‹ La colonie canadienne-française de Chicago [microforme]Chapitre 22 sur 66 · L'ABBE TREFFLÉ OUIMET · texte numérisé non relu

L'ABBE TREFFLÉ OUIMET

avaient trouvé un écho dans le cœur ardent et vraiment chrétien du nouvel aspirant à l'état ecclésiastique.

En 1N76,:1l se dirigea dans le pays d'Evangeline, où il enseigna et fut de plus en plus initié aux études théologiques.

Les luttes religieuses et politiques lui fournirent une occasion de déplover les talents dont le public avait eu déjà des preuves non équivoques. Il écrivit dans le Woniteur Acadien des articles qui eurent du retentissement dans les contrés

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9e rappelant le dicton qu'on n'est pas bon prophete en son pays, il se hazarde à parler aux masses dans les salles et du haut des tribunes en temps de lattes électorales. réussit si bien dans ce genre d'éloquence que Les chambres des Com munes, à Ottawa. virent apparaitre M. Carouard, corne député Acadien du comté de Kent

Des circonstances incontrolables obligerent le jeune ecclé siastique de quitter sa chère Acadieet sa deuxieme d/ma Mate

Î venait, en ellet, de dire adieu au monde une seconde fois, en endossant Fhabit clérical, et cela à la grande surprise de ses amis politiques.

Mais semblable à Lacordaire, 11 voulait mettre au service d'une noble cause les feus ardents de Son ame.

Monsignor Labelle, alors curé de Saint-Jérome, s'était

épris des talents oratoires du jeune lévite, dont les succes en Acadie devenaient connus dans la province de Québec. La colonisation marchait à pas de géant. L'ABbE Samuel Oui

met, frère de celui dont nous faisons actuellement la biogra phie, venait d'être nommé curé à la Rouge, comprenant un territoire aujourd'hui divisé en cinq paroisses florissantes.

Quant à notre jeune ecclésiastique, il se vit en face de puissants contradicteurs qui S'étaient mis dans la téte que lex frère des Ecoles Chrétiennes n'arriverait pas au sacerdoce.

Ennuyé, découragé par une lutte vraiment inégale, il vint annoncer à son curé et meilleur conseiller qu'il renonce à ses aspirations. Mais le vaillant apôtre de la colonisation reçut cette nouvelle avec cette remarque digne d'attention: ‘Tes puissants adversaires sont décidés à te fermer les portes du sanctuaire, mais Si tu as un peu d'énergie rien ne peut t’empêcher d'y entrer, dès lors que tu as la vocation: la terre est grande, et il est triste de s'exiler, mais pour obéir à la volonté de Dieu soumets-toi à cette nécessité.”

En mars 1878, il arrivait à Bourbonnais, [linois, sans tambour ni trompette, poursuivant avec son ami Gosselin l'étude de la théologie.

Ce fut en juillet, 1883, que M. Trefflé Ouimet reçut le sacrement de l'Ordre. Ce même jour, il fut appelé à desservir comme assistant la paroisse Canadienne de Chicago.

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Comme la réputation d'orateur devançait son arrivée en cette ville, nos compatriotes avaient hâte d'entendre le pre nier de ses sermons. Il ne s'est pas passé un temps bien long, avant que l'église de la rue Halsted devint insufhisante pour contenir la foule accourant pour entendre la parole chaude et patriotique du jeune abbé.

Pendant les cinq années qu'il a travaillé au milieu de nos nationaux du West Side, il a parlé sur tous les sujets de la doctrine chrétienne. Des mois de Marie et des carèmes entiers furent préchés par ce Jeune prédicateur.

L'onction, l'élan et la conviction sont les caractères de son éloquence, comme le démontrent sa figure transformée, ses veux brillants quoique naturellement pâles et une gestilation élégante et animée.

Ses sermons ressemblant beaucoup à un plaidover chré tien. On s'aperçoit dès l’exorde qu'il ne veut pas laisser aller son auditoire sans qu'il soit convaincu par les nombreuses preuves tirées des Ecritures, des pères, de la tradition et de l'histoire, que tout chrétien doit mettre en pratique Îles enseignements qu'il fait descendre de la chaire de vérité.

En 1887, 1l est nommé vicaire à Saint-Maxy, dirigée alors par un des prêtres les plus remarquables de l'archidiocèse : l'Abbé Roles, n6 à Halifax, N. S., et convertiau catholicisme.

Le nouveau vicaire dans la personne de notre ami, l'Abbé Ouimet, avait vécu trois ans dans cette ville maritime en y exerçant les fonctions de principal dans l’école Saint-Patrice.

Ses succès sur son nouveau théâtre et dans une langue étrangère furent relativement brillants. On aimait à entendre le French Father,et Voir débiter ses sermons avec cette chaude conviction et ce sans-gène français. La partie déclamatoire fascinait les jeunes étudiants Américains. Un vieil avocat me disait: ‘* That he likes to hear a clergyman speaking a christian lawsuit from a catholic pulpit.”

Les Canadiens de Pullman désiraient s'ériger en paroisse natic.äle. Ils demandèrent donc un prêtre à l'Ordinaire.

Le rer mai 1880, l'abbé Trefflé Ouimet arriva dans la ville aux chars palais.

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