ACTE PREMIER
Nous sommes seuls dans la maison.
VÉRA.NDIAS, gravement.
Colonel, avant de risquer ma vie contre la vôtre, je veux, je dois déclarer, devant tous ces messieurs, que le récit que j'ai fait, tout à l'heure, n'est pas exact.
Quoi! monsieur, vous auriez menti?
VÉRANDIAS,
(^.olonel, ménagez-moi. L'aveu que je fais m'est pénible, mais mon honneur me lecommande... J'ai calomnié la jeune fille, dont j'ai parlé. Elle ne m'a rien accordé, je ne suis pas son amant.
Monsieur, si vous voulez que je vous croie, je vous demande de déclarer quelle est celle des deux jeunes filles dont vous parliez. Elles sont deux, dans cette maison, deux parentes, presque deux sœurs. En les laissant soupçonner l'une et l'autre, vous êtesdoublementcoupable....Sur laquelle avez-vous osé lever les yeux?... Allons, parlez!... (il l'amène sur le devant de la scène.) Thérèse? Ou Émilienne?
VÉRANDIAS.
Ah! je ne puis faire ce que vous me demandez !... Ce serait perdre l'une... Le doute doit profiter aux deux,
Il les perd, malheureux !
VÉRANDIAS.
Non, quelle qu'elle soit, elle est innocente ! Voilà tout ce que vous saurez de moi.
Alors, défendez-vous !
LA CHABRAQUE, au major.
Pas besoin de vous préparer, major. Il n'y a plus qu'à aller chercher le curé.
On a rangé la table. Le théâtre est libre. Roquebrune et yérandias mettent habit bas, puis, placés par d'Escongis et Henri, croisent le sabre. Roquebrune à gauche, Vérandias à droite, combat. — Roquebrune désarme Vérandias.
ROQUEBRUNE, froidement.
Reprenez votre arme!
Ils se remettent en garde, vérandias charge Roquebrune avec rage. Roquebrune l'évite et fait une volte qui le place de l'autre côté. Il marche sur Vérandias et sur une attaque dernière, il le touche. VÉRANDIAS.
Ah!
LA CHABRAQUE
Il a son compte I
vérandias laisse échapper son sabre et tombe dans les bras du major. Celui-ci l'étend sur un siège. HENRI.
Eh bien?
Le major fait un signe désespéré.
Puis-je lui parler?
Il s'approche. — Le major reste seul pour maintenir vérandias. D'Escongis et vilieramée s'écartent. LE MAJOR.
Il revient à lui.
Monsieur, m'entendez-vous ?