ACTE PREMIER
ROQUEBKUNE, il frappe sur la table, fort accent
marseillais.
Holà? garçon !
JOSEPH
Voilai Voilà!
Une canette!... J'étrangle de soif! Ali! fait bon
de s'asseoir !
Il s'installe.
MOIGNEVILLE, s'avançant.
Pardon, monsieur, n'est-ce pas au capitaine Pas-
serieu, que j'ai l'honneur de parler?
Lui-même, en personne naturelle. Passerieu de Marseille, capitaine propriétaire du brick le Bon- Ami\...
MOIGNEVILLE,
Alors, c'est bien à vous que j'ai affaire.
Je Redemande pas mieux... Expliquez-vous... Je suis tout oreilles.
MOIGNEVILLE.
Qu'auriez-vous à répondre à quelqu'un qui vous dirait : Fouché?
Je lui répondrais : Otrante.
MOIGNEVILLE.
Ce sont bien les mots de reconnaissance. Je suis celui vers qui l'on vous envoie.
Je m'en doute... Que dois-je faire?
18 LE COLONEL ROQUEIJRUNE
MOIGNKVILLE.
Trouvez-vous, demain, à midi, sur le boulevard, devant le Pavillon de Hanovre, et suivez l'homme qui vous montrera une carte pareille à celle-ci... Il vous conduira auprès de ceux qui vous attendent.
UOQUEBRUNE.
C'est bien. On y sera.-
MOIGNEVILLE, à l'oreille.
Bonne chance, colonel.
IlOQUEBRUKE.
Vous faites erreur. Je ne suis que capitaine.
MOIGNEVILLE.
Eh bien! capitaine, n'allez pas dans le jardin. Vous y trouveriez des personnes que vous ne devez pas rencontrer.
Il le salue et sort.