YearboQk of B. C, 1003, p
intérêts dans plusieurs mines et fonderies de cuiyre aux États-Unis. Son président, J. Stanton, de New York, se fait surnommer en Colombie c le père de Tindustrie cuivrière* ».
L'entreprise possède la grande mine de cuivre auri-argentifère de Phœnix, dont son dernier rapport compare la richesse à celles des mines du Tennessee et de Rio Tinto. A 32 kilomètres sud de la voie, rattachée à elle par un embranchement, Phœnix fit nattre en 1899 un camp minier qui déjà s*est vu admettre au rang de municipalité ; il a plus de 1 200 habitants.
La compagnie américaine ouvrit en 1900, à côté de Grand Forks, Tusine de fusion de Granby, devenue rapidement la plus importante de Colombie. Granby fond le cuivre. For, Targent. Il est équipé pour traiter à la fois les tenants riches et les pauvres. En 1905, il a passé dans ses fours plus des deux tiers de tout le minerai réduit dans la région. C*est à cause de |Granby que les deux lignes, canadienne et américaine, passent à Grand Forks. La ville occupe un site mieux choisi que Greenwood et Phœnix, mais elle n'a pas ses mines à portée. Outre les expéditions de Phœnix, un c éperon » de la ligne américaine amène les trains du camp de Republic perdu au nord-^st de Washington, qui fournit un produit sec, c'est-à-dire siliceux, bon à mélanger avec le fondant de Phœnix; enfin, dans la vallée de la c fourche » nord de la Kettle, des claims et galeries s'alignent au flanc des montagnes ardues jusqu'à 112 kilomètres au nord de la ville. L'inspecteur des mines en cite un qu'il n'a pu visiter de Grand Forks, qui est comme bloqué dans la région des sources et qui communique péniblement avec le lac Arrow par un sentier à travers la Chaîne de TOr.
De Grand Forks à Greenwbod, sur 36 kilomètres, la ligne s'élève en traversant des terrains ravinés où l'on exploite des mines.
Greenwood, à 700 mètres d'altitude dans un ravin, est entourée de hauteurs d'où les minerais dévalent vers ses concentrateurs et ses fours. Elle a une usine de fusion ouverte en 1901 par une compagnie de New York; on y fait de la matte de cuivre à l'aide du convertisseur Bessemer; on y fond aussi l'or et l'aident. La Compagnie possède la fameuse Mother Lode^ qui s'allonge sur 680 mètres de long avec une largeur de 25 à 60 ; on l'exploite jusqu'à plus de 90 mètres de profondeur ; la magnétite à grain fin y domine, accompagnée de pyrites de cuivre et d'or qui sont les parties recherchées'; reliée à
i. An, Rep, Mines, B. C. for 1905, pp. 175-176.
2. Id. for 190^, pp. 210, 211, 214, 216, 217, 219, 224; Jor 1905, pp. 182, 183, 185, 187, 177.
Greenwood par un embranchement ferré de 5 kilomètres elle lui donne les six-septièmes de ce qu'il traite; le reste vient de 33 autres mines, la plupart situées dans un rayon de 15 kilomètres.
Les lots où Ton trouve les minerais riches en argent et en or sont restés en partie de petites exploitations individuelles : on en compte une vingtaine occupant 160 personnes.
Tout près de Greenwoody une autre compagnie américaine a installé en 1903 le smelter de Boundary Falls, moins complet que Greenwood; il a très peu travaillé jusqu'à présent.
Pour le volume extrait par année ainsi que pour le total de l'extraction, la Boundary est en 190Si le premier district de la Colombie; elle a tiré de ses mines 56,8 p. 100 du tonnage total de la Province, 37,2 p. 100 de la valeur totale; elle a produit les deux tiers du cuivre colombien; elle est le seul district où la production de cuivre augmente. Grâce à l'exploration de nouveaux minerais argentifères, elle a fait monter sa production d'argent de 180 p. 100.
Tout ce progrès se doit presque uniquement à la puissante Compagnie de Granby-Grand Forks ; les deux autres se maintiennent à peu près stationnaires. Cette société qui, depuis sa fondation, n'avait versé qu'un seul dividende de 1 p. 100 à ses actionnaires (1903), leur a promis 3 p. 100 en 1906 ^ Pour une entreprise qui demandait de tels frais d'établissement, on considère que la période sans revenu a été courte.
Suivant l'habitude, l'élevage et la culture ont suivi la mine et le rail. Autour de la ville nouvelle de Grand Forks, la basse vallée de la Kettle, haute de 500 mètres en moyenne entre des bords de 1 000 à 1 500, offre une platière de 30 kilomètres, bien différente des ravins en V par où se précipitent les « fourches i supérieures de la rivière ; en tout c'est un couloir de 18000 hectares, cultivable après défrichement, que son altitude relativement faible n'expose pas trop aux gelées estivales, assez pourvu d'eau pour qu'on puisse par l'irrigation combattre l'extrême sécheresse du climat. On a vu que dans cette section, deux voies ferrées longent les deux rives de la Kettle (p. 365).
L'État y a concédé une partie des terres aux compagnies de chemins de fer, qui les font débarrasser des arbres et de la brousse puis les offrent en petits lots de 8 à 12 hectares, à 625 francs l'hectare; un prix aussi élevé s'explique par le profit que promet la vente des produits agricoles dans les marchés miniers. Beaucoup de lots ont trouvé des preneurs qui les font valoir ; seul, en effet, le petit pro-
1. An. Bep. Mines, B. C. Jùr i90à, p. 220; for 1906, pp. 15, 17, 18, 25, 175, 1S2, 183.
priétaire exploitant peut s'installer dans cette région oii un ouvrier agricole exige jusqu'à 12 fr. 50 par jour ou 175 francs par mois, nourri et logé. On a essayé d*y faire venir les légumes sans succès; les fruits, surtout les pommes, les cerises, les prunes réussissent mieux.
Quand la ligne sort de la vallée pour monter à Greenl^ood elle ne traverse plus que forêts et brousse, mais son terminus, Midway, occupe une platière alluviale cultivable, à l'ouest de laquelle on retouve le ranching sur la montagne de TAnarchiste (1 100 mètres) et les plateaux de bunch grass entre la Kettle et les lacs de la rivière Okanagan. Avant de pousser la ligne à travers cette région, la Compagnie s'y est fait donner des concessions qu'elle commence à lotir. Des colons sont venus y pratiquer l'élevage laitier; ils trouvent aisément à vendre leur beurre 1 fr. 50 la livre. En 1904, un millier d'hectares étaient mis en valeur et on comptait, sur le passage de la ligne future, 300 habitants et 5 écoles* à l'ouest du lac Osoyoos.
Plus loin, les petits camps de prospecteurs^, comme celui de Fairwiew, centre de la région minière du lac Osoyoos avec 3 à 500 habitants, les taches d'élevage de Penticton, au sud-ouest du lac Okanagan, à 140 kilomètres de Greenwood, s'égrènent le long des chemins défoncés et poudreux oii courent les diligences jusqu'aux régions déjà décrites des mines Similkameen et Nicola (p. 332). La richesse minérale moindre, la sécheresse plus grande expliquent l'abandon relatif de ce morceau de plateau sud isolé entre les deux grandes voies ferrées qu'on ne faisait point l'effort de joindre.