Tribus que poblaron la costa, ete., op. cit
PP
nité. Il n’y en a qu'une seule, plus raisonnable et plus chrétienne, qui puisse conduire au résultat désiré. C’est un homme peu suspect de parti pris en faveur des missions, le leader du parti libéral!, le général Uribe Uribe qui la préconise?. Écoutons-le :
« Pour que la machine à réduire les Indigènes soit efficace, il faut qu'elle se compose de trois pièces qui, agissant séparément, ne donnent aucun résultat : colonie militaire, corps d’interprètes, missionnaires.
« La première est nécessaire pour la sécurité des deux autres et pour inspirer le respect et la confiance qui pour les sauvages dérivent naturellement de la force qu'ils apprécient beaucoup.
« Les détachements devraient se composer de volontaires mariés, emmenant avec eux leurs familles et recevant une gratification raisonnable. Les soldats de ces expéditions élèveraient eux-mêmes leurs maisons et recevraient quelque bétail et des lots de terre d’une superficie suffisante pour pouvoir les cultiver euxmêmes, en toute propriété ; ils ouvriraient des routes, et près des rivières, devraient disposer d’embarcations.
« La direction de ces colonies serait confiée à des officiers distingués, énergiques et judicieux, capables
de pratiquer des explorations et de s’appliquer au déve-
1. Le parti libéral de Colombie correspond à ce que nous appelons en France le parti anticlérical. Il y a cependant une différence en ce sens que, contrairement à ce qui a lieu chez nous, les anticléricaux de Colombie sont souvent des catholiques.
2, Tribus que poblaron, etc., op. cit.
loppement des voies de communication, à la reconnaissance des richesses végétales et minérales, à la protection des frontières et à des opérations de topographie et d’arpentage destinées à préparer le terrain pour fixer les tribus et l'immigration étrangère. L’émplacement de la colonie serait choisi en un lieu sain capable de devenir plus tard une ville. A la colonie, on pourrait ajouter un médecin et un inspecteur chargé de surveiller le commerce avec les Indiens et leur emploi comme journaliers, afin de les protéger contre les tromperies et les abus.
« Le corps d’interprètes, sous la direction du missionnaire et de maîtres civils leur enseignant des métiers, se recruterait parmi les enfants de la tribu qu'on obtiendrait par des largesses, soit en les achetant, soit en demandant à leurs parents de les confier à la mission.
« Peut-être ai-je des illusions, mais j'estime qu'il suffirait de quinze années de pratique assidue et intelligente de ce système pour enrôler dans l’existence sociale et économique du pays tous nos indigènes et les vastes contrées qu'ils habitent; et si cela n’est pas un triomphe pour nos hommes d'Etat civils et ecelésiastiques, je déclare ne pas connaître d'objets plus nobles auxquels ils puissent employer les facultés qu'ils tiennent de la Providence et du Peuple. »
Le plan de civilisation des indigènes doit être réglé selon leurs différentes conditions. Il ne faut pas opérer
de la même façon avecles ArAuacos et les Tunebos, races
douces, agriculteurs et sédentaires avec tendance à se grouper en des points déterminés, qu'avec les Cunas, les Goajiros, les Motilones et les tribus du Casanare et du Caqueta, essentiellement nomades, qu'ilest difficile d'amener à habiter les villes. On doit laisser-chacun où il se trouve. À ceux qui sont établis à résidence fixe et savent cultiver la terre, il faut procurer des semences, des outils, des animaux et leur apprendre les nouvelles méthodes de culture. La civilisation des Arhuacos, par exemple, serait chose facile si le gouvernement appuyait l’idée’ d’une colonie agricole formée de vingt-cinq familles de militaires, de deux missionnaires et d’un orphelinat où les enfants apprendraïent l’espagnol et les premières notions d’agriculture et où on les obligerait à aller jusqu’à l’âge de douze ans. Les boissons alcooliques seraient interdites aux indigènes et on expulserait ceux qui les introduiraient ou les vendraient.
La civilisation des Goajiros, étant donné la situation de la péninsule qu'ils habitent est moins facile. Ils se trouvent entre des populations colombiennes et vénézuéliennes qui rivalisent à les corrompre par l'alcool et la dissolution des mœurs, qui leur vendent des armes et des munitions et provoquent des guerres entre eux. Colombiens et Vénézuéliens recherchent les
Goajtros pour les aider à la contrebande, et, comme