LE CHEMIN TACHE ET LA COLONISATION
On a coutume de dire que là où l’industrie forestière est florissante, la colonisation reçoit elle-même une vigoureuse impulsion et a toutes les chances de se développer rapidement. Cette prétention n’est pas exactement vraie en ce qui resarde le comté de Montmagn
La colonisation commencée, 1l y a plus de trente ans, dans les divers cantons enclavés dans le comté de Montmagny,na pas été ce qu’elle aurait pu être. Cela tient au fait que lorsque les nouveaux cantons ont été ouverts pour recevoir les colons, l’'émigration battait son plein, et que les fils de cultivateurs de vieilles paroisses du comté, alléchés par l’appât d’un gain rapide et par la perspective d’un travail qu'ils estimaient moins pénible dans les usines américaines, ont déserté en masse la hache et la. charrue pour courir à l'étranger. Il ne serait pas juste de dire pourtant que la colonisation s’est trouvée completement paralysée dans cet espace de temps. La statistique démontre le contraire. Tout ce qu'on peut dire, c’est qu'elle n’a pas été rapide, aussi rapide que dans d’autres parties dn pays qui n'étaient pas mieux favorisées du côté du sol.
Le plus grand essor donné à la colonisat'on dans ce. comté, l’a été par l'ouverture du chemi: Taché, vers 1858.
Il y eut à ce moment une poussée générale, et à mesure que les travaux du chemin avançaient, de hardis pionniers. s’'emparaient des lots qui le bordaient et fondaient des paroisses qui sont aujourd’hui en pleine voie de prospérite.
Le chemin Taché—l’une des plus belles routes de colonisation de la province—s’étend aujourd'hui sur un parcours de 209 milles et traverse les cantons de Montminy et de Patton, dan< le comté de Montmagny, le canton Mailloux dans le comté de Bellechasse, les cantons Arago,
CHEMIN TACHÉ.—Le chemin Taché, en partant de St-Marcel, obstrué par des arbres.
SUR LE CHEMIN TACHÉ.— Camp ce bucherons.
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Garneau et Lafontaine dans le comté de l’Islet, les cantons Chapais, Painchaud, Chabot, Pohenegamook, dans le comte de Kamouraska, les cantons Armand, Viger et Denonville dans le comté de Témiscouata, les cantons Bédard, Macpées, Neigette, Fleuriau et partie du canton de Cabot, dans le comté de Rimouski et aboutit au chemin Matapédia.
Pour accélérer le mouvement colonisateur dans cesfnouveaux cantons, le gouvernement de Québec crut sage de concéder gratuitement les lots qui bordaient le chemin Taché, et en 1873, un arrêté du conseil Exécutif fut passé à cet effet.
D'un autre côté, des sociétés de colonisation se formèrent et notamment la société de colonisation No. 8, de Montmagny,qui avait M. Fouruier pour principal promoteur, et qui se fit accorder gratuitement en 1870 soixantedix lots d’une contenance de 6,988 acres dans les cantons Roiette et Panet.
Aujourd'hui, c’est-à-dire depuis 1888, ces allocations gratuites se font plus rares, mais la colonisation ne s’en porte pas plus mal. J’oserais même dire qu’elle s’en porte mieux, tant il est vrai qu’on ne prise bien que ce que l’on pale.
Au reste, la question du prix ne pourra jamais embarrasser les colons sérienx, puisque le prix d'achat d’un lot dans tous les cantons du comté de Montmagny ne s'élève pas au delà de trente cents par acre—et que le gouvernement n’exisge qu’un premier versement représentant le cinquième du prix total.
Les agents proposés à la vente des terres publiques dans ce comté sont M. C. F. Leclerc, de la ville de Montmagny et M. Turgeon, à St. Philémon de Bellechasse.