ÀgrUuUure in B. C, 1004, pp
LES ILBS 195
Partout, même entre les ports que relie la voie ferrée, les communications se font surtout par mer.
Quand on suit la ligne de Victoria i Nanaimo on voit que les lambeaux de forêts subsistant entre les taches de colonisation les séparent Tune de Tautre.
Après avoir franchi une première solitude, la ligne pénètre dans une région cadastrée, avec des fermes, des prairies et des vaches; c*est le comté de Cowichan, dont le centre, Duncans, habité presque entièrement par un groupe de colons venus d'Angleterre, se trouve dans la vallée de la rivière Cowichan; le sol, formé d*argile bleue grise i graviers, est recouvert de 30 i 80 centimètres de dépôts calcaires modernes, meubles et fertiles. En remontant la rivière on pénètre dans Tun des couloirs à fond plat qui coupent les montagnes boisées de rtle; au fond de cette dépression s'allonge sur 32 kilomètres la plus belle des nappes d'eau intérieure de Tîle, le lac Cowichan, isolé dans la forêt, fréquenté seulement par les pécheurs, les chasseurs, les prospecteurs et leurs guides indiens qui vivent sous la tente pendant la belle saison. La platière de Cowichan, qui se continue sur la rive nord du lac, pourra devenir un centre de culture ^ Un chemin carrossable de 35 kilomètres unit Duncans au petit groupe de maisons et à rhôtel d'été de Cowichan, sur le lac.
Bientôt la ligne s'approche du littoral et dessert la région côtière pour laquelle on la construisit : là on exploite trois richesses : le bois des forêts, la houille, enfin les filons de cuivre mélangés d'or et d'argent que l'on trouve en arrière, sur les pentes des montagnes.
Au nord de Duncans, la ligne est croisée par un petit chemin de fer à voie étroite d'une vingtaine de kilomètres qui écoule vers la mer les minerais des filons exploités sur le mont Sicker. Jusqu'en 1896, cette montagne se couvrait, comme ses voisines, d'épaisses forêts inexplorées. Un violent incendie mit à nu sa pente occidentale au mois d'avril de cette année; dès le printemps suivant» des prospecteurs montaient de la ville de Duncans pour explorer le terrain sous les troncs carbonisés et les cendres et ils découvraient les gisements de cuivre : aussitôt plusieurs compagnies se fondèrent, achetèrent les droits des prospecteurs. Un certain Croft établit sur le bord de la mer un quai d'embarquement, y vendit les terrains voisins et un petit port prit naissance sous le nom du créateur : c'est Crofton. La voie étroite dont j'ai parlée unit Crofton au principal camp minier appelé Mount
1. Ccvfiehan V, L as a Home, broch. publ. par the CSolonist Printing and Publish. Go. Victoria, 1001, pp. 54).
2. Vancouver Island, 1905, brochure publiée par le G. P. R., pa^ 18.
Sicker et le minerai se mit à descendre vers la mer où on Fembarquait à destination des fonderies de Tacoma dans TÉtat de Washington. En 1902 des capitalistes élevèrent à Crofton une usine de fusion qui ne put allumer ses fours parce qu'elle ne pouvait s'assurer assez de minerai. Après un chômage prolongé de 1902 à 1905 en décembre, le smelter de Crofton a changé de propriétaire : il vient de rentrer en activité pour fondre les minerais de cuivre auri-argentifères exploités à Britannia dans TEntrée de Howe, sur la côte ferme au nord de Vancouver City* (p. 322).
La plus importante de mines du mont Sicker, celle de Tyee, appartient à une compagnie de Londres qui possède sa propre usine de fusion, ouverte en décembre 1902. Elle en a fort bien choisi la place dans un port neuf que créait et aménageait une compagnie houillère de rtle sous le vocable de Ladysmith, en Thonneur de la ville natalienne qui résista aux Boers : des rues y portent les noms des généraux anglais qui firent la guerre au Transvaal ; un monticule qui la domine et sur lequel on a construit Fécole publique porte le nom historique de Spion Kop. Bien que Tune des villes minières les plus jeunes de la Province, Ladysmith compte environ 2 000 habitants*.
L'usine de fusion de Ladysmith a travaillé en 1905 pendant 164 journées de vingt-quatre heures : elle a passé toute la production de Tyee, soit 32 400 tonnes; elle a cherché à se procurer ailleurs de quoi travailler toute Tannée, mais n'a trouvé que 4 560 tonnes de minerai étranger dont 2 700 importées de l'Alaska', où des fours américains lui disputent la clientèle; ses propriétaires comptent beaucoup sur un nouveau gisement découvert à Dunsmuir sur les pentes des monts Green et Mystery, mais il faudrait le relier à Ladysmith par une voie de 25 kilomètres. L'usine de fusion de Ladysmith, la seule qui ait fonctionné dans l'ile jusqu'à présent, produit de la première matte ou matte-bronze (p. 265) qu'on envoie ensuite aux États-Unis pour être raffinée.
Un haut fourneau s'est installé dans le même port pour traiter le minerai de fer des tles, surtout de Texada, jusqu'à présent embarqué pour les États-Unis : l'entreprise n'a pas réussi. La prospérité actuelle de la petite ville tient surtout à l'exportation de la bouille et du coke. Elle est le port d'expédition des houillères de Wellington (p. 298).
1. An, Rep,, Mines, B, Cfor 1902, pp. 238-244 (description, plans et croquis), /or i906, p. 26. — La Gazette du Travail, nov. 1906, p. 507.