I. Recenument da Canada^ iOOl^ t. Il, p
ties vierges, celles où se trouvent les meilleures forêts, Texploitatioo reste fort au-dessous de ce qu'elle pourrait donner parce qu'elle ne recrute pas assez d*ouvriers. D'après une estimation officielle, il existait, en 1897, 80 à 90 scieries qui ne travaillent que l/lOàl/20 du bois qu'elles pourraient transformer '. Depuis, les demandes qu'on verra plus loin ont donné aux scieries colombiennes un travail qui s'accroît sans cesse, mais les prix de la main-d'œuvre s'élève à proportion et il faut payer de 14 à 20 francs la journée pour avoir de bons bûcherons^.
Quelque simple qu'elle paraisse, l'industrie forestière demande des fonds considérables. On doit, depuis les camps isolés, transporter par € croiseurs » la plus grande partie du bois dans les ports méridionaux de la côte, où il subit toutes les transformations demandées par les clients, enfin le réexpédier sur les marchés étrangers. Ainsi l'Entrée de Burrard autour de Vancouver City, l'embouchure du Fraser autour de New Westminster, se bordent de scieries f u mantes et grinçantes près desquelles s'entassent les troncs et s'empilent poutres, planches et bardeaux. Dans l'île Vancouver, l'embarcadère créé par l'entreprise la plus puissante de Colombie a fait naître Ghemainus, cité du bois comparable aux villes minières (p. 297).
En laissant de côté les petits croiseurs qui font le service de la forêt à la fabrique, à ne prendre que les bâtiments qui cherchent à Ghemainus et Vancouver City du bois fabriqué pour l'exportation, on trouve que la Colombie expédie, en 1904, 35 chargements sur des navires de 500 à 5 000 tonnes'.
Seuls les possesseurs de gros capitaux peuvent ouvrer le bois dans ces conditions: aussi le transport par mer et la préparation de ce produit tendent-ils à se concentrer sous la direction de quelques grandes sociétés, dont les plus importantes sont celle de Chemainus, capable de traiter 12 000 mètres cubes par jour, puis la Compagnie Hastings de Vancouver, capable d'en traiter 4500 ^, et dont le rayon s'étend aux limites du bois marchand et des voies d'accès. Ces deux trusts € contrôlent » la fabrication, la vente et s'entendent pour maintenir ou pour élever les prix '.
Maltresses des navires, les compagnies font presque toutes l'exportation par mer, qui représente, pour les deux grandes citées plus haut, un volume de 1 800000 à 2 millions de mètres cubes, environ
1. Yearhook of B, C, 1903, p. 256. — An, Bep. Land and Works, B, C, i903-U, pp. 67-72.
2. La Gazette du Travail, 1906, octobre, p. iOO; décembre, p. 639.