B, C, Pilot, 1905, pp
LÀ CHAINE GOTIERE 33
La bande côtière de granit.
Le ruban de bas pays littoral est séparé des plateaux intérieurs, en Washington, par la chaîne des Cascades, en Colombie britannique par la Chaîne côtière {Coast Range).
La chaîne des Cascades est formée de terrains anciens que recouvrent des coulées volcaniques modernes; des cônes d'éruption la dominent, échancrés par des cratères bien conservés. Elle est caractérisée par sa direction sud-nord, ses sommets bien alignés et remarquablement égaux en hauteur*.
Au nord-ouest de cette chaîne, un peu en dehors de son axe, se dresse, toujours en territoire américain, la pyramide volcanique du mont Baker (3 300 m.). Couverte de forêts, couronnée de neiges et de glaciers, elle s'avance en promontoire sur la plaine côtière, visible de presque tous les points du bas Fraser. Les fleuves qui reçoivent les eaux du mont Baker s'écoulent dans l'Entrée de Puget, séparés de la rivière Chilliwack par une crête élevée dont l'étude reste à faire.
A l'est du mont Baker, la chaîne des Cascades paraît se terminer dans le voisinage de la frontière et en territoire canadien par une sorte d'étoile d'où l'on voit les torrents descendre dans toutes les directions*.
La Chaîne côtière se distingue nettement de la chaîne des Cascades par deux caractères : l'absence d'éruptions modernes et de cratères; la direction du sud-est au nord-ouest, parallèle à celle du massif des îles, direction qui fait un angle marqué avec celle des chaînes américaines.
Au sud-est des canyons du Fraser, la Chaîne côtière canadienne commence sous la forme d'un éperon granitique large de 40 kilomètres environ qui s'élève immédiatement vers le nord-ouest en s'élargissant.
D'amont en aval, les canyons du Fraser s'entaillent dans une sorte d'écharde granitique, avant-mont de la Chaîne côtière sur le plateau, puis dans une bande sédimentaire, enfin dans la masse granitique principale entre North Bend et la plaine ; ils paraissent dus à une série d'accidents qui ne se sont pas produits à la limite de terrains ou de soulèvements difiérents.
A l'ouest des canyons et de la fente du lac Harrison (p. 32), la
\, U. s. Geol. Surv, Profeuional Paper, n" 19 : Smith a. Wills^ Contribution to the Geology of Washington, 1003, planches des pp. 50 et 54. 2. Geol. Surv, of Ca. Summary Rep., 1905, p. 48.
LA COLOMBIE BBITAMmOUB. 3
bande de granit côtier devient homogène; elle s'élargit tout d'un coup jusqu'à la mer, et, dès lors, mérite son nom de Chaîne côtière jusqu'au Canal de Lynn.
Du sud-est au nord-ouest, sa longueur est d'environ 1 4fOO kilomètres; de la mer au plateau sa largeur atteint 150 kilomètres en moyenne et dépasse 200 par endroits ' . Elle semble formée en très grande partie d'une roche cristalline granitoïde à teinte grise, que 6. M. Dawson a nommé le granit côtier. Cette région, dit Dawson, c bien que composée surtout de roches granitiques, renferme des zones de couches métamorphisées, les unes sédimentaires, les autres éruptives, dont la plupart semblent devoir être attribuées à l'époque paléozoïque, mais dont très peu ont été exactement déterminées. On n'a pas encore découvert dans cette bande des roches qu'on puisse sûrement appeler archéennes, et son origine est probablement beaucoup plus récente que celle des roches cristallines de l'intérieur^ ». On estime que le granit côtier date de la fin de la période secondaire*.
Des schistes et des calcaires métamorphisés analogues à ceux de Vancouver ont été reconnus sur la face maritime de la Chaîne côtière, mais loin vers le nord, en affleurements sur quelques points du Canal de Gardner, puis en lambeaux plus considérables au nord de l'estuaire du fleuve Skeena : là ils forment plusieurs ilots et la masse de la grande péninsule Tsimshian que de profondes découpures détachent presque entièrement du granit côtier.
Dans les îles côtières de la Princesse Royale, de Gribbell et de Pitt qui s'allongent entre 52''30' et 54^, on a découvert, en plusieurs gttes, des affleurements métalliques comparables à ceux de l'île Texada et de la zone minérale sise au nord du détroit de Géorgie (p. 18). Ce sont à Pitt de la magnétite, dans les deux autres îles des minerais complexes de cuivre avec traces d'or et d'argent. Les filons se rencontrent au contact d'une roche sédimentaire ou metamorphisée, et d'une roche éruptive; la seconde est, comme à Vancouver, la diorite ou la diabase, parfois, mais plus rarement, le granit; la première est la roche que les prospecteurs appellent gneiss ; elle joue dans les îles du nord le même rôle que le calcaire cristallin caractéristique de la zone métallique reconnue au nord du détroit de Géoi^ie *.
1. Geol Sun), of Ca, An. Bep., 1887-1888, B, p. 24 (G. M. DAWSOVi). ^ Handbook of Ca., 1897, pp. 38, 40 (id.).
2. Geol, Surv, of Ca, Geol, Map, 1901, Western Sheet (notice marginale).