ACTE CINQUIÈME
â Émilienne.) Écoutez-moi. Vous m'avez dit tout à l'heure que vous étiez prête atout pour me prouver votre repentir?
ÉMILIENNE
Oui.
Même à vous compromettre, pour moi, dans une tentative violente et désespérée?
ÉMILIENNE
Que faut-il que je fasse?
Vous allez frapper à la porte, le portier-consigne ouvrira. Une fois dans le couloir, vous vous jetterez sur cet homme, pour qu'il ne puisse pas refermer la porte... Attachez-vous à lui... Une seconde d'énergie vous suffira : que j'aie le temps de sortir d'ici, c'est tout ce que je réclame de vous... Une fois dehors, le reste me regarde... Êtes-vous résolue à faire ce que je demande?
ÉMILIENNE
Oui.
C'est bien.
Il va vers la porte.
ÉMILIENNE, suppliante- Roquebrune... Nous pouvons ne plus nous revoir...
ROQUEBRUNE, grave.
Ce que vous allez faire là, en risquant peut-être votre vie, pour tant de braves gens, rachète bien
162 LE COLONEL ROOUEBRUNE
des fautes, Émilienne. Je ne suis pas libre d'oublier, hélas I mais je suis maître de pardonner. Et, de tout mon cœur, je vous pardonne. (Elle tombe à genoux devant lui en pleurant. — Il la relève.) Allons... Je suis prête. (Elle frappe à la porte. — Roquebrune se dissimule dans le coin afin d'être caché par le battant.) Ouvrez, je veux partir.
La porte s'ouvre. — Elle sort. — Roquebrune s'élance au dehors. Tumulte, bruit de lutte.