ACTE TROISIÈME
DAVOUT
Bien parlé, voilà un homme!
Ah I. Maréchal vous êtes toujours, vous, le soldat d'Auerstaedt et de Hambourg!
MORTIER
Eh ! il y a vingt ans que nous nous battons. Après tout, quand nous aspirerions au repos? Nous l'aurions bien mérité.
Le repos, quand la France est amoindrie et domestiquée, ne serait qu'une halte dans la boue.
MAISON
Colonel, vous le prenez de bien haut !
D'aussi haut qu'est celui au nom de qui je parle!
MORTIER
Avant un homme, fût-ce Napoléon, il y a la France !
Eh bien, regardez ce qu'elle fait. Interrogez-la, Moi, je viens de la traverser, et je l'ai vue debout, frémissante à l'aspect des trois couleurs. Je l'ai entendue crier, tout d'une voix : A bas les Bourbons et vive l'Empereur! Mais cette France, dont je vous parle, n'est pas celle des intérêts et des ambitions, c'est celle du travail et de la liberté. Oui, votre bourgeoisie, alarmée dans son bien-être, tremble à l'idée de luttes nouvelles. Oui, votre peuple de fonctionnaires, vivant dans la paresse, frémit à la pensée de voir reparaître le grand travail-
leur au cerveau toujours bouillonnant. Quant à votre noblesse, nous l'avons vue traîner la croix d'honneur dans la fange des ruisseaux et pousser ses femmes et ses filles sur les genoux de l'Etranger libérateur. Voilà donc ce que vous voulez défendre, maintenir. Et contre qui,? Contre l'homme de la Révolution, contre celui en qui s'incarne, en ce moment, la patrie tout entière! Faites-le!... Allez, osez, je vous on défiel...
EXELMANS
11 a raison I Oui ! oui !
C'est impossible