C. P, R. Annotated Time Table. Westbound Edition, p
Après un coude aux États-Unis, le Kootenay bute contre les pentes nord des monts de la Racine amère, revient au nord en franchissant des gorges oh les canots même ne peuvent s'aventurer, puis retrouve une platière et rentre au Canada par une large vallée ouverte entre deux massifs des Selkirk; il y forme des marécages, de faux bras, s'élargit à 200 mètres avec profondeur de 13 à 18 m. dans le chenal principal, et il se jette par un delta dans la pointe sud du grand lac Kootenay orienté à peu près comme les lacs La Flèche. Cette large vallée commence à Donneras Ferry en Idaho, elle mesure dans le sens du cours d'eau une centaine de kilomètres, d'une muraille à l'autre 5 à 8 kilomètres. Elle semble comblée par les alluvions d'une ancienne nappe dont le reste forme l'actuel lac Kootenay. Aux crues de juin qui élèvent de 3 à 6 mètres le niveau du lac Kootenay, les eaux refluent sur une partie de la vallée *.
Plus long et plus large que les autres expansions des montagnes sud-est, le lac Kootenay s'allonge sur 110 kilomètres du nord au sud; sa profondeur est à peu près la même que celle des lacs. Sur ses bords se dressent des montagnes boisées dont l'altitude croit à mesure qu'on s'avance vers le nord, c'est-à-dire qu'on approche du nœud central des Selkirk. Dans cette masse couronnée de névés et de glaciers, la dépression du lac se prolonge au nord par deux hautes vallées qui lui amènent les eaux des Selkirk centraux après les avoir concentrées et puriûées l'une dans le lac de la Truite (p. 56), l'autre dans le lac Duncan. Le lac de la Truite mesure 29 kilomètres de long, 800 de large et sa profondeur va jusqu'à 233 mètres '. Placé dans l'axe même du lac Kootenay, le lac Duncan lui est uni par un couloir marécageux qui semble avoir été rempli par un bras avant l'époque actuelle. Mieux abrité que les lacs La Flèche, le lac Kootenay ne gèle pas, bien que plus élevé (550 mètres).
Ses rives sont découpées. Parmi ses indentations, la plus importante est la langue qui s'insinue à l'ouest dans une fracture de la nappe granitique, formant le havre naturel où l'on a construit Nelson, la métropole du pays. De sa pointe occidentale s'échappe une forte rivière qui reprend le nom de Kootenay : si large que soit le déversoir, il ne suffit pas à écouler la masse d'eau qui descend vers le lac à la fonte des neiges et le fait déborder.
Au sortir du lac, sur une cinquantaine de kilomètres, le Kootenay traverse des cluses étroites où ses eaux se précipitent avec une pente de deux mètres par kilomètre, puis le barrage naturel de Bonington