SAINT-PAMPHILE
IT faut traverser la route Eloin dans toute sa longueur-— soit une distance de trente-trois milles — pour atteindre ce village. St-Pamphile se trouve en effet situé à l'extrémité de la route Elgin, et touche presqu'à la frontière.
Ce village vit arriver son premier colon, il y a quarante ‘ans. Il s'appelait Frédéric Vaillancourt.
Celui-ci possédait déjà une bonne terre à St-Aubert, mails se trouvant dans l'impossibilité d'établir tous ses enfants dans cette dernière paroisse, il prit le parti de pousser une pointe dans la forêt, à l'endroit même où le
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gouvernement faisait ouvrir une route de colonisation qui devait porter le nom de route Elgin. Accompagné de sa femme et de cinq enfants, il se mit aussitôt à défricher, et l’année suivante, la terre lui rapportait suffisamment pour se sustenter
La famille de ce brave vieillard possède aujourd'hui l’une des plus belles fermes de St-Pamphile et jouit d’une aisance des plus enviables.
Nous avons eu le plaisir d’être présenté à cet ancien pionnier de St-Pamphile. C’est un robuste vieillard, d'humeur joviale, aimant à causer du passé et portant allèsrement le poids de ses quatre-vingt ans. Le travail pas plus que les distances n’ont jamais fait peur à cet intrépide colon. Au milieu de ses travaux de défrichement, 1l trouvait moyen de porter la malle une fois par semaine à St-Jean Port Joli. Et ce trajet qui comporte une distance de vingt lieues, aller et retour, Frédéric Vaillancourt l’a fait à pied, des années durant, à travers la forêt et par toutes les températures.
Frédéric Vaillancourt eut des imitateurs. Le bruit s'était répandu dans les paroisses environnantes, que les terrains échelonnés le long de la route Elgin étaient de bonne qualité. On accourut de toutes parts. Les familles de Pierre Vaillancourt, de Cléophas Saint-Amand, de Chs. Fongemie dit Vadeboncœur, de Timothée Ouellet, de Lazare Boutot, toutes de St-Roch des Aulnais, prirent des lots qui sout aujourd’hui devenus des fermes qui ne le cèdent guère aux plus belles fermes de nos vieilles paroïsses.
Jusqu'à 1880, Saint-Pamphile n'était encore qu'une mission ; mais à partir de cette année, l'autorité ecclésiastique y nomma un curé résident, monsieur labbé Adalbert Blanchet.
Sous l’action bienfaisante de ce prêtre qui paraît avoir laissé d’ineffaçables souvenirs dans l'esprit de ses paroissiens, Saint-Pamphile a pris un essor considérable.