie. Essayée en 1905, la drague n'a pas payé ses frais : son propriétaire a dû la passer à une compagnie. Enfin des essais tentés^ sur la Crique tranquille au nord de Kamloops n'ont pas réussi. Partout on se plaint que le charbon soit trop cher, à cause des frais de transport, l'eau trop rare l'été, les galets trop durs et trop gros.
Déçus par les alluvions, les chercheurs se sont attaqués aux bancs de roches variées qui forment le plateau à l'est du canyon. De ce côté, i la hauteur de Yale, un coin de schistes pénètre à travers le granit, et s'arrête à quelques kilomètres du Fraser. A son approche, on trouve des alluvions aurifères dans la gorge d un petit affluent du Fraser, la crique du Sauvage {Siwash Creek) et, plus haut, des veines de quartz aurifère dans des schistes, tout près d'une série de dykes éruptifs, probablement porphyriques. Pour atteindre Siwash Creek, il fallait, en 1904, marcher sur la voie ferrée en remontant le fleuve pendant plus de 3 kilomètres, puis franchir le canyon dans une cage glissant sur un cable à 15 mètres au-dessus de l'eau, enfin remonter la crique pendant 6 à 7 kilomètres par un mauvais sentier. Malgré ces difficultés qui rappellent celles de la Chilliwack (p. 314), deux compagnies américaines du Washington nord avaient installé, dans cette région, des lavages hydrauliques et des batteries de pilons d'amalgamation mus par l'eau; elles ont dû liquider en 1905 '.
Plateau Sud. — Similkameen, Nioola, KamloopB, Shuswap, Okanagan.
Si un léger accroissement d'activité a été constaté dans le district de Yale en 1905, c'est à cause du renouveau que donne l'espoir d'une jonction entre Hope et la voie ferrée du plateau sud-est. De ce
1. An. Rep, Minet, S. C. for 1903, p. 189; for i90U, pp. 234, 236, 238, 242; for 1905, pp. I9d, 205, 206, 209.
côté le rude draille de Hope [Hope Trait) escalade les granits et les schistes, serpente dans la forêt et débouche sur la crique Tulameen où se trouvent les placers du plateau aride. Le premier camp minier, Tulameen, occupe un ravin dénudé, à 110 kilomètres de Hope; puis vient, à 12 kilomètres au plus, celui de Granité Creek, à la jonction des schistes et du granit intérieur, enfin les concessions s*égrènent en descendant la vallée de la Similkameen jusqu*à Princeton S au confluent des deux branches de la Similkameen : dès lors le pays devient moins accidenté, le plateau s*élargit en une voie charretière qui descend la Similkameen et la relie au district peuplé de la Boundary*, Les placers de la Crique au Granit furent atteints dès 1859, mais tôt écrémés et laissés aux Chinois qui, eux-mêmes, bientôt n'en voulurent plus.
En effet les communications étaient trop difficiles, soit par Hope à l'ouest, soit par la rivière Kettle à l'est, où commence le riche district de la Boundary Creek, avec ses villes nées dans le désert.
Naguère, les capitalistes américains qui ont créé les usines et les cités de la Boundary (p. 363) ne voulaient pas placer de capitaux dans la Similkameen. On savait pourtant que les filons de cuivre aurifère et de minerai complexe de la Boundary s'y proloi^eaient; on y soupçonnait l'existence de la houille; mais, trop distant de tous les aboutissements, Princeton restait un point mort. Tout va changer avec la construction de la ligne projetée qui raccorderait la Boundary, par Princeton, avec l'embranchement en construction de la rivière Nicola, et peut-être avec Hope, malgré les rochers.
Princeton est devenu un centre urbain. En aval, Hedley, dans les rochers presque nus de la vallée, a vu un camp minier se former autour d'un concentrateur qui traite sur place le minerai aurifère. En amont, l'emplacement d'une ville a été dessiné à Tulameen ^
Au nord, dans la zone des plateaux que dessert le transcontinental, deux vallées surtout ont retenu les Indiens et attiré les Européens, celle de la Nicola qui se jette dans la Thompson à Spences Bridge, peu en amont du confluent avec le Fraser, celle de la moyenne Thompson plus au nord; toutes deux s'achèvent par des canyons déserts et c'est à l'amont des gorges que se trouve leur partie peuplée.
Sur la Thompson, le centre estKamloops, au bord d'un lac, village indien près duquel fut élevé le premier fort du sud (1813). Chef-lieu
1. An. Rep. Mines, B. C. for iOOU, pp. 229, 238; for i905, pp. 15, 207,