‹ La colonel RoquebruneChapitre 103 sur 130 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, ROQUEBRUNE, LE PORTIER- ' CONSIGNE.

ROQUEBRUNE, en grand uniforme.

Ah! Henri... (liluitend la main.) Tu m'attendais... et toi aussi, mon vieux La Ghabraque... Monsieur d'Escongis, je vous salue. Vous faisiez une furieuse grimace à l'audience, capitaine. J'imagine que la façon dont on me traitait ne plaisait guère à vos' camarades et à vous... En somme, il n'était pas besoin d'un tel luxe de mauvaises paroles pour condamner un homme...

138 LE COLONEL ROQUEBKUNE

HKNRI.

Condamné?

Oui, condamné à être passé par les armes...

LA GHABRAQUE.

Malheur !

HENRI

Et quand cela ?

Ce soir, à cinq heures...

LA GHABRAQUE.

En cachette, comme s'ils avaient honte. Quand le jour tombera.

lROQUEBRUNE, souriant.

Nous tomberons de compagnie.

d'esgongis.

Mon colonel, j'ai tenu à vous dire quelle sympathie nous ressentons pour vous, mes camarades et moi... Notre régiment a reçu son ordre de départ, mais nous sommes encore ici pour deux heures... S'il est quoi que ce soit que vous désiriez et qui dépende de nous, dites-le à M. de Rimbert, et je vous en donne ma parole, vous serez satisfait.

Merci, capitaine. Votre proposition me fait plaisir, mais elle ne m'étonne pas... A votre place, j'agirais de même. 11 y a une confraternité de cœur entre les braves gens... Dites-le de ma part à vos camarades, et offrez-leur l'adieu cordial d'un soldat qui mourra résolu et ferme, comme il a vécu.

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