CHAPITRE XIV
Sur les 725 000 kilomètres carrés de forêt qui couvrent les trois quarts de la Colombie britannique, la moitié au moins comprend de la brousse ou de maigres taillis arctiques, dont le bois n*est point marchand. Dans le reste se trouvent peut-être les plus belles futaies de l'Amérique du Nord. Comparées à celles du Canada oriental, elles donneraient jusqu'à 3 fois plus de bois de chauffage, 25 fois plus de bois de charpente à l'hectare*; pourtant, comme les voies d'accès manquent, 2 500 kilomètres carrés à peine s'ouvrent à l'exploitation régulière. Je n'y comprends pas les zones qu'attaquent, pendant un temps, une entreprise de chemin de fer pour ses traverses et ses passerelles, une mine pour ses poteaux, mais seulement les régions où les scieries travaillent pour la vente. La Colombie n'achète pas de bois, elle exporte une grande partie de ce qu'elle coupeS soit une valeur de 10 à 15 millions de francs par an, qui pourrait s'augmenter beaucoup si les transports étaient plus faciles.
A peine entamée sur certains points, cette richesse naturelle se trouve menacée par les feux de brousse {bush fires) qui font, à la saison sèche, de terribles ravages, et dont la fréquence semble avoir augmenté en raison de la colonisation. Ainsi le botaniste Macoun constate que des passages à travers les Rocheuses, jadis boisés, sont dénudés depuis que le blanc les fréquente'. Les fonctionnaires
1. Yearbook of B, C, 1903, p. 245. Sauf indic. contr., j*ai puisé mes informations dans ce volume, pp. 243, 250, 256, 268. — Le Bulletin n"* 21 du Bureau of Prov. Inform, The Timber and Pulp Wood Industries of B. C, réédition de 1905, reproduit la plus grande partie de ces pages avec quelques compléments.