‹ La colonel RoquebruneChapitre 65 sur 130 · SCÈNE VI MOIGNEVILLE, ÉMILIENNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI MOIGNEVILLE, ÉMILIENNE

MOIGNEVILLE.

Qu'y a-t-il donc, chère Émilienne? N'avez-vous

pas reçu la réponse que jai donnée ce matin à Déborah?

ÉMILIENNE

Et OÙ VOUS me disiez que vous viendriez ce soir... Si, je l'ai reçue, mais dévorée d'impatience, folle de douleur et de colère, je n'ai pas eu la force d'attendre... J'ai voulu vous voir, sur-le-champ, me plaindre, parler, crier... Car la contrainte où je suis m'étouffe, et si elle devait durer j'en mourrais!

MOIGNEVILLE.

V'^oyons, calmez-vous, rassurez-vous... Je suis votre ami, prêt à vous servir.

ÉMILIENNE

Et aussi à me venger, n'est-ce pas?

MOIGNEVILLE.

De qui?

ÉMILIENNE

De ce misérable Roquebrune ! De ce soldat grossier et féroce qui m'a outragée, blessée, oh ! blessée jusqu'au fond du cœur.

MOIGNEVILLE.

Dites-moi ce que vous voulez, je l'exécuterai.

Ce que je veux?

MOIGNEVILLE.

Oui, commandez, quoi que ce soit, ce sera fait. Mais il faut que vous vous expliquiez... Je ne saurais deviner vos griefs... suppléer à vos intentions...

ÉMILIENNE, assombrie.

Mes griefs? Ils sont mortels!... Mes intentions...

un silence.

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