‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 126 sur 273 · The Canada Yearbook, i905, Ottawa, pp · texte numérisé non relu

The Canada Yearbook, i905, Ottawa, pp

noir au moment du frai; de là le surnom de saumon noir qu^on donne parfois à ce poisson. Plus gros que tous les autres, il pèse de 18 à 20 livres et peut aller jusqu*à 100. Tant qu*on consommait le poisson frais ou séché on le recherchait de préférence à cause de sa taille; mais les fabricants de conserves, trouvant sa chair difficile i traiter, n*en ont plus voulu et lui ont préféré le sockeye.

Le Goho pèse de 3 à 4 livres : son dos est verdâtre, ses flancs et son ventre plus argentés encore que ceux des autres saumons ; quelques taches noires bordent la ligne latérale.

Le Saumon chien ou Bécard est de taille moyenne, et pèse de iO à 12 livres à Tétat adulte : son surnom lui vient de ce que les mâles ont une grosse tète mafflue avec de grandes dents par devant ; revêtu d'écaillés d'ai^ent sombre dont Téclat s'obscurcit au moment du frai, il présente des lignes latérales noires avec traces de gris et de rouge sur les flancs. Méprisé jadis par les fabricants, il était abandonné aux Japonais qui le prenaient et le salaient pour TExtrème-Orient; les Européens n'ont commencé à le demander ,et à le préparer qu'en 1898, à cause de la diminution des bonnes espèces.

Le Humpback ou Saumon i bosse est le plus petit; il ne pèse que 3 à 6 livres : son surnom vient de ce que le dos des mâles se bombe pendant le frai. Bleuâtre par-dessus, argenté par-dessous, il offre des taches noires oblongues. Avant la diminution des autres, il était dédaigné à cause de sa petite taille et de sa chair médiocre.

Le gros de la pèche et de l'exportation est toujours fourni par les sockeyes. Ces poissons, qui cherchent l'embouchure des fleuves pour remonter le courant et aller frayer en eau douce, se montrent au printemps en bancs épais (schools). Arrivant ou paraissant arriver d'une région mal déterminée au nord-ouest, ils se font voir d'abord en mars sur la côte septentrionale où une partie des bancs remontent leNass, le Skeena et les autres fleuves. Puis les saumons se montrent dans les parages de l'Ile Vancouver où on les prend à la pointe nord dans la région d'Alert Bay et sur la côte du large; on ne voit pas leurs bancs s'engager dans les détroits entre l'Ile et la côte ferme; ils semblent passer le long de la côte occidentale, si du moins ce sont bien les mêmes qu'on relève un peu plus tard au sud-ouest de l'île, à la hauteur de la rivière San Juan ou d'Otter Point.

A partir de ces points la marche {run) des saumons sockeyes n'est plus jamais perdue de vue. Les premiers paraissent en avril, un mois après l'apparition du poisson dans le nord, mais le grand passage se fait de fin juillet au 10 août : à marée basse les saumons plongent, à marée haute ils s'élèvent à la surface, et c'est alors un

défilé continu de poissons semblable à une coulée d'argent : le flot de sockeyes pénètre dans le détroit de Fuca en longeant la côte nord, puis s'engage dans le détroit de Rosario entre les lies et la côte américaines, parce qu'il y trouve en raison des courants une plus forte proportion d'eau douce déversée par le Fraser : on a vu les bancs prendre le détroit de Haro entre les îles américaines et Vancouver, ou se partager entre les deux chenaux, mais ce furent là des exceptions qui s'expliquent par l'intervention des vents et de la marée : la route ordinaire passe dans les eaux américaines.

Cherchant à pénétrer dans le Fraser, les saumons semblent un moment déroutés par les troubles dus aux alluvions du fleuve : on dirait qu'ils cherchent à tourner la tache jaune; ils remontent jusqu'à la Pointe Atkinson au nord de l'Entrée de Biirrard, puis se décident à tourner brusquement au sud et à s'engager dans le bras septentrional du Delta (carton de la carte hors texte).

Jamais le passage ne manque, mais la quantité de poissons varie d'une époque à l'autre. A en croire les pêcheurs, on aurait dans le détroit de Géorgie et sur le Fraser une bonne prise tous les quatre ans, mais les champs de pèche septentrionaux ne connaissent pas ce cycle*. En tout cas, la règle des quatre ans paraît se vérifier depuis 1889, si l'on en juge par les chifiTres officiels* qui donnent le nombre de caisses de bois renfermant 48 livres de bottes de conserves, en métal.

Nombre de caisses par aimées depuis le commencement de l'induitrie des oonserves.

(Lu CBIFFaES GRÀ8 INOIQUKIIT LA DATE OBS BONNES ANNélS.)

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