Voir supra, chapitre III
* pour les finances d’un pays que des emprunts trop lourds, amortissables ou perpétuels, c’est le danger de la dette flottante. L'émission de bons du trésor, qui ne devraient être qu’une simple avance de caisse, est devenue un expédient pour boucler les budgets en déficit, et
La garde qui veille aux barrières du Louvre
n’en défend point nos ministres, surtout quand ceuxci se refusent à un emprunt, chose loyale et claire pour tout le monde, mais peut-être impopulaire, pour se servir de moyens de trésorerie qui passent inaperçus aux.yeux des contribuables. Aussi ne pouvons-nous que louer le ministre des Finances de Colombie, M. F. Restrepo Plata, de vouloir que les bons du trésor ne puissent pas dépasser l’échéance d’un an et excéder 6 à 7 pour 100 du budget total'. C'est une très sage mesure, car par l’émission exagérée de bons du trésor, à échéance lointaine, la Colombie pourrait retomber dans la situation où l’a mise le papier-monnaie, et dont elle fait de si louables efforts pour sorür.
Pour faire face à des dépenses que l’on peut qualifier d’extraordinaires, mais qui n’en sont pas moins indispensables pour lavenir économique du pays, M. Restrepo Plata a demandé dernièrementaux Chambres
de voter une loi autorisant un emprunt de $ 22.000.000
1. Informe del ministro de Hacienda al Congreso, 1913. Bogotä.
pour les grands travaux suivants, dont une partie* devient de toute urgence, en raison de l'ouverture prochaine du canal de Panama. Voici comment le ministre des Finances de Colombie voudrait que fût |
faite la répartition du produit de l'emprunt :.
Dollars.
Pour l’assainissement et l’aménagement des D'OPES SAR ER ET ni Nr er TEEN 4.000.000 Pour le chemin de fer de Tamalameque. . . 5.000.000 Pour le chemin de fer de Nariño. . . . . . 5.000.000 Pour le chemin de fer de Villavicencio . . . 2.000.000 Pour.la défense nationale Mme: 3.000.000
Pour le développement de l'instruction publiqueset.de, l'agriculture men 1.000.000 Dour divers rave te SE Me 1.500.000 TO RE eV PAT 20 007000
Il est certain qu’on voit toujours avec peine un pays déjà lourdement chargé par rapport à sa vitalité financière, contracter de nouveaux emprunts, mais d'autre part, si la Colombie comptait sur ses revenus annuels pour exécuter les grands travaux, qui lui sont indispensables, elle ne les terminerait jamais. Il y a là une sorte de cercle vicieux : les emprunts obéreront évidemment sa situation financière, mais d’autre part, pour exploiter ses richesses et par suite améliorer cette situation, il faut exécuter des œuvres qui les mettent en valeur. Le gouvernement a donc pris peut-être la
meilleure solution en demandant à contracter un em-
prunt, mais s’il est décidé et placé, il faudra éviter que l'argent n’aille à d’autres fins que celles auxquelles il est destiné, car dans les pays, où l'initiative parlementaire existe en matière de dépenses, on peut s'attendre à tout.
Nous venons de dire que les revenus annuels de la Colombie ne pouvaient suffire à des dépenses extraordinaires : examinons donc comment ont été établis Les budgets de ces dernières années.
IL y a plus d’un siècle, avant 1810, les revenus de la Nouvelle-Grenade étaient de $& 1.550.000, répartis ainsi! :
Fa Dollars, RD Se Re ee er 600.000 US ES EN SR EN ESP REE 100.000 Ferme OU tADAC LL A0. 300.000 AMRPOOO DURS CE AT 2. 100.000 PADIGPNETENES PERTE TT 150.000 Enbuides Indiens ina 50.000 LICENCES APR UE RME AU. 100.000
i TA RE: 4.850: 000
Laissons de côté tous les budgets qui ont suivi l’Indépendance et arrivons aux temps modernes. C’est à Reclus* que nous devons les chiffres suivants pour 1891-1892 (budget biennal) :
1. Mollien, Voyage dans la République de Colombie en 1823, tome II, p. 310, notes.
2. Le gouvernement de la Colombie défendit ensuite la vente des bulles jusqu’à ce que le pape se déterminât à reconnaître la République.