‹ La colonisation dans les comtés de Temiscouata, Rimouski, Matane, Bonaventure, GaspéChapitre 20 sur 58 · CEDAR HALL · texte numérisé non relu

CEDAR HALL

Le nom canonique de la paroisse est St-Pierre du Lac.

Cet intéressant village dont la population n’est pas loin d’atteindre 1600 âmes, se trouve installé dans un magnifique paysage sur les bords mêmes du lac Matapédia.

Saint-Pierre du Lac est le quartier général de la maison King, qui y a installé d’importantes scieries, procurant du travail à plus de 150 personnes.

Trois langs seulement composent cette paroisse. Les deux premiers sont entièrement occupés et le troisième à la veille d’être accaparé aussi complètement par les colons.

(1) Mouvement de la population en 1898 ;

Naissances . .

Mariages . . . .

Sépultures . . . .

((2) Stati8tiquV-de-1898-'^:’^ - -

Naissances. 't'i'.'îV.'f .-V.- i-ij . • • • • • .'vv.-:-

Mariages .

Sépultures .

■ « fHîr i»'** **'

Fondée en 1888, son premier curé,^M. l’abbé M. P. Brillant^ dessert encore cette paroisse.

Saint-Pierre du Lac possède l’organisation canonique et civile des paroisses. C’est aussi le chef-lieu de la cour de» Magistrats. (1)

Il y a aussi les villages de Humqui et de Causapscal dont nous aurons l’occasion de parler an long en abordant l’étude des cantons de cette région.

ETABLISSEMENTS PROSPERES

C’est l’opinion de la plupart des explorateurs qui ont étudié à fond cette partie de notre pays, que la vallée delà Matapédia ofîre des avantages exceptionnels d’établissement et peut sustenter aisément nue population de trois cent mille âmes.

300,000 âmes ! Comme le comté de Matane ne renferme actuellement qu’une population d’environ 17,000 à 18,000 habitants, on peut juger, par cette estimation des explorateurs, de l’avenir de cette région, i’une des plus favorisées de la province de Québec.

Ce qui prouve au reste que nous sommes ici dans une belle et fertile région agricole, c’est c[ue la plupart des colons qui y ont fondé des établissements ont acquis en peu d’années une aisance des plus enviables.

On a déjà cité le cas d’un M. Pinard qui arrivé à Causapscal, il y a huit ou neuf ans, avec toute sa famille, et s’étant mis énergiquement au travail avec ses enfants, est devenu en peu de temps le possesseur d’une ferme dont la valeur est estimée aujourd’hui à $1,800.

En 1895, un M. Morisset, descendu à Causapscal depuis cinq ans, refusait $1,200 pour sa terre qu’il avait défriché lui même seul.

(1) Statistique pour 1898 :

Naissances .

Mariages . .

Sépultures .

Un vieillard d’une soixantaine d’années, M. Paul Valois, des cantons de l’Est, étant venu visiter en 1894 la vallée de la Matapédia, fut frappé de la fertilité de son sol, et prit de suite un lot à Causapscal qu’il se mit à défricher et à cultiver. Au bout de deux aas, on offrait $1,500 à M. Valois pour sa terre. Celle-ci est cotée aujourd’hui à $5,000.

Deux jeunes frères, du nom de Plante, établis depuis quatre ou cinq ans, ont refusé $1,500 pour leur terre, au bout de deux années de travail. Leurs dépenses de défrichement ne s’étaient pas montées au-delà de $300. C’est donc dire que $300 ont produit $l,5o0.

Ces faits et bien d’autres que nous pourrions relater, font comprendre que. vu la facilité du défrichement, les colons, même les moins pourvus au point de vue financier, peuvent arriver assez vite à l’aisance. II est indéniable en eflfet que si des colons ont refusé des sommes si considérables pour quelques arpents défrichés, c’est qu’ils comprenaient que leur terre était réellement bonne et qu’elle pouvait leur rapporter plus.

Page 1