‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 102 sur 273 · Bargfort, t. XXXn, pp · texte numérisé non relu

Bargfort, t. XXXn, pp

PORMÂTIOK DE LA CaiONIB 153

an^aises de peuplement, la Colombie britannique devint autonome, i coodition de payer toutes les dépenses. Elle eut un parlement élu et le gouyemeur royal choisit un ministère dans la majorité de la Chambre*

Dès lors les traTaax publics sont faits par la Colombie, les concessions de terres et de mines distribuées par elle ; bref, toutes les lois qui règlent la colonisation sont proprement colombiennes.

Ii'entrée dans la Fédération (1871).

Une nouvelle période commence avec rentrée de la Colombie dans la Fédération. La Fédération canadienne se forme en 1867, d'abord entre les provinces de Québec et Ontario ; elle a le caractère d'une organisation de défense contre les États-Unis qui sortent de la guerre de sécession avec une forte armée et qui n'ont point perdu depuis 1774 le goût de c tordre un brin la queue au lion britannique' »« Autant que les anciennes provinces, la Colombie se sent foiUe vis-à-vis de ses entreprenants voisins.

En 1871, elle vote son entrée dans la Fédération, et change alors «on nom de colonie en celui de Province, comme les autres divisions du Canada. Comme elles, à la place du gouverneur anglais, elle reçoit pour exercer sur son territoire le pouvoir exécutif, un Heutenant-gouvemeur canadien, désigné par le gouvernement fédéral; comme elles aussi, elle conserve son autonomie, son Assemblée, son droit de légiférer sur tout ce qui n'est pas réservé au Pariement fédéral.

L'Acte d'Union cède au gouvernement fédéral l'administration des voies interprovinciales, des postes, des douanes et du commerce, de la navigation et des pêcheries, des monnaies et des banques, du recensement, de l'immigration, de la naturalisation, des Indiens, de la milice et de la marine ; enfin le même code criminel s'applique dans toute l'union. Néanmoins l'Assemblée provinciale peut voter des lois touchant aux matières précédentes sous réserve de l'approbation par les Chambres fédérales. Comme toutes les provinces qui existaient avant TUnion, la Colombie garde la libre disposition des terres publiques et des concessions minières '.

1. Pour la formation de la Fédération, Histoire générale, publiée sons la direction de MM. Lavisse et Rambaud, Paris, t. XI, 2* éd., 1005, pp. 614-618.

2. André SnerRiED, Le Canada, Les deux races. Problèmes politiques contemporains^ Paris, 1006, in-18, pp. 167-177.

Âpres rentrée dans la Fédération, le premier événement important de l'histoire colombienne est le règlement définitif de la frontière de mer entre Canada et États-Unis. On se rappelle que le traité de 1846 laissait Ttle Vancouver à TÂngleterre et, sur le continent, donnait le 49*^ parallèle pour limite aux deux États; mais il n'avait tracé aucune ligne de partage entre la pointe sud de File Vancouver et la côte ferme. Or, dans le bras intermédiaire se trouve un archipel séparé de Vancouver par le détroit de Haro, du continent, par celui de Rosario.

En 1846, ces tles, peuplées seulement de quelques Indiens, ne paraissaient pas valoir la peine qu'on se préoccupât de leur attri^ bution. Depuis 1843, époque où les premiers troupeaux de la colonie furent achetés au Mexique, la Compagnie de la Baie de Hudson avait mis du bétail à San Juan, la principale des iles indivises; elle y laissa son troupeau jusqu'en 1852.

On savait alors que San Juan renferme de la chaux et des pierres à bâtir; on savait aussi que les saumons, venant du large, passent par le détroit de Rosario avant de remonter le Fraser (p. 190); possédant sans conteste la rive continentale du détroit, les Américains en revendiquèrent aussi la rive insulaire. Le Territoire de Washington, qui venait de s'organiser, fit envoyer des douaniers fédéraux dans l'île San Juan en 1854. Sur la plainte de la Compagnie de la Baie de Hudson, l'Angleterre protesta : l'Amérique tint bon; de nouveau on entendit parler de guerre et Esquimalt vit en 1859, comme autrefois en 1846, une concentration de navires et de soldats anglais. Comme autrefois aussi, les deux parties convinrent de recourir à l'arbitrage. Après éix ans de tergiversations, elles prirent comme juge l'empereur d'Allemagne, proposé par le général Grant, président des États- Unis (1871). Guillaume I" rendit en 1872 une sentence défavorable à l'Angleterre, qui déclare San Juan territoire américain et fait passer la frontière de mer à l'ouest par le milieu du détroit de Haro \

Dans les années suivantes, l'exploration de l'intérieur fut activement menée, en vue de la construction d'une voie ferrée transcontinentale, soit par les employés des entreprises de chemin de fer, soit par le service géologique fédéral. Néanmoins la construction de la voie ne put être achevée qu'en 1885 (p. 286). Au débouché occidental se créa, en pleine forêt, le port de Vancouver, qui devint en

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