‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 215 sur 273 · ÀgrU. in B, C, 1004, pp. 85 et 73; i(M)7, pp · texte numérisé non relu

ÀgrU. in B, C, 1004, pp. 85 et 73; i(M)7, pp

LA COLOMtll BRITANNI0171. 22

Perpendiculairement à cette ligne de population récente et dispersée en points, la grande allée nord-sud semble être comme une rue tracée par la nature. On peut, pendant Tété, remonter la Golumbîa sur un vapeur à roue arrière, de Golden au lac Windermere, trois fois la semaine.

Partant de Golden, station où le Canadien PaciGque laisse la vallée pour s'engager dans les Rocheuses, un chemin charretier remonte le fleuve et le réunit au Kootenay; par là, un service de diligences permet d'atteindre en deux jours Granbrook sur la ligne Grows Nest; la jonction Golden Granbrook ne tardera pas à être faite par rail ^

Gette grande vallée nord-sud des deux fleuves forme le dernier axe de population; les Indiens Kootenay s*y sont répandus en bandes peu nombreuses, les Colombiens y ont créé la dîvision administrative du Kootenay Est.

Malgré les deux fleuves, la route et la promesse de la voie ferrée, il s*en faut que les 275 kilomètres de vallée entre la ligne transcontinentale et la frontière possèdent une population continue. Au nord, la grande voie Canadienne Pacifique a créé un centre d*attraction tout nouveau.

Dans le Kootenay Nord-Est, ainsi l'appelle-t-on, la vallée — celle de la Columbia — trop haute, trop sujette aux gelées, ne se prête guère qu*à Félevage montagnard. Comme le climat est sec, la neige ne tombe pas en assez grande abondance pour obliger à rentrer les troupeaux Thiver. Mais les ranchers font une population bien maigre. Bien ou presque rien au nord de la ligne. Au sud, les villages s'égrènent sur la route entre Golden, chef-lieu du pays avec son demi-millier d*habitants groupés autour d*un concentrateur et de deux églises jusqu*& Windermere près de la source : ils vivent des transports et des mines ou, plutôt, de la prospection. Sur les pentes des Selkirk, on cherche vers l'altitude de 2000 mètres, entre la fin de Fimpénétrable forêt et le bas des glaciers, la suite de la galène qui abonde sur Tautre versant, celui de Kootenay Ouest, on la trouve et des trolleys commencent à s'établir pour la descendre aux concentrateurs. En face, les Rocheuses, plus abruptes et plus découvertes, ne donnent rien, demeurent inviolées et cette différence s'ajoute à tous les traits qui font contraster les deux parois opposées de la Grande Vallée *.

Au sud, sur la rivière Kootenay, un autre centre plus ancien, plus

1. Agr, in B. C, 1904, p. 92; 1907, p. 39. — An. Rep. Minet B. C,,for 1905, p. 143.

2. Id,,for 1903, p. 97; /or 190^, pp. 115, lift; for 1905, p. 144.

PerpeDdiculairement à cette ligne de population récente et dispersée en points, la grande allée nord-sud semble être comme une rue tracée par la nature. On peut, pendant Tété, remonter la Golumbia sur un vapeur à roue arrière, de Golden au lac Windermere, trois fois la semaine.

Partant de Golden, station où le Canadien PaciQque laisse la vallée pour s'engager dans les Rocheuses, un chemin charretier remonte le fleuve et le réunit au Kootenay; par là, un service de diligences permet d'atteindre en deux jours Cranbrook sur la ligne Grows Nest; la jonction Golden Cranbrook ne tardera pas à être faite par rail ^

Cette grande vallée nord-sud des deux fleuves forme le dernier axe de population; les Indiens Kootenay s*y sont répandus en bandes peu nombreuses, les Colombiens y ont créé la division administrative du Kootenay Est.

Malgré les deux fleuves, la route et la promesse de la voie ferrée, il s*en faut que les 275 kilomètres de vallée entre la ligne transcontinentale et la frontière possèdent une population continue. Au nord, la grande voie Canadienne Pacifique a créé un centre d'attraction tout nouveau.

Dans le Kootenay Nord-Est, ainsi l'appelle-t-on, la vallée — celle de la Columbia — trop haute, trop sujette aux gelées, ne se prête guère qu*à Télevage montagnard. Comme le climat est sec, la neige ne tombe pas en assez grande abondance pour obliger à rentrer les troupeaux Thiver. Mais les ranchers font une population bien maigre. Bien ou presque rien au nord de la ligne. Au sud, les villages s'égrènent sur la route entre Golden, chef-lieu du pays avec son demi-millier d'habitants groupés autour d'un concentrateur et de deux églises jusqu'à Windermere près de la source : ils vivent des transports et des mines ou, plutôt, de la prospection. Sur les pentes des Selkirk, on cherche vers l'altitude de 2000 mètres, entre la fin de l'impénétrable forêt et le bas des glaciers, la suite de la galène qui abonde sur l'autre versant, celui de Kootenay Ouest, on la trouve et des trolleys commencent à s'établir pour la descendre aux concentrateurs. En face, les Rocheuses, plus abruptes et plus découvertes, ne donnent rien, demeurent inviolées et cette différence s'ajoute à tous les traits qui font contraster les deux parois opposées de la Grande Vallée *.

Au sud, sur la rivière Kootenay, un autre centre plus ancien, plus

1. Agr, in B, C, 1904, p. 92; 1907, p. 39. — An. Bq>. Mines B, C.,for 1905, p. !43.

2. Id.,for 1903y p. 97;/or 190^, pp. 115, lift; for 1905, p. !44.

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Au sud, sur la rivière Kootenay, un autre centre plus ancien, plus

1. .1 '• " H. *:., il>oi, p. {i2: i907. p. 39, — An. Bep. Mines B, Cy for f905, p. Wi.

2. i.f ;or />aV, p. «7; /or /xr/, pp. 115, 116; /or /y^/j, p. 144.

I - CONVOI D'ANIMAUX DE BAT « du Kootcnay Nord-Eit pour la Hndcn du mJfia de gilcni IT 11 pente orientale da Monti SclUrk (pp. 180, 340).

- CAMP MINIER de proipeclenn luil lODrcei de li CHque Bofaboo duu Ie> Mont! ScIMrk, (eiwnt du Kootmy Nsrd-Ett. Fortl d« Htalodu qM'on conuntncc i détndte (pp. I17, i<6).

importaaty s*est accru récemment à cause des raines, et après la construction de la ligne de pénétration Grows Nest. G*est le Kootenay Sud-Est que j'étudierai au commencement du chapitre suivant. Ainsi, chacune des deux voies artiGcielles perpendiculaires au passage naturel agit plus fortement que lui sur le peuplement et le développement économique.

ties de la zone sèche: on draine les marais, on canalise Teau pour arroser les champs et les jardins. En 1904, on comptait dans la région dix embryons de village possédant chacun son école.

Toute cette transformation est dirigée par la Compagnie Canadienne PaciGque qui s*est fait concéder presque tout le pays et le revend par lots ; elle profite du développement des mines et de la construction des voies ferrées qui en a été la conséquence; mais la production rurale est encore infiniment loin de suffire aux besoins des mineurs qui forment la grosse majorité

Ce sont les mines qui ont fait le district. Le premier flot d'immigration fut apporté par une ruée de mineurs dans la fièvre de Tor. Le mouvement commença en 1863 sur des nouvelles vagues; au bout d*un an, 5 000 chercheurs, dit-on, se répandaient dans les criques du Kootenay Sud-Est, à peu près dans la région où Ton exploite maintenant le plomb.

La poussée se continua pendant plus de douze années; d*abord, les chercheurs venaient du Washington et du Montana par les vieilles pistes des Indiens et des trappeurs. Voulant créer une voie d'accès canadienne, le gouvernement fit tracer un sentier muletier, le Detodney Trail^ qui coupe les montagnes et le plateau parallèlement à la frontière depuis le bas Fraser jusqu'à Fort Steele (1865). On l'utilise encore sur plusieurs sections.

Enfin d'autres chercheurs arrivèrent de l'est, en suivant à travers les Rocheuses les itinéraires de chasse des Indiens. C'est ainsi que fut définitivement reconnue la passe du Crows Nest et le sentier qui descend l'Elk pour arriver à Fort Steele. Le gouvernement fit élargir cette voie; quand tout fut achevé, en 1876, les placers ne valaient plus rien; ils ne donnèrent cette année-là que 125000 francs d'or. Aussi vit-on un exode général des blancs; des Chinois s'empressèrent de les remplacer. Quelques jaunes lavent encore des sables dans la région. Une ou deux compagnies ont essayé, sans grand succès, la méthode hydraulique ^

La prospérité actuelle vient de deux autres sortes de gisements, la houille des Rocheuses, la galène des Selkirk, exploitées depuis l'achèvement de la voie ferrée Crows Nest.

On extrait le charbon du terrain crétacé dans la vallée de l'Elk que suit la voie ferrée sur le versant ouest des Rocheuses. Pour atteindre le combustible, on remonte les ravins des torrents qui descendent des Rocheuses à l'Elk en coupant successivement toutes les

!. BàwcROPT, t. XXXil, pp. 523-531. — An, Rep. Mines, B. C.for iOOh, pp. 2», 109; for 1905, p. 141.

couches crétacées. Le noir minerai descend sur des wagons parmi les cascades et les sapins : au fond des vallées, les fours à coke alignent leurs bouches entre la rivière et la forêt.

Le centre de la région houillère, Fernie, dans la vallée de TElk, sur la ligne principale, fondée en 1898, est déjà une petite ville, comparable aux deux autres centres miniers du pays, Granbrook et Fort Steele. De Fernie se détache à Test un petit embranchement desservant les puits de la Crique à Charbon {Coal Creek).

Au sud de Fernie, Morissey, également sur la grande ligne, détache un embranchement vers les houillères de la crique Carbonado, aujourd'hui fermées.

Au nord de Fernie, la ligne principale se dirige à Test et remonte la crique Michel pour chercher le passage à travers les Rocheuses; sur les bords de cette crique se trouve un troisième étage de houillères.

Le combustible, comme celui qu*on trouve dans les terrains de même ftge, soit dans File Vancouver, soit sur Tautre versant des Rocheuses, est une houille grasse, fort propre à être transformée en coke.

Les terrains houillers appartiennent à des particuliers, sauf une petite réserve que la Puissance a prélevée pour elle. Une seule compagnie, dont les organisateurs sont de gros actionnaires de chemin de fer, exploite les mines plus haut nommées '. La Crows Nest Coal Company a extrait, en 1905, 831 933 tonnes de combustible sur les 1 825 832 fournies par la Colombie, le reste provenant des deux compagnies de Vancouver. En 1905 la Compagnie occupait 1490 personnes, dont 1 015 au fond et 475 à la surface.

La quantité de houille extraite en 1905 dépasse de 25,5 p. 100 Textraction de 1904. Sur ce total, 148 939 tonnes ont été vendues au Canada, ce qui fait 12 p. 100 de moins qu*en 1904, 246000 aux États-Unis, soit 108 p. 100 de plus; 397 828 tonnes ont été transformées en coke, 145 044 tonnes de coke, soit 13,5 p. 100 de plus qu*en 1904, ont été vendues en Colombie, 113 337, soit 16 p. 100 de plus qu*en 1904, exportées aux États-Unis. Au total, la Compagnie a cédé 37,5 p. 100 de houille, 19,2 p. 100 de coke de plus qu*en 1904; presque toute la vente de coke, plus de la moitié des ventes de combustible faites dans la Province, ont été opérées par elle. Elle est, de beaucoup, la plus prospère des sociétés similaires colombiennes*. Voisine d*États américains pauvres en charbon, elle augmente

1. An, Rep. Mines, B, C.for 1906, pp. 19, 110; /or 1905, p. 20. — Voir p. 64, note bibliogr.

s*6st relevée par une progression constante à 56580703 livres en 1905. 75 p. 100 du total en 1904, 86,1 p. 100 en 1905, ont été fournis par le seul Kootenay Sud-Est.

La production de plomb et Fexploitation de la houille exigent une machinerie coûteuse; ce sont des entreprises de capitalistes. La grande compagnie de Saint-Eugène possède, outre ses établissements du district, un four de fusion à Trail, deux mines et une usine de production électrique à Rossland, le tout formant un des groupes industriels les plus considérables de la Province. A c6té de telles puissances, oh les petits et les moyens trouveraient-ils place? On ne sera donc pas étonné de voir que, en Kootenay-Ouest, depuis 1899, les demandes de claims et les certificats de travail, par oii se révèlent les chercheurs individuels, soient tombés de 729 à 181 et de 718 à 193, tandis que les concessions, achats, certificats d^améliorations, s'élevaient de 37 à 189 *.

Ainsi, Taccroissement considérable de population que le succès de la houille et du plomb valent au Kootenay-Est, et qui fait doubler le nombre des habitants entre 1901 et 1903', porte à peu près entièrement sur des salariés au service de grandes entreprises minières.

Kootenay-Ouest. — Nelson, Trail et Rossland.

Le Kootenay-Ouest occupe l'espace entre la crête des Selkirk et les lacs Arrow formés par la Columbia, plus le district de Trail Creek, sur la rive droite de ce fleuve, tout près de la frontière. C'est Tune des régions minières les plus accidentées \

Naguère on aurait pu croire que, sans sa richesse minière, ce pays ne deviendrait bon à rien. Les vallées sont étroites et creusées à une altitude élevée ; mais on y trouve un fond d'alluvions fertiles et sur les bords des terrasses graveleuses d'argile glaciaire très propres à la culture des fruits, quand elles offrent une bonne exposition. Le premier point où l'on ait fait un véritable essai de colonisation rurale, est le delta et la vallée du Kootenay, à la pointe sud du lac Kootenay, tout près de la frontière. On trouve là, entre la frontière et le lac, une bande d'alluvions qui s'allonge entre deux hautes chaînes de montagnes, sur 50 kilomètres, et comprend environ 16000 hectares utilisables.

1. La Gazette du Travail, mai 1905, p. 1000. — An, Rep, Mines, B. C. for i90^, pp. 21, 108, 204; /or 1905, pp. 21-22, 140-141.

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