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Ces deux rangs sont aujourd’hui complètement défrichés et occupés. On envahit maintenant la septième concession, ainsi que les trois premiers rangs bordés par la route de l’Islet. Nous avons même remarqué dans ces rangs des fermes tenues sur un bon pied.
St-Marcel est certainement appelé à prendre de l’extension, car la terre est bonne presque partout et le bois en quantité suffisante pour les besoins des colons. Il y a même, sur plusieurs rangs, de grandes érablières qui ne demandent qu’à être exploitées.
Les premiers défrichements datent de vingt-cinq ans.
Ce furent trois frères, originaires de Saint-Cyrille de l’Islet, Pierre, Elzéar et Alexis Pelletier, qui abattirent les premiers, la forêt. Pour tout bagage, ils n’emportaient qu'une hache et quelques denrées pour un temps assez limité. C’est peut-être, direz-vous, l’histoire de bien d’autres pionniers, mais cette histoire-là ne saurait être banale, car elle suppose toujours de l’héroïsme, et l’héroïsme est une vertu assez rare pour mériter qu’on la mette en vedette chaque fois qu’elle s’'épanouit.
Les frères Pelletier n’eurent pas lieu, au reste, de regretter le dur labeur des premiers jours ni même l’isolement auquel iis se trouvèrent forcément condamnés pendant une dizaine d'années, car le succès leur a souri, comme 1l sourit toujours aux vaillants. Les terres qu'ils ont défrichées à la sueur de leur front donnent aujourd’hui d’abondantes récoltes. De plus, les frères Pelletier possèdent de spacieux bâtiments, d'excellentes habitations et sont outillés comme les plus riches cultivateurs de nos anciennes paroisses.
La première chapelle de Saint-Marcel a été bâtie en 1885. C’est encore cette chapelle qui sert au service religieux, mais elle est devenue insuffisante, et l’on agite déjà la question de la remplacer par un temple plus spacieux. Monsieur l’abbé Dulac qui dessert cette paroisse depuis
six ans, et qui en est le premier curé titulaire, n’épargne 6)
FINE Or Ee
aucun effort pour développer sa colonie et améliorer son sort. Les cultivateurs de Saint-Marcel souffraient tout particulièrement de leur isolement, et de la difficulté qu'ils avaient à communiquer avec les paroisses les plus voisines. M. l'abbé Dulac s’est mis en frais de monter une ligne téléphonique, et aujourd’hui Saint-Marcel peut se faire entendre, à toute heure du jouret de la nuit, à St Eugène, à St-Cyrille, à l’Islet et jusqu’au Cap Saint- Ignace,
Soucieux du bien-être matériel de ses colons, M. l'abbé Dulac, avec des ressources plus que modestes, à aussi. réussi à organiser en 1896, une fromagerie qui donne, cha: que année, des résultats de plus en plus satisfaisants. Les dix-sept patrons qu’il a enrôlés ont fourni à la nouvelle fabrique, au mois de juin dernier, 85,000 livres de lait.
La paroisse St-Marcel compte actuellement cinquante iamilles, représentant 316 âmes.
Comme dans la plupart des colonies nouvelles, les familles sont ici très prolifiques. On nous a cité pour le moins dix colons sur lesquels le Ciel s’est plu à répandre plus spécialement ses abondantes bénédictions en leur donnant à chacun dix et douze enfants. Les trois frères Pelletier, fondateurs de St-Marcel, conviés récemment à une noce de famille. ont pu fournir à eux seuls un bataillon de quarante-sept enfants.
Peut-on désespérer après cela de l'avenir de notre race ?