‹ La colonisation dans les comtés de Temiscouata, Rimouski, Matane, Bonaventure, GaspéChapitre 45 sur 58 · COMTE DE CASPE · texte numérisé non relu

COMTE DE CASPE

La GTaspésie est cette grande péninsule qui forme l’extrémité sud-est de la province de Québec.

Son étendue, en y comprenant une partie du comté de Matane, est de 4,461 22 milles, équivalant à 2,854,540 acres.

Le littoral de la Graspésie, vu de la mer, offre à l’œil une série presque continue de superbes paysages, où le pittoresque le dispute au grandiose.

L’entrée des rivières — et elles sont nombreuses— fournit aux goélettes et aux petits navires d’un faible tirant d’eau des mouillages faciles. Le bassin de Graspé constitue à lui seul un excellent port pour les vaisseaux de n’importe quel tonnage.

Un autre trait assez caractéristique de cette péninsule est la chaîne des monts Notre-Dame. L’extrémité occidentale de cette chaîne arrive à deux milles de la rive orientale de Matane. Les plus hauts pics de cette chaîne, en gagnant vers Cap Chat, atteignent jusqu’à 3,500 pieds de hauteur. La totalité de la chaîne, à l’ouest du mont Albert, est couverte par la forêt, excepté sur les extrémités des sommets des plus hautes montagnes, qui sont des rochers nus.

En général, la contrée située au nord de la grande chaîne des montagnes consiste en une série de rides, courant parallèlement l’une à l’autre et qui deAÛeunent moins élevées à mesure qu’elles s’approchent des bords du Saint- Laurent. Ces rides sont entièrement couvertes d’une épaisse forêt, où l’on rencontre le sapin, l’épinette, le bouleau blanc, noir et jaune, le pin blanc et le cèdre blanc.

Ajoutons que le gibier abonde dans toutes ces forêts. On y voit en grande quantité l’orignal, le caribou, la martre, le

GRANDES CHUTES DE LA RIVIÈRE MADELEINE — (A 4 milles de rembouchure.)

pékan, et aussi la loutre, le vison et le castor. Ce dernier cependant tend à se faire plus rare à cause de la chasse excessive qu’on lui a faite.

Sous le rapport du climat et de la fertilité du sol, ce v*aste territoire est des plus favorisés de la nature. On peut citer des cantons entiers, où tous les lots sont adaptés à la culture et où l’on pourrait fonder, avec peu de travail, de. magnifiques établissements agricoles.

Nous avons entendu un explorateur qui a traversé récemment dans toute leur étendue les cantons de Pabos, de Newport et de Port Daniel, parler avec enthousiasme de la qualité du sol dans ces diJïérents endroits et proclamer avec force qu’on ne se taisait pas une idée de l’incomparable richesse des cantons de la Graspésie et de Bonaventure. Que de beaux et solides établissements l’on pourrait faire dans cette région, disait cet explorateur, si on les connaissait mieux !

Le blé et les autres grains mûrissent parfaitement bien ■dans la G-aspésie. Les légumes sont même jolus beaux qu’en bien des endroits, à cause de cette fraîcheur et de cette humidité qui régnent sur les bords de la mer.

Un autre appoint précieux pour le cultivateur gaspésien c’est l’engrais dont il a besoin pour ses terres et que la mer lui fournit avec une pr )fusion sans égale. Pendant que dans les autres parties de la province, l’on est le plus souvent obligé de recourir à l’emploi d’engrais artificiels, ici la mer vient déposer sur les rivages, eu quantités énormes, nu excellent varech ou goémon qui ne coûte que le trouble de le recueillir. Il y a aussi les dichets de poisson qui constituent un engrais des plus fertiles.

La Gaspésie est encore tenue par tous ceux qui l’ont explorée pour une région des mieux adaptée à l’industrie si .lucrative de l’élevage. L's pâturages y sont presque partout de qualité supérieure. Le sol produit l’herbe en

abondauce et les prés sont traA'ersés presque partout par des riA’ières ou des ruisseaux où coule une eau des plus limpides.

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