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An. R^, Vancouver Board of Trade, Î90^, p

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lington Colliery Company. Les houillères de Wellington furent ouvertes en 1871, celles d'East Wellington en 1882*. Wellington est aujourd'hui remplacé comme port d'embarquement par Ladysmilh ; ses puits sont fermés et la Compagnie actuelle, qui conserve le nom de Wellington Colliery Company^ exploite ses principales mines à l'extrémité nord de la bande crétacée; les plus éloignées se trouvent dans le voisinage de la baie de Gomox, 100 kilomètres au nord de Nanaimo. Dans cette région, le premier filon fut attaqué en 1875 : aujourd'hui les centres y sont Union et Gumberland unis à la côte par un tronçon de voie qui a pour débouché l'appontement en bois appelé Union Wharf. C'est li que le Canadien Pacifique, s'étant attaché par contrat la compagnie houillère, prend la plus grande partie du charbon destiné à ses locomotives de l'ouest. Une route, tracée le long de la mer dans la forêt, unit Wellington i Comox ; il est question de prolonger la voie ferrée jusqu'à Comox; l'exécution de ce projet donnerait peut-être la vie à cette partie de la côte qui est i peine peuplée ; mais on ne sait encore si les richesses minières du sud s'y continuent.

Ensemble, les deux compagnies houillères de Vancouver occupent le groupe ouvrier le plus nombreux de la colonie.

Ouvriers des houiUères de l'Ile Vancouver.

Surveillance et bureaux . .

Blancs. Mineurs

— Aides

— Manœuvres ....

— Machinistes et ou-

vriers qualiflés .

— Enfants

Japonais

Chinois

Indiens

Totaux

NOMBRE

SALAIRB QUOTIDIEN MOYEN

EN PltAMCS

On a VU que Nanaimo et Union sonl un centre d'agitation ouvrière et socialiste (p. 276). Souvent des grèves y arrêtent où y ralentissent Textraction : mais les conditions économiques^ elles aussi, agissent

1. Qeol Sun), of Ca. An. Rep., 1872-3, pp. 37, 101, 1873-7^, pp. 121, 131, i^tf-77 (Rapports J. RiCHARDSON), 1887-88, R, pp. 90 et suiv. (G.-M. Dawsor).

fortement dans le même sens et on doit leur attribuer pour une part le mécontentement des travailleurs.

Il est vrai qu'en 1905, les deux compagnies de Vancouver ont extrait 993 899 tonnes de charbon, soit un peu plus de la moitié des 1 825 832 tonnes produites dans toute la Province ; mais elles ne font pas la moitié des ventes.

Le charbon de Vancouver s'exporte par mer sur la côte pacifique des États-Unis (p. 272). Pendant longtemps, la Californie à elle seule absorba la moitié de la production. En 1902, les ports des États-Unis achetaient encore 75 p. 100 du total vendu par les houillères de Vancouver; en 1905, ils n'en ont pris que 53 p. 100. C'est que le pétrole récemment découvert en C^fomie s'emploie comme combustible i la place de la houille étrangère.

Reste à l'tle Vancouver la clientèle des hauts fourneaux qui ont besoin de coke. Mais elle ne peut alimenter que ceux du littoral, parce que le Crows Nest est mieux placé pour servir l'intérieur. Or les fours de fusion et hauts fourneaux colombiens du détroit de Géorgie ne marchent guère : ceux du littoral américain en Washington et Oregon, ceux qu'on vient d'élever en Alaska assurent une meilleure clientèle. De 1904 à 1905, tandis que les ventes locales de coke baissent de moitié, l'exportation aux États-Unis augmente d'environ deux cinquièmes. Néanmoins la production reste faible. En 1905, les houillères de Vancouver n'ont préparé que 15660 tonnes de coke sur 271 785 pour toute la Province, et elles n'en ont vendu que 9710.

Inquiètes de voir leur clientèle stationnaire, les deux grandes compagnies de l'Ile se sont entendues pour ne pas se faire concurrence sur le principal marché, savoir les États-Unis. Tout en laissant séparées leur administration industrielle, elles ont conclu un pool de vente pour maintenir les mêmes prix et se servir des mêmes agents commerciaux à San-Francisco et dans les ports américains.

Sans les États-Unis, les houillères vancouvériennes tomberaient en sommeil; même avec eux, elles ont du mal à empêcher leur production de baisser, alors que les gisements pourraient fournir beaucoup plus si le commerce le demandait et si les moyens de transport le permettaient ^ .

L'industrie des États-Unis est aussi un foyer d'appel pour les minerais complexes de l'ile Vancouver. On les trouve, accompagnés surtout de magnétite et d'autres composés du fer, dans la zone miné-

1. An. Rep. Mine$, B, C. for i90^, pp. 18-19, 274-276, for 1905, pp. 18-20, 224-226.

raie qui longe la côte (p. 17), mais il se peut qu'une exploration plus sérieuse de Tintérieur les révèle partout.

Rebutés par les obstacles qu'oppose l'intérieur, les prospecteurs ont attaqué surtout Tarcbipel schisteux, cristalUn et volcanique, qui se trouve entre Vancouver et le continent, au nord du détroit de Géorgie (p. 23). On les y rencontre côte i côte avec les petites bandes d'Indiens cantonnées dans les îles et les bûcherons qui coupent les arbres voisins du rivage. Le rapport du ministre des mines publié en 1906 indique des opérations préliminaires {asses-ment) dans les lies Yaldes et Thurlow. La plus grande de ce groupe, Texada, possède des gisements de cuivre auri-ai^entifëres et des gisements de fer reconnus depuis 1875 qui ont déjà tenté bien des capitalistes surtout américains : mais chacun d'entre eux a passé par plusieurs mains. Un four de fusion installé à Yananda, dans l'île Texada, fonctionne irrégulièrement. Le dernier rapport du ministre des Mines déclare qu'on extrait sur quatre ou cinq points du minerai de cuivre et sur un autre du minerai de fer, le tout à destination de Tacoma (Washington). La plus importante de ces exploitations emploie 500 blancs et 12 Chinois \ Elle se débat contre mille difficultés pour le débarquement du matériel, des provisions et l'embarquement du minerai.

Des gisements analogues ont été reconnus dans les rochers de l'tle Redonda-Ouest qui ferme l'Entrée de Toba, fiord du continent au nord du détroit de Géorgie. Le minerai se trouve sur la côte nord de l'tle, au bord d'une mer profonde où les steamers peuvent venir charger; mais la rive s'élève en falaises, elle est dominée par des montagnes de 900 mètres : pour suivre jusqu'au sommet le filon de magnétite, il faut grimper en s'aidant des arbres. La mine, découverte en 1893, a été louée par les propriétaires du haut fourneau de Tacoma en Washington*.

Le fer des zones minérales de Vancouver et du détroit de Géoi^e est acheté entièrement par des Américains du Washington. Cet État possède en effet plusieurs hauts fourneaux : on les chauffait d'abord au bois, aujourd'hui on utilise le coke de Tlle Vancouver. Les métallurgistes du Washington prennent en Colombie une proportion de minerai de fer qui s'est élevée en 1902 jusqu'au trois quarts de la quantité réduite par leurs hauts fourneaux.

Néanmoins l'exploitation du fer sur la côte colombienne ne se développe pas autant qu'on aurait pu Tespérer. Voici pourquoi :

1. An, Rep, of Mines, B. C.for1905, pp. 214-215. — La Gazette du Travail juillet 1906, p. 56. 3. An. Rep. Minet, B. C. for 1902, p. 22.

Texportation est difficile; la magnétite trop dure ne se réduit bien qu'avec un fondant comme les peroxydes et oxydes de fer : on en a cherché dans les dépôts crétacés de Vancouver et de la Reine- Charlotte, mais sans les trouver en quantité suffisante ^ La maind'œuvre est coûteuse soit à la mine, soit aux hauts fourneaux; enfin un droit protecteur de 2 francs par tonne frappe les minerais de fer importés aux États-Unis.

Si ces charges n'empêchent pas la fonte et l'acier washingtoniens de lutter sur place avec les produits de l'Est américain et de TAngleterre grevés de frais de transport, elles rendent l'exportation difficile et par suite limitent la fabrication. Pour donner la vie aux mines des îles, il faudrait des hauts fourneaux et des fonderies en Colombie. On comptait qu'ils naîtraient des primes offertes par le gouvernement fédéral. De 1897 à 1902, en effet, une prime de 15 francs par tonne était promise pour l'acier produit avec 50 p. 100 au moins de fonte canadienne, pour le fer puddlé de fonte canadienne, une prime de 10 francs par tonne pour la fonte faite au Canada de minerai étranger. Personne en Colombie n'a cherché à gagner la prime, parce que le marché local n'est pas suffisant, l'exportation vers l'est par voie ferrée trop coûteuse, la vente aux États-Unis empêchée par des droits prohibitifs. La fonte, dont la production ne demande que les hauts fourneaux moins chers à installer et plus faciles à conduire qu'une aciérie, paye à la frontière des États-Unis 20 francs par tonne.

Les primes fédérales canadiennes ont été prorogées du 23 avril 1902 au 30 juin 1907 mais avec une réduction progressive qui les ramène i 90 p. 100 du taux primitif au l'"^ juillet 1903, à 35 p. 100 au !•' juillet 1904, à 20 p. 100 enfin pour la dernière année*.

De ce même groupe d'îles, riche en fer, on tire encore divers matériaux de construction; plusieurs d'entre elles présentent en effet de belles falaises de granit, de grès, de marbre : quand la tranche de rocher est à l'abri du vent, on peut l'attaquer en gradins et embarquer assez aisément les pierres de taille sans avoir à se procurer un matériel de transport compliqué.

L'îlot de Granit Island à l'entrée de Jervis Inlet sur la côte ferme, 100 kilomètres nord de Vancouver City, n'est qu'une carrière de granit gris; on peut en dire autant de l'île voisine Nelson, plus grande mais abandonnée en 1903, parce que l'exploitation y devenait difficile.

i. An, Rep, Mines, B. C. for 1902y pp. 55, 206.

2. D'après l'étade d'ensemble sur les gisements de fer de la côte dans An, Rep, Mines j B, C, for i902, surtout pp. 201-208.

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Presque tout le granit employé dans les villes de la cdte vient de ces deux tles : on en a transporté jusqu'à Seattle (Washington).

Haddington Island près d*Alert Bay, i la pointe nord-est de Ttle Vancouver, fournit une andésite gris clair très estimée.

Nanaimo et les tles de la bande sédimentaire Satuma, Gabriola, Newcastle donnent de beaux grès crétacés ou tertiaires gris, grisbleu, fauves à Saturna; on est venu en chercher pour les monuments de San-Francîsco.

L*ile Texada fournit des marbres rares, noirs ou rouges. A 8 kilomètres au sud-est d*Àlert Bay, on exploite les marbres blancs et bleus de Beaver Cove; on en trouve aussi dans les lambeaux sédimentaires de la c6te ouest, à Nootka, à l'Entrée de BarclayV Dans plusieurs îles, les calcaires de diverses époques, les marbres alimentent des fours à chaux : la Colombie a exporté de la chaux jusqu'en Hawaî, elle en vendrait aux États-Unis si elle n*en était empêchée par un droit protecteur : d'ailleurs les lies appartenant au Washington comme San Juan ont aussi leurs fours à chaux'.

Tod Inlet, 20 kilomètres au nord de Victoria, possède des gisements de marne et de calcaire qu'on transforme en ciment depuis 1906 : ils se trouvent au bord du golfe qui sépare la péninsule Saanich du reste de l'Ile. Leur propriétaire est l'un des directeurs de la Compagnie Grand Trunk (p. 288) et en même temps l'un des gros actionnaires des houillères Crows Nest; comme gérant de l'exploitation il a fait venir un ancien employé des cimenteries d'Ontario, comme ouvriers une cinquantaine de Chinois. La forêt a été défrichée pour mettre à nu les couches; les ailles et calcaires sont portées dans les wagonnets aux récepteurs qui se déversent dans les mélangeurs et broyeurs; enfin d'étage en étage, le ciment descend à un petit wharf en bois d'où on l'envoie par mer aux iles de la côte. La première expédition a été faite en avril 1905 à destination de Victoria*.

Pour les carrières des tles, les principaux marchés sont Victoria, Vancouver, New Westminster, oh les maisons de charpente ont été remplacées par des bfttiments de pierres. Dans ces villes un règlement interdit aujourd'hui de construire en planches à l'intérieur dé certaines limites. Les autres villes prospères remplacent aussi le bois par la pierre pour les banques, les maisons de commerce, les

1. D*après uoe étude sur les carrières des tles avec photog., dans Ail Rep, Mine», B, C. for 190U, pp. 28, 248-251, 256-260.

2. GeoL Suro. of Ca. An, Rep., 1886^ B, p. 37 (Texada, G.-M. Dawsok). — An, Rep. Mines, B. C, 1902, pp. 226 et 235.

3. An. Rep. Victoria Board of Trade, 1906, pp. 72-73. — La Gazette du Travail, janv. 1905, p. 731.

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édifices publics, pour tout ce qui doit s'imposer à Tattention. Avec les progrès de la richesse, les appontements de bois seront remplacés dans les ports par des quais de pierres. La même transformation s*opëre dans les villes américaines du Pacifique et Ton a tu que les lies colombiennes en profitent dans une certaine mesure i cause de la qualité de leurs matériaux et du bon marché des transports par mer. Suivant la loi commune, un trust cherche à réunir sous sa direction ^ l'exploitation des carrières qui, jusqu'à présent, s'est faite par bonds, suivant les fluctuations de l'industrie du bâtiment; on exploitait telle ou telle falaise suivant les besoins du jour puis on s'arrêtait. Ainsi la construction du magnifique palais du Parlement et des ministères provinciaux à Victoria fit travailler plus activement l'île Haddington, puis l'extraction diminua.

Si, comme tout l'indique, les rivages du détroit de Géorgie continuent à se peupler et leur population à s'enrichir, les carrières des tles et des côtes rocheuses ne chômeront plus guère et les cités du Pacifique se rangeront parmi les mieux construites de l'Amérique septentrionale.

Actuellement déjà, les gabarres chargées de pierres, les croiseurs de bois (timber cruisers), les navires porteurs de houille et de minerais sillonnent la mer intérieure de Géorgie et contribuent avec les paquebots des services internationaux à lui donner une circulation plus animée qu'on ne l'attendrait d'après le chiffre actuel de la population.

Avant qu'on arrive à l'étroit passage de laDiscovery, où les rivages se rapprochent (pp. 23-24), colons et mineurs se sont arrêtés devant la forêt et les marécages. A Comoxse voient les derniers sondages, les dernières vaches, la dernière beurrerie. Pourtant la bande sédimentaire de la côte sud-est se prolonge jusqu'au fond du détroit de Géorgie, à l'entrée de la Discovery; l'embouchure de la rivière Campbell y offre un bon emplacement; de même, un peu plus au nord et déjà dans les schistes, la baie de Menzies : tous deux sont encore laissés à des villages indiens, dont le plus gros appartient aux Euclataw, qui passent pour avoir été anthropophages et qu'on a eu beaucoup de peine à cantonner.

Dans les détroits, des falaises que couronnent les forêts, presque plus de maisons : comme le saumon n'y passe point, l'industrie des conserves n'y a point paru; même la cheminée, le panache de fumée et le grincement des scieries s'y font plus rares : à peine

{. La Gazette du TroDoU, sept. li)06, p. 298.

quelques camps de bûcherons dans un creux, par exemple celui de rtle Hardwick, qui dispute à Ghemainus la réputation de posséder les plus beaux sapins de Douglas, quelques carrières sur la tranche de la falaise marquent-elles lempreinte de Thomme sur la terre, dans cette solitude où régnent Teau, les rochers, la forêt. La vie ne reparaît qu*à rissue septentrionale des passages dans TEntrée de la Reine Charlotte; mais c*est là une nouvelle région qui ne communique avec le reste de Ttle par la mer seule et que je décrirai après les autres.

He Vancouver. — lia traveree d'Albemi et la côte du iBrge.

La forêt continue et les montagnes ne séparent point complètement de la bande peuplée, la région intérieure et la côte occidentale.

En efTet un chemin part de la route littorale qui prolonge la voie ferrée entre Wellington et Gomox, coupe entre deux murailles continues de forêts gigantesques et atteint Feau du Pacifique au fond de Fétroit fiord d'AIberni (p. 21). Établi dans un petit bassin, dominé par des montagnes couvertes de sapins, le port d'Albemi se divise en deux bourgades, Fancienne et la nouvelle, distantes de 4 kilomètres ; toute la vallée dont Alberni est le chef-lieu, n*avait en 1903, sur 32 kilomètres de longueur, que 400 habitants moitié blancs, moitié indiens, et 4 écoles, noyaux de futurs villages. Â peine 400 hectares étaient-ils en culture et en prés^ Les habitants vivent surtout de l'exploitation des bois et de la pèche au saumon; trois scieries, une fabrique de conserves représentent Findustrie. Dans un rayon assez large autour d'Àlberni, des gisements miniers ont été reconnus, mais ils ne donnent que des espérances. On sait que quelques criques y roulent de For. Depuis 1894, le quartz et le cuivre aurifère sont exploités ou recherchés sans grand succès. En 1905 deux petits claims occupaient 8 personnes tout près de la ville. Partis du fiord, les prospecteurs sont remontés en canot jusqu*au grand lac Central : 7 claims y étaient travaillés, tandis qu une soixantaine de francs-mineurs faisaient des recherches.

A la sortie du fiord sur la mer, les nombreuses indentations de la rade de Barclay sont depuis plusieurs années fréquentées par les mineurs; on y rencontre surtout le fer si abondant sur la zone minérale de la côte ouest (p. 17); au flanc d*une falaise, entre forêt et mer, un rocher massif de magnétite offre les plus belles promesses, mais

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