‹ La colonel RoquebruneChapitre 12 sur 130 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ÉMILIENXE, VÉRANDIAS.

VÉRANDIAS.

Chère Émiliennel... Que de grâces je vous dois.

ÉMILIENXE.

Vite, expliquez-vous. Voyez quelle peine j'ai à vous accorder deux minutes d'entretien.

VÉRANDIAS.

Me les reprocherez-vous, à moi qui suis si malheureux, vous adorant, d'être obligé de vous quitter ?

ÉMILIENNE

Vous partez ?

VÉRANDIAS.

Avec toute la Maison du roi.

ÉMILIENNE

Quand cela?

VÉRANDIAS.

Demain... Et peut-être ne nous reverrons-nous jamais I

ÉMILIENNE

Gomment?

VÉRANDIAS.

Je puis être tué : on va se battre.

ÉMILIENNE

Contre qui?

VÉRANDIAS.

Contre les soldats de Bonaparte... On cache le plus qu'on peut son retour, mais il est en France, il vient à marches forcées...

ÉMILIENNE, avec émotion.

Bonaparte!... Alors...

VÉRANDIAS.

Oui. Alors Roquebrune l'accompagne, et si l'Empereur est victorieux, il rentre dans sa capitale et vous épousez celui auquel il vous avait destinée.

ÉMILIENNE

Armand!

VÉRANDIAS.

Vous comprenez maintenant combien je souffre... Et partir, après vous avoir vue seulement quelques secondes dans cette salle d'auberge : le triste adieu!... Oh! Émilienne, si vous m'aimiez...

ÉMILIENNE

Vous savez bien que je vous aime.

VÉRANDIAS.

Prouvez-le moi, une dernière fois... ce soir...

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