‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 5 sur 273 · GeoL Sun, of Ca. Smnmary Rep., 1903, A, pp · texte numérisé non relu

GeoL Sun, of Ca. Smnmary Rep., 1903, A, pp

Au point de vue économique, les terrains de cette série présentent une importance capitale ; c*est eux en effet qui renferment les zones de minerais complexes où dominent tantôt le fer, sous forme de magnétite, tantôt la galène plus ou moins argentifère, moins souvent les sulfures de cuivre, et où les métaux précieux se montrent en quantité parfois exploitable (carte de la p. 243). D'habitude les gisements se rencontrent au contact de deux roches différentes * ; il arrive fréquemment que Tune des deux appartient au groupe des « roches vertes » éruptives, telles que diabases, diorites, gabbros, granité à hornblende, bien connues des mineurs dans TOuest américain et canadien.

Sur les étages précédents reposent, généralement en stratification discordante, plusieurs couches crétacées. Elles semblent avoir été déposées par deux extensions d'une mer boréale. Tune couvrant la Prairie et les Rocheuses, Tautre la Colombie à Touest du butoir. Ces dépôts n'appartiennent point a la série crayeuse, mais consistent ordinairement en grès et argiles de couleur sombre. Dans les Rocheuses, on ne trouve que des lambeaux de crétacé inférieur surélevés et déchirés lors du premier soulèvement de ces montagnes. A l'ouest, surtout vers le sud, au voisinage de la côte, se montrent des couches plus récentes, que surmontent les conglomérats, argiles et grès du laramien et du tertiaire apparentés aux dépôts analogues de la région pacifique des États-Unis.

Crétacé et tertiaire fournissent le combustible, anthracite dans les bassins les plus anciens, houille grasse et surtout lignites dans les plus récents.

Postérieurement à ces dépôts se fit jour une dernière série d'éruptions, celle de laves et basaltes, probablement miocènes, qui sont presque entièrement localisés à Test de la Chaîne côtière, sur le plateau intérieur.

Dès lors la Colombie possédait les traits essentiels de son relief et ce que les Américains appellent sa « géologie solide ou fondameU'»' taie ». Les actions qui suivirent ne firent qu'en achever le modelé, soit en attaquant les roches en place, soit en les empâtant sous les dépôts meubles qui constituent la « géologie superficielle ».

La fin de l'époque tertiaire fut marquée par une intense érosion qui parait due à de forts cours d'eau; elle élargit les fissures en couloirs,

1. La controverse sur Torigine chimiqae ou éruptive des filons ne divise pas les minéralogistes américains moins que ceux du Vieux-Monde. Voir par exemple : An. R^» Mme$ B, Cfor 1902, pp. 207, 226, 228 (d'après les Américains Kimball et J. F. Remp) ; Geol. Surv. of Ca. Prelimùuuy Rep. Rossland âiimng District^ i9û$, pp. 21-24. — Bibliogr., n<* SI.

les remplit d'alluvions et, des « ravins en V », fit des « vallées enU ». Dans les sables et graviers de cette époque diluvienne gisent les placers les plus riches formés de débris arrachés au quartz aurifère et aux filons complexes des zones minérales, fortunes longtemps ignorées parce qu'elles étaient cachées sous les dépôts glaciaires.

A l'époque quaternaire, un immense névé parait avoir occupé tout le centre intérieur de la Colombie entre les parallèles 55 et 59, c'està-dire entre le versant du Fraser et celui du Yukon *. Il envoyait des flots de glace au nord jusque vers le 63' parallèle, dans le Yukon et une faible partie de l'Alaska, au sud jusqu'au bord du territoire américain ', à Test enfin jusqu'au pied des Rocheuses, où il faisait face à la mer de glace de la Prairie, mais sans se confondre avec elle.

Du côté de l'Océan, un énorme flot de glace descendait à travers la Chaîne côtière : il couvrait le présent détroit de Géorgie et une partie de ses deux côtes sur une largeur de 80 kilomètres avec une épaisseur de 180 mètres au moins; il s'y divisait en deux bras qui remplissaient à peu près les détroits actuels'. Le bras du sud, le plus puissant, prenait la direction de Louis de Haro et couvrait toute la pointe sud-est de l'île Vancouver, puis il tournait à l'ouest par le détroit de Juan de Fuca. Le bras du nord bifurquait dès le continent, passait au nord des îlots qui forment les piles d'un pont entre la grande côte et Vancouver, et remplissait l'Entrée de la Reine Charlotte.

Tel était le grand ensemble glaciaire distinct, dont la zone d'action correspond presque exactement aux limites actuelles de la Colombie, et que G. M. Dawson a baptisé € le Glacier de la Cordillière », Cordilleran Glacier (carton de la page 9).

D'après l'étude des stries et des moraines, G. M. Dawson a cru pouvoir distinguer deux périodes successives, comprenant chacune dos mouvements secondaires de progrès et de recul, hypothèse que les observations postérieures semblent confirmer*.

Les traces du passage des glaciers s'observent à des altitudes qui

1. La glaciation en Colombie britannique a été, pour la première fois, étudiée par G. M. Dawson dans Qmrierly Jour, QeoL Soc., t. XXXIV, 1878, sous le titre de « Superficial Geology of B, C. Le même auteur a ajouté des contributions à ce sujet dans Geol, Suru, of Ca. An. Rep., i877-i87S, pp. 180 et suiv.; 1878-1879, B, pp. 120 et suiv.; 1886, B, pp. 90 et suiv.; 1887-1888, B, pp. 43 et suiv. Il a repris toute la question dans Pr. a. Tr. Roy. Soc. of Canada, 1890, sect. IV. — James Gbikib, The Great lee Age, ...London, 3* éd., 1894, in-8**, reprend les conclusions de Dawson et reproduit une réduction de sa carte. — Voir enfin Summary Report of ihe Geol. Surv. of Ca., for 1906, pp. 45 et surtout 74-80. — Harriman Alaska Bxp. (n. de la p. 29), t. III (Gilbert).

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