ACTE CINQUIÈME
auprès de ceux qui vous envoient et dites-leur qu'une cause est bien compromise quand, pour se soutenir, elle en est réduite à des moyens si bas... Ajoutez, en ce qui me concerne, que le colonel Roquebrune n'est point de la pâte dont on fait les espions et les traîtres. Il est à tuer, il n'est pas à vendre.
MOIGNEVILLE.
C'est bien, colonel. .J'avais des instructions, j'ai dû les suivre. Mais, je savais, d'avance, que vous refuseriez. Je vais vous en donner la preuve. Mademoiselle de Réval a désiré vous voir, une dernière fois, et je l'ai amenée.
Tliérèse?
MOIGNEVILLE.
Non. Émilienne.
Émilienne!... Ah! monsieur, vous êtes un ami bien dévoué, ou un ennemi bien cruel...
MOIGNEVILLE.
Voulez-vous que je la fasse venir?
ROQUEBRUNE, après une hésitation.
Oui.
MOIGNEVILLE, allant à la porte, à laquelle il frappe. Adieu, colonel.
Adieu, monsieur.
MOIGNEVILLE.
Et pour toujours, cette fois.
Il sort.
150 LE COLONEL HOOUEBRUNE