‹ La Colombie britannique: étude sur la colonisation au CanadaChapitre 59 sur 273 · Geog. Journal, 1900, p. 252 (voir ici, p. 71, n · texte numérisé non relu

Geog. Journal, 1900, p. 252 (voir ici, p. 71, n

iOO LA COLOMBIE BRITANNIQUE

un qui descend i 1 300 mètres environ, près du sommet de la passe Athabasca^ De là vers le nord, malgré rabaissement du faîte et la sécheresse relative, les Rocheuses ne cessent plus de posséder névés et glaciers, moins étendus il est vrai et se prolongeant moins bas que ceux de la Chaîne côtière sous les mêmes latitudes septentrionales.

Dans les Rocheuses, il arrive, comme dans les Pyrénées, que la place des glaciers soit tenue par des lacs petits, mais très creux, brillant au fond de cirques élevés'. Tels sont, dans la haute vallée de la Bow, les € Lacs dans les nuages » {Lakes in the Cloudsjy Miroir à 1 9d0 mètres, Agnès à 2 088, creusés dans les gradins du roc et sans écoulement apparent. Tel encore sur le versant sud-ouest de la passe du Cheval qui rue, à 2255 m., le curieux lac Oesa, le lac de glace des Indiens qui ne dégèle pas plus de 5 semaines par an, transition entre glaciers et eaux courantes.

A Tétage immédiatement inférieur, les torrents s'arrêtent un instant dans les lacs-réservoirs des passes et des vallées retenus par des moraines; souvent ils y tombent par de magnifiques cascades (p. 70).

D'autres bassins récepteurs, plus étendus, plus profonds, établis dans des cassures, dépressions ou creux de la roche en place analogues à ceux des fiords, mais toujours encerclés de dépôts glaciaires, concentrent au pied des montagnes les eaux des pentes supérieures. On peut citer comme exemples ceux qui donnent naissance au fleuve Columbia et tout Timmense demi-cercle des lacs drainés par les affluents nord-ouest du Fraser (p. 44).

Sur les plateaux, des lacs, des étangs, des mares, tantôt doux, tantôt amers, dispersés entons sens comme les fragments d'une glace brisée, sont retenus par des moraines et autres dépôts de même origine.

Enfin, dans les sections les plus creuses et les moins étroites des vallées, Teau s'étale en < expansions » qui sont un élargissement de la rivière ; à cette catégorie appartiennent les deux lacs Arrow ou la Flèche de la Columbia et, pour une partie au moins, les lacs parallèles Okanagan à l'ouest, Kootenay à l'est; diverses combinaisons en effet se rencontrent, unissant des cavités et des nappes d'origine diverse en forme d'étoile ou de « pieuvre ». Assez souvent des éventails (fans) ou deltas perpendiculaires à la direction générale contribuent au dessin actuel des étangs et même des profonds < lacsfiords ». A la fonte des neiges, les expansions et, plus encore, les

i. Voir les notes bibliographiques de la page 71.

2. Sur les lacs des Rocheuses, Quart. Journal, Geolog, Soc^ t. VII, 1899, pp. 247-260, avec flg. etcarte (W.-D. Wilgox). Du même, Camping in the Ckmadian Rockie$\(\c\y p. 71, n. 2).

récepteurs subissent des crues de plusieurs mètres qui noient périodiquement les terres basses des bords et des vallées : c'est d'habitude en juin que Teau atteint le niveau le plus élevé.

Gomme dans toutes les régions glaciaires, le travail de création des fleuves n'est pas terminé ; des chapelets de lacs s'égrènent encore sur leur cours. Mais le réseau colombien ne présente plus les grandes nappes lacustres qu'on trouve dans le reste du Canada, sauf dans la partie aride de la Prairie.

Si l'on excepte le lac Atlin, dont la superficie colombienne, moins la pointe septentrionale coupée par la limite du Yukon, mesure 85 000 hectares, soit un tiers en plus que le Léman, le plus grand lac de Colombie reste le Babine avec 79000 hectares : il s'allonge entre deux chaînes du nord au sud sur 250 kilomètres; sa largeur ne dépasse guère 10 kilomètres.

Dans la même bordure nord-ouest du bassin f raserien, le lac Stuart vient au second rang avec 57 074 hectares, à peine moins que le Léman : il s'allonge sur 80 kilomètres; à l'ouest de la bordure, le lac Chilco a 44 417 hectares.

Sur la bordure orientale, le lac Quesnel a 38 072 hectares, les lacs Shuswap et Adams ensemble, 45 397, dont 31 930 pour le premier, 13 467 pour le second. Au sud-est enfin, le lac Kootenay égale le Stuart; puis vient le lac Okanagan avec 34 897 hectares, ensuite les deux lacs Arrow de la Colombia. Sauf Quesnel, ces lacs de l'Est sont très profonds : Dawson a trouvé jusqu'à 275 mètres d'eau dans l'Adams^

En tout, la Province possède 631 615 hectares de lacs seulement sur les 32566095 du Canada'.

lies fleuves Fraser et Columbia.

Soit dans les montagnes, soit à la côte, la c houille blanche » , le pouvoir d'eau, comme disent les Canadiens, abonde partout; on l'emploie déjà dans quelques mines ainsi que pour les besoins des villes, et la Colombie, comme Québec et les provinces de l'Est, peut concevoir l'espérance de gagner, par l'emploi des chutes à la production de l'énergie électrique, l'industrie et le supplément de population qu'elle apporte.

Par contre, les cours d'eau ne se prêtent guère aux transports

1. Proc, a. Trans. Roy, Soc, of Ca,, 1890, seck. IV, p. 50. — Oeol, Surv. of Ca, Sam' mary Rep,, 1903, A, pp. 45-40.

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